Europe : Le débat interdit

Posté le juillet 11, 2014, 12:01
5 mins

Sur la « construction européenne », il y a bien sûr les pro et les anti.

Les anti sont divisés entre « eurosceptiques » et « europhobes » ; les pro sont tout simplement pro, même si une partie, comme l’ont montré les récentes élections, est tout de même un peu anti, puisque les listes des 100 % pro (UMPS) font à peine 46 % des suffrages, soit environ 22 % des inscrits. Car il ne faut pas oublier les 53 % qui n’ont pas voté du tout, soit qu’ils supportent le système sans discussion, soit qu’ils s’en désintéressent.

Sur un sujet vital pour le pays, sur lequel les partis dits « de gouvernement » ont insisté en faveur du vote, l’abstention massive a un rapport certain avec la rareté des débats dans les médias.

Le motif me paraît résider dans le déséquilibre des forces en présence : le plus faible peut gagner !

Les rares simulacres de débat, organisés par les pro (qui tiennent les médias), mettent les anti sur la défensive.

Les pro excipent du fait que l’union fait la force, que l’Europe, c’est la paix, et que, dans le monde d’aujourd’hui, la France ne pourrait rien peser.

Comment discuter de slogans, présentés comme des postulats – non démontrés, comme tout postulat ? On peut discuter de chacun d’eux, mais opposer des slogans à d’autres slogans ne mène à rien. Un véritable débat repose sur des arguments démontrables.

On peut démontrer par des exemples que la construction européenne, non seulement ne garantit pas la paix (garantie, en fait, depuis les années 60, par la dissuasion nucléaire), mais provoque la guerre.

En ex-Yougoslavie par exemple, l’état de guerre date de 1990, et perdure encore au Kosovo depuis 24 ans. La situation en Ukraine est également née d’une tentative de l’Union européenne de détacher ce pays de la Russie.

Mais en parler nécessite au moins 3 ou 4 minutes, et non 10 secondes. On peut alors débattre, si les pro peuvent démontrer qu’il n’y a pas eu de combats en ex-Yougoslavie et en Ukraine, ou que l’UE n’y a pas été engagée de près ou de loin. Mais c’est malaisé, compte tenu des témoignages et archives historiques disponibles.

On peut fournir de multiples exemples que l’Union européenne est économiquement moins forte et moins efficace que ne l’étaient auparavant ses membres, mais, là aussi, cela prend plus de 10 secondes, et les contre-arguments, qui établiraient de manière indiscutable que, depuis 30 ans, le chômage est en baisse, le niveau de vie en hausse, et l’endettement sous contrôle, ne seraient pas faciles à rapporter.

On peut fournir de multiples exemples de l’effacement diplomatique de la France, pourtant largement écoutée depuis des siècles, et souvent suivie. Mais cela aussi demande largement plus de 10 secondes.

Bref, on l’a compris, un débat serait parfaitement possible, à condition que les deux parties le souhaitent.

Ce n’est manifestement pas le cas et les tenants du pouvoir ont bien compris que la « com » leur était plus favorable que les explications. Et j’ai des témoignages d’offres de débat refusées, parfois par une simple fin de non-recevoir.

Le refus du débat est évidemment l’indice de la faiblesse de celui qui refuse… mais, comme le refus lui-même est ignoré, c’est tout bénéfice pour lui !

Bonne manière d’affaiblir la démocratie sans qu’on s’en rende compte…

Jean-Pierre Delmau

6 réponses à l'article : Europe : Le débat interdit

  1. nauticat

    08/08/2014

    bonjour dany ,voter FN,certes puisque vieux militant de ce parti , mais quid du devenir du résultat , partant la dernière fois il y eu bel et bien déni de démocratie malgré le vote citoyen

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  2. le sauze

    12/07/2014

    tous ces journaleux sont des collabos aux services du pouvoir…..!!!

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  3. HansImSchnoggeLoch

    11/07/2014

    Si l’Europe a été construite pour permettre à des populations inadaptables de s’y installer il vaut mieux qu’elle se saborde. Le « statu quo ante » est préférable à ce qui s’y passse en ce moment.

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  4. Gédéon1939

    11/07/2014

    Ne pas oublier que les eurocrasses qui nous gouvernent parce qu’un certain nombre d’électeurs (décervelés =les plus nombreux) les ont élus avec tous les prébendes qui s’y rattachent, disposent de deux pouvoirs de dissuasion indiscutable, Les forces de police et de gendarmerie dont l’unique choix est l’obéissance aux ordres ou la démission sans solde, ainsi que d’une justice qui n’a de justice que le nom à cause de son hyper politisation, son addiction au mythe de l’excuse et son adhésion à l’eurocrassie.
    Lors du big band, (sursaut populaire, il viendra mais on ne sait quand) nous ne pourrons sauver notre civilisation et notre Patrie de leur dissolution qu’au prix de notre sang de Souchiens, puisque c’est sous ce nom que l’on nous désigne. Mais ce jour là, messieurs les traître à votre pays, vous ne serez peut-être plus à la fête, à moins de retourner votre veste à temps, une fois de plus.

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  5. salminander

    11/07/2014

    Très lucide et très vrai. L’Europe est devenue, comme l’immigration, un sujet dont il ne faut pas parler : le pouvoir (les pouvoirs puisqu’il s’agit de l’Europe) nous l’impose alors même que nous avons refusé la constitution, et comme pour l’immigration musulmane et sud méditerranéenne, nous la haïssons PARCE QU’elle nous est imposée et que NOUS DEVONS la subir.
    Nous ne pouvons discuter, les pouvoirs ne nous entendent pas car ils ne nous écoutent pas et s’en foutent. Ils ont tous les droits, s’en servent et nous devons obéir. C’est du totalitarisme pur et simple. Les élections des Municipales et des Européennes ont clairement démontré (en France et dans toutes les nations européennes) que la politique menée par les Eurocrates nous était odieuse et pénalisante. Mais aucun politique n’a le courage de prendre les choses en main et nos nations continuent à être détruites, nos peuples continuent à être violés et humiliés et traités de tous les noms….. C’est désespérant. Ceux qui ont les moyens de partir ont une chance inouïe. Mais nous, qui devons rester par obligation, quel enfer et quel désespérance. !

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    • dany

      12/07/2014

      votons FN. Ensuite, nous aurons un référendum et pourrons donner notre avis.

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