Crise de l’euro : une chance pour une autre monnaie !

Posté le juillet 01, 2015, 11:14
6 mins

Il n’est pas certain que les anciens Grecs aient inventé la démocratie, mais il n’est pas contesté que les changeurs du Pirée, ou « trapézites », soient historiquement parmi les premiers banquiers.
La question posée par la décision prise par les dirigeants d’Athènes de rompre les négociations avec les gnomes de Bruxelles n’est donc pas tant de savoir comment les Grecs vont faire pour vivre hors de la zone euro, mais plutôt quelle est la survie de celle-ci.

La Grèce est entrée dans l’euro le 1er janvier 2001. Le 31 décembre de l’année précédente, leur monnaie valait 340,75 GRD pour un euro. Comme les anciens billets ont cessé d’avoir cours légal, le gouvernement Tsipras va devoir dare-dare en réimprimer.

Mais rien ne presse : la Banque centrale européenne continue provisoirement à alimenter en euros les banques grecques. Et on peut compter sur l’habileté des Grecs pour utiliser encore longtemps les euros, et surtout les dollars, qui circulent.
Mais si rien ni personne ne garantit la nouvelle monnaie grecque, elle risque fort d’être dévaluée aussitôt qu’émise, même si elle a un cours forcé…
Après tout, beaucoup de pays – sous-développés, en particulier – ont une monnaie nationale et fonctionnent pratiquement avec une monnaie étrangère, le plus souvent le dollar (dont 70 % des billets émis depuis 25 ans se trouvent dans des mains extérieures aux États-Unis).

Si la Grèce n’honore pas les échéances de remboursement de ses prêts et des obligations émises à son profit par le FMI et la BCE, elle ne sera pas la première dans l’histoire, mais elle sera la première au sein de la zone euro. Ce qui aura un coût, au final, pour les contribuables de la zone. La solidarité n’est jamais gratuite…
Cela constituera aussi une première : sortir de l’euro ne sera plus tenu pour impossible, ni forcément épouvantable.
La première victime de cette crise – après les contribuables – est donc l’idée même de l’euro, dont la pérennité est contestée dans l’esprit de tout un chacun. Que pèsent d’ailleurs 13 ou 14 années de monnaie commune à l’échelle de l’histoire ? Dont on sait qu’elle se venge toujours de ce qu’on prétend bâtir sans elle…
La seconde victime est cette notion, sans légitimité, de crédits faits à des États, qui plus est malhonnêtes.

Le gouvernement grec consulte ses concitoyens sur l’austérité. Bien. Mais ont-ils été consultés sur les engagements que prenaient en leur nom les politiciens précédents ? Pour que ces emprunts fussent légitimes, il eût fallu qu’ils soient avalisés par chaque citoyen grec, qui aurait été alors responsable en dernier ressort sur ses biens propres… Il ne faut prêter aux États qu’autant que ceux-ci sauront, pour rembourser, fouiller dans les poches de leurs contribuables. Ce que les gouvernements grecs ont toujours fait assez mal…

Mais au fait, à quoi ont servi ces 250 milliards d’euros de dettes accumulées, d’abord par les banques commerciales, puis reprises par des entités dont les caractéristiques communes sont d’être désincarnées ? Pour l’essentiel, à booster la consommation et l’investissement public. Et presque pas à booster l’investissement productif.

Quand un particulier ou une entreprise cherche un crédit, sa banque veut en connaître l’usage. Elle veut un « business plan ». Quand il s’agit d’un État, des pseudo-économistes, toujours keynésiens, prennent leurs règles à calcul, font des hypothèses de croissance, échafaudent des scénarios de prélèvements obligatoires, et font signer des politiciens qui risquent à tout moment d’être renversés, mais qui prétendent engager plusieurs générations de leurs concitoyens. Prêteurs et emprunteurs sont également coupables d’engagements abusifs, sans légitimité réelle pour signer…

Au-delà de cette crise – qui pourrait être salutaire, si elle rendait nos dirigeants plus avisés –, le problème qui point est celui de la monnaie : sa création, sa gestion, son échange…
Deux observations crèvent les yeux des observateurs lucides : une monnaie internationale est encore plus utile au temps de la mondialisation qu’avant ; une telle monnaie doit échapper aux manipulations des États et être rendue aux citoyens.

Seul l’or répond à ces deux exigences. Il suffit de cesser d’interdire aux banquiers de demain de faire des opérations de crédit « en or ».
Ce serait assez comique qu’un gouvernement grec d’extrême gauche ouvre la voie à la banque libre et à la monnaie d’or !
D’une façon ou d’une autre, les monopoles monétaires tomberont. Comme celui des taxis et pour les mêmes raisons !

7 réponses à l'article : Crise de l’euro : une chance pour une autre monnaie !

