François Hollande et la crise de l’euro

Posté le juin 12, 2013, 9:55
3 mins

Une petite phrase de Fran­çois Hollande, lors de sa visite au Japon, n’est pas passée inaperçue. Le chef de l’État y invitait ses hôtes à « bien comprendre que la crise dans la zone euro [était] terminée ».

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette idée n’est guère partagée en France et en Europe. Ainsi, pour la première fois, un parti favorable à la sortie de l’euro concourra aux prochaines élections législatives allemandes avec une chance sérieuse d’obtenir des élus.

En réalité, la crise de la zone euro menace, plus que jamais, la cohésion nationale de chacun des pays et la cohésion de l’Union européenne.

Le plus vraisemblable, si les dirigeants européens s’entêtent, c’est que la zone euro explose et l’Union européenne avec elle. Or, ces explosions seraient déjà coûteuses et douloureuses si elles étaient préparées ; elles risquent d’être désastreuses dans le cas contraire.

Non, la crise dans la zone euro n’est pas terminée, il s’en faut de beaucoup.

Et elle n’a aucune chance de se terminer si nous suivons la politique de François Hollande.

Car, lors de ce même déplacement au Japon, le « président normal » a déclaré vouloir s’inspirer de la politique économique nippone actuelle.

Celle-ci, sous la houlette du Premier ministre Shinzo Abe, repose sur 3 piliers, que les médias exposent ainsi poétiquement : largesses budgétaires, souplesse monétaire et stratégie de croissance.

On aura compris que cela signifiait laxisme à tous les étages. Il est possible que le Japon en ait les moyens, puisque le pays exporte encore beaucoup et, surtout, dispose à son gré de sa monnaie et de ses frontières. Mais il est certain que la France n’en a pas les moyens.

La seule stratégie de croissance qui nous soit accessible dans le contexte actuel, c’est de baisser les charges pesant sur les entreprises. Ce qui signifie, d’une part, cesser d’édicter chaque jour de nouvelles normes absurdes ; et, d’autre part, diminuer les charges sociales et fiscales pesant sur les entreprises françaises.

Cela peut se faire instantanément. Ce n’est qu’une question de choix politique.

Mais c’est bien ce que François Hollande ne peut pas faire.

Comme candidat, puis comme chef de l’État, il n’a cessé de mentir sur la situation, sur les objectifs et sur sa politique.

Pour sortir de l’impasse, nous avons besoin d’un langage de vérité et de courage politique. Nous en sommes loin. Et, décidément, la crise est, plus que jamais, devant nous !

18 réponses à l'article : François Hollande et la crise de l’euro

  1. BRENUS

    15/06/2013

    Prenez un « travailleur » public – ou équivalent- indéboulonable. Même s’il s’agit d’un ivrogne invétéré qui est dans l’incapacité de faire quoi que ce soit, il continuera a être rémunéré, et mis de temps a autre dans un établissement réservé, ceci a vos frais, jusqu’à sa retraite (« bien méritée », naturellement). S’il vous arrive de vous insurger verbalement contre une telle situation, vous avez immanquablement droit à la tirade, sur les infirmières merveilleuses – du public- (personnellement j’ai eu aussi affaire à des garces qui auraient du faire autre chose) , au dévouement sans limite des enseignants, y compris ceux qui ne voient jamais un élève et de l’utilité des doublons de postes pour assurer la soit disant continuité du service public. Ceci disparaitra obligatoirement, bien sur, mais seulement après que nous aurons tous été entrainés au fond. Merci camarades.

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  2. Jaures

    13/06/2013

    Mais les charges servent à payer les retraites, la santé, les indemnités chômage, …
    M Rouxel, quelle contrepartie proposez-vous à cette baisse de recettes ? La baisse des pensions ? Des indemnités chômage ? La fermetures d’hôpitaux ? Le déremboursement des médicaments ? Qui vous dit que les marges nouvelles iront à l’investissement et à l’emploi plutôt que dans la poche des actionnaires ?
    Il est facile de dire il faut faire ceci, cela, sans aller au bout du raisonnement et décrire les effets des mesures prescrites.

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    • quinctius cincinnatus

      14/06/2013

      comme médecin je peux au moins avoir un avis professionnel sur la Santé , les médicaments et les hôpitaux

      – la Santé tout le monde en parle ( mal ) mais personne ne s’en soucie ( vraiment ) !
      -les médicaments : trop prescrits, trop nombreux , mal  » évalués  » …
      – les hôpitaux encombrés par des gens qui n’ont rien à y faire … en chirurgie par exemple, domaine que je connais bien, la France est à la traine des autres pays pour ce qui est des hospitalisations courtes
      etc …

      conclusion et moralité : on peut faire mieux sans plus de moyens , en commençant par exemple par une sélection de gens intelligents et non pas d’aras !

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      • orldiabolo

        15/06/2013

        Bien d’accord avec mon confrère. Les Jaures et cie. dégainent toujours les « vous voulez moins de policiers ? moins d’infirmières ? » Eh bien je réponds oui. Moins de policiers aux tâches administratives indéfiniment extensibles ou derrière des radars ; mais plus dans les rues. Moins d’infirmières en commissions de ceci-cela, en « formation à la diversité religieuse », en re-re-re-stérisation d’outils déjà stériles ; mais plus au lit du malade. Moins d’enseignants qui ne voient jamais un élève… En clair, moins de fonctionnaires faisant autre chose que ce pour quoi je les paie !

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    • 14/06/2013

      Jaures, tout ce que vous évoquez arrivera de toute façon, Dans le choc vous risquerez de perdre votre revenu de 5x le SMIC dans votre foyer fiscal.
      Le bout du raisonnement est très simple, personne ne travaillera éternellement pour ses voisins, surtout quand les voisins deviennent embêtants.
      Faites donc le premier et offrez la moitié de vos revenus aux plus démunis. Les autres suivront peut-être mais uniquement en tant que volontaires.
      La solidarité forcée n’étant qu’une injuste redistribution.

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      • Jaures

        15/06/2013

        Cher Hans, je ne rechigne pas à payer mes impôts et cotisations. Je milite par contre pour qu’ils soient mieux utilisés.
        Ce qui crée des déficits n’est en rien un problème démographique, la productivité augmente bien plus vite que la population, mais la dynamique économique. Avec 2,5% de croissance, entre 1997 et 2001, personne ne se posait la question des déficits: tout le monde exigeait des baisses d’impôts et de charges et des hausses de salaires.
        Plus que la question des déficits, c’est celle de la croissance qu’il faut poser. Ce qui n’exclue en rien une gestion sérieuse, comme suggère Quinctius, mais qui, sans croissance, ne sera jamais suffisante.

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        • 15/06/2013

          La croissance, très bien, mais d’où viendrait-elle dans la mesure où 1°) les étrangers ne nous achètent plus car nous ne sommes plus compétitifs (cf. notre code du travail) ; 2°) les Français ne consomment plus car après impôts et charges sociales, ils n’en ont plus les moyens.
          Alors on fait quoi ? La danse de la pluie ?

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          • 15/06/2013

            Dr.H.
            Jaures comme ses potes socialistes s’imagine que faire des incantations à la croissance la ramènera.
            Les socialistes français n’ont jamais été capables de comprendre que c’est l’entreