Brexit : la trahison de Theresa May

Posté le 27 novembre , 2018, 3:24
14 mins

Depuis deux ans et cinq mois, Theresa May est en charge du Brexit, question de politique nationale et internationale la plus complexe que le Royaume-Uni ait connue depuis 1945.

Question existentielle puis­qu’elle concerne la souveraineté, la primauté de l’état de droit anglais ancestral sur le droit européen et les libertés.

Il eût fallu la foi en la nation de Churchill ou de Thatcher pour une telle entreprise, mais une personnalité de second plan, honnête et entourée des meilleurs experts, aurait pu faire l’affaire.

Or, May n’a jamais requis l’aide des experts qui travaillent depuis 40 ans sur la question, en connaissent les aspects les plus techniques et en ont prévu non seulement les innombrables avantages, mais aussi tous les inconvénients possibles avec les diverses solutions pour y parer.

Certes, May a fait entrer dans son Cabinet des ministres de talent dévoués à la cause, sans doute pour mieux tromper l’opinion, car sa duplicité singulière va de pair, dit-on, avec son incompétence.

Si presque tous ont démissionné les uns après les autres, c’est par dégoût et impuissance, car il s’avère aujourd’hui que le « marécage » dont se plaint Trump à Washington est un phénomène qui affecte aussi la

Grande-Bretagne et l’Union européenne : les ministres pro-Brexit n’étaient pas écoutés, tandis que les hauts fonctionnaires non-élus et non-renvoyables prenaient secrètement des décisions contre la majorité populaire, vraisemblablement avec l’assentiment du Premier ministre.

Ce n’était pas Whitehall œuvrant à Bruxelles, mais Bruxelles insinué à Whitehall.

May était censée négocier le meilleur « deal » possible pour l’UK mais, à l’évidence, pour elle, c’est l’union douanière aux prétentions hégémoniques d’abord. Surtout pas de « frictions » avec les voisins ! Ne pas contrarier Juncker ou Barnier, continuer de s’aligner sur Merkel et Macron (bien que ce dernier soit un grand sujet d’hilarité chez les Britanniques), voilà ce qui motive May – dont le Cabinet est désormais dominé par des maniaques anti-Brexit.

Ainsi May vient-elle de sceller un accord avec Bruxelles en ce 25 novembre et va-t-elle oser présenter aux Communes ce qui est une trahison de toutes ses promesses et une capitulation injustifiable devant l’UE.

Une fois réélue en juin 2017, May prononça le discours de Florence, début du glissement funeste vers le calamiteux Chequers Plan de 2018, rejeté par toutes les parties, mais que May, plus têtue que 36 bourriques, a maintenu à tout prix tout en le modifiant pour qu’il agrée aux leaders de l’UE.

Le 14 novembre dernier, devant ces 500 pages de soumission abjecte, il fallait voir l’air réjoui de Tusk et de ses pairs : « C’est le meilleur deal en effet, même si nous nous préparons à l’éventualité d’un No Deal et si nous espérons, ajouta-t-il goguenard, pas de Brexit du tout ! »

Car les Anglais en sont là. Avec le texte de May, les Anglais seraient théoriquement sortis de l’UE mais y seraient assujettis indéfiniment, ayant payé 39 milliards de livres pour rien, n’auraient aucune liberté et surtout pas celle de négocier leurs propres traités commerciaux et politiques, seraient toujours soumis à la Cour européenne et à l’union douanière. Ils devraient en plus supporter, trahison ultime, une frontière entre l’Ulster et l’UK, atteinte à l’intégrité de l’Union Act de 1701.

L’UK deviendrait « un État vassal extérieur à l’UE, éternel receveur d’ordres au lieu de redevenir décideur de son propre destin » (disent les chefs du Brexit), situation pire qu’avant le vote !

Mieux vaut donc un No Deal Brexit.

En cette heure sombre pour les Brexiters, c’est un réconfort de savoir que David Davis et Steve Baker travaillent activement avec des experts fiables à préparer ce No Deal, c’est-à-dire la sortie sans accord avec l’Union européenne et l’entrée simultanée dans l’OMC, désormais seule voie de salut pour le Royaume-Uni, issue gagnante à plusieurs titres :

– Adieu facture de 39 milliards de livres. Pas de marché, pas de facture.

– Adieu totalitarisme européen !

– Adieu, ridicule période de transition.

– Adieu barrière douanière qui diviserait le territoire.

– Adieu mentalité perverse qui politise et rend tout absurdement confus et inextricable.

C’est l’inutilité même de cette union, rigide au point de n’être plus réformable, qui va être démontrée.

Espérons que les Communes en décembre sauvent nos amis anglais de la félonie de May.