  1. goufio

    01/07/2015

    Les prêteurs, qu’ont-ils prêtés ? Puisqu’ils n’ont aucune ressource, mais dispose de la monnaie scripturale ainsi une écriture au bilan de la BCE et voilà l’argent tout beau tout neuf dans les poches des dirigeants grecs qui ont arrosé leur peuple et fait croire que l’euro enrichissait ce qui n’a jamais été le cas d’une monnaie. Dès lors la Grèce a vécu au dessus de ses moyens, pas plus qu’avec les nôtres puisque jusqu’à présent il s’agit de garantie apportée par chaque état composant la zone euro. Si les garanties devaient être actionnées et les dirigeants européens le savent, il suffirait d’annuler l’écriture dans les comptes de la banque centrale. Mais politiquement comment expliquer cela aux autres peuples eurolandais qui n’ont rien touché? Alors ont fait courir sur les médias que chaque Français serait solidaire de 750 à 2 000 euros (il faudrait savoir!), alors solidaires avec les Grecs, ils doivent bien rester dans la zone euro et continuer à en profiter, c’est ce que MM Stipras et Varoufakis ont dû leur dire aux Mamamouchis eurolandais et ices derniers ont eu tellement les jetons qu’ils ne font rien dit ni fait (écoutez F Hollande que dit-il ?)

    Répondre
  2. BRENUS

    01/07/2015

    Si le budget grec est réellement a l’équilibre en dehors du paiement des intérets de la dette, dont une partie a déjà été « remise », et en supposant que les comptes avancés soient sincères – plutot douteux avecles grecs -, il faut vite donner la formule à tous les gouvernements de pays déficitaires de l’Europe. Car « équilibrer » un budget – qu’il s’agisse de celui d’un état ou d’une entreprise – avec des dépenses extravagantes et des rentrées inopérantes, c’est le nouveau miracle, la manne des Grecs comme il y eu celle des Hébreux. Donc, la solution est claire : cantonner dans une fausse structure de defeasance la dette grecque en la déclarant à intéret zéro et demain tout le monde danse le sirtakis. En fait les gauchistes de tous pays ont raison : même avec une surcharge de fonctionnaires dont certains ne foutent rien, des retraites à démarrage plus court de 10 ou 15 ans à celle des allemands, et sans aucune industrie, une TVA fantome, etc… tout peut aller mieux dans le meilleur des mondes. LIssenko avait raison : la volonté communiste peut renverser des montagnes et faire que l’on rase gratis.

    Répondre
    • Boutté

      02/07/2015

      La surcharge de fonctionnaires est une option anti chômage
      qui coûte cher à la population productrice de biens réels.
      Les entrepreneurs des pays à fort taux de fonction publique sont forcément moins compétitifs que ceux des pays qui s’obligent à peu de lois donc peu de fonctionnaires .
      Par ailleurs la Grèce née en 1830 en est à sa 3ème faillite. Puisque les 2 premières ne l’ont pas tuée, pourquoi ne pas exploiter à nouveau cette recette ? . . . à nos frais, bien sûr !

      Répondre
      • quinctius cincinnatus

        03/07/2015

        pour ce qui concerne la Grèce, la majorité des emplois de  » fonctionnaires  » créés aussi bien par les socialistes que par leurs  » adversaires  » , les  » conservateurs  » étaient NATURELLEMENT des emplois de  » clientèle « : petits boulots surtout et postes de  » haut rang  » pour LEUR oligarchie … où se trouve la différence avec la … France … elle aussi endettée jusqu’ aux cou ?

        Répondre
  3. quinctius cincinnatus

    01/07/2015

     » prêteurs *** et emprunteurs ** sont également coupables …  »

    voilà simplement résumée l’ origine de la maldette grecque

    * prêteurs : la B.C.E. à 70 %

    ** emprunteurs : les socialistes grecs et l’ oligarchie politique grecque de droite qui actuellement fait campagne pour le  » non  » au référendum

    remarquons honnêtement que abstraction faite du remboursement des intérêts ( de la dette ) le budget grec est actuellement à l’ équilibre … ce qui n’ est pas le cas de la … France … de sorte que personnellement je pense l’ équipe dirigeante grecque actuelle  » à la hauteur  » et … ce n’ est certes pas en doublant, ou presque, la T.V.A. sur les activités liées au tourisme que cette mesure améliorera la situation … de la médecine molièresque : purges, lavements et saignés

    Répondre
    • DE SOYER

      02/07/2015

      « A la hauteur »: vous voulez dire la précédente: c’est-à-dire l’équipe de Samaras. Tsipras vient d’arriver et, en bon socialiste (soutenu par l’Humanité, il fout le bordel.
      Samaras n’a rien fait contre l’immigration, d’où une action trop lente de redressement qui lui a coûté sa réélection. L’autre est un guignol.

      Répondre
      • quinctius cincinnatus

        05/07/2015

        Samaras a au moins à son  » actif  » une action très culturellement grecque … la démagogie … et malgrès tout, celle ci étant mal orientée, il a pris une veste !

        Répondre

Laisser un commentaire

  • (ne sera pas visible)