 

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14 Commentaires sur : Brexit : la trahison de Theresa May

  1. quinctius cincinnatus

    4 décembre 2018

    devoir de réflexion … devoir aux deux sens du mot

    ” le renard connait beaucoup de choses , le hérisson connait une grande chose ” ( Archilochus )

    les experts de type renard, plus sensibles à la complexité du monde et plus circonspects dans leurs raisonnements obtiennent ( statistiquement ) de meilleurs performances dans leurs ” prédictions ” que les experts de type ” hérisson ”

    exemple d’ un jugement de type hérisson

    Eric Zemmour, pourtant mi-juif mi kabyle, prévoyait une finale Brésil v/s Argentine en 2014, jugement basé sur le seul ” constat ” que la Manschaft s’ était ouverte à des Turcs et qu’ elle ne gagnait que quand elle n’ était composée que des dolichocéphales blonds ”

    ” cette ” Allemagne passa un 7 à 1 au Brésil

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    • HansImSchnoggeLoch

      4 décembre 2018

      Entreprise de démolition: QC / GmbH

      Bravo, vous êtes soit un “hérissard” soit un “renisson” ou les deux à fois, à votre choix.
      Le score final est donc: QC: 7, visiteur: 1

      Vous auriez encore une belle carrière devant vous comme pronostiqueur officiel de la “Mannschaft” *).
      Emmenez Eric Zémour avec vous comme coupeur de citrons à la mi-temps.
      Il faudra malheureusement apprendre la langue des “dolichocéphales blonds”, sinon le courant ne passera pas.

      *) Mannschaft avec deux “n”.
      anglais: man, allemand: Mann

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      • HansImSchnoggeLoch

        4 décembre 2018

        Correction: Eric Zemmour

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  2. quinctius cincinnatus

    2 décembre 2018

    Theresa May est une Anglaise , elle est ” pragmatique “

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    • vozuti

      3 décembre 2018

      ou plus simplement,c’est une traître,comme merkel.
      le pragmatisme serait plutôt de négocier un accord commercial avec les américains,au lieu de rester embourbé dans ce club des pays suicidaires qu’est l’union européenne.

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      • quinctius cincinnatus

        3 décembre 2018

        Theresa May comprend bien les classes moyennes dont elle est issue, c’ est l’ avis de beaucoup au R.U.

        si vous vous en tenez aux ” divagations idéologiques ” de Mme Joslain vous y perdrez votre chemise et votre slip, comme à écouter Mr Millière

        maintenant quand on est pro-américain pro-Trump c’ est que l’ on hait son pays et sa culture ou bien que l’ on est
        balourd d’ une façon irrémédiable et là vous avez H@ns 2.0

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        • vozuti

          3 décembre 2018

          ce sont les mondialistes qui haïssent les pays européens et leur culture,au point de remplacer les populations qui ne leur conviennent pas,car changer la population est plus efficace et définitif qu’un simple lavage de cerveau.
          trump est le premier président occidental depuis des décennies à s’opposer aux mondialistes,donc je ne vois pas l’intérêt de se joindre à la meute hurlante des journalistes payés pour dénigrer trump,lepen,ou tout autre défenseur de son pays,et de se mettre à hurler en cadence avec les hyènes.

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      • HansImSchnoggeLoch

        3 décembre 2018

        L’ EU n’est plus celle des pères fondateurs, elle est devenue une masse protéiforme et avec Macron on va atteindre le fond.
        Vous avez raison Vozuti une bonne négotiation commerciale avec Trump permettrait à la France de retrouver ses couleurs et son rang.
        N’en déplaise à QC et à ses élucubrations hallucinantes.

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  3. HansImSchnoggeLoch

    1 décembre 2018

    L’union européenne a été créée pour éviter qu’une troisième guerre ne soit déclenchée sur le continent européen.
    Avec la guerre en Yougoslavie et maintenant en Ukraine cette noble ambition a déjà échoué.
    Maintenant on nous affirme que l’Europe doit absorber toute la misère du monde, j’aimerai bien voir les textes qui nous obligent à le faire.
    Le Royaume-Uni a bien fait de claquer la porte de cet asyle de fous.
    À qui le tour?

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    • vozuti

      1 décembre 2018

      l’europe est une éponge,sa destiné est d’absorber les populations des autres continents…on se demande comment nos dirigeants ont réussit à vendre cette idéologie grotesque…et où ils ont été la chercher?

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  4. vozuti

    1 décembre 2018

    pour une fois le peuple a mal voté,comme en france en 2005 lors du référendum sur l’europe,il faut donc corriger le vote populaire.
    en suède,il y a quelques années,le parti anti_immigration avait obtenu un résultat historique,et le dirigeant de l’époque a admis récemment qu’à la suite du vote il avait décidé d’accentuer encore l’immigration pour punir les “mauvais” votants.
    normalement le peuple est très obéissant,mais lorsqu’il n’obéit pas il faut le corriger et le punir…désormais,les suédoises n’osent plus sortir le soir, de peur de se faire violer par des somaliens ou des pakistanais,mais elles ne doivent pas se plaindre,c’est juste une punition infligée par leurs dirigeants,et au moins les suédois ont compris la leçon…ils doivent voter correctement.

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  5. frei

    29 novembre 2018

    Madame May et avec elle de nombreux Brexiters ont fait une découverte étonnante : par toute son Histoire et sa Géographie , la Grande Bretagne est en Europe .

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    • quinctius cincinnatus

      2 décembre 2018

      la G. B. est … au large de l’ Europe ,séparée du sous-continent par un étroit chenal !

      son intérêt a toujours été qu’ AUCUNE puissance ” continentale ” n’ ait une quelconque hégémonie

      c’ est aussi pourquoi elle fait tout pour rejeter la Russie en Asie

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      • HansImSchnoggeLoch

        3 décembre 2018

        // la G. B. est … au large de l’ Europe //

        Information cruciale pour toutes celles et tous ceux qui ne le savaient pas encore.
        Admirez le suspense entre “..est… au…”.

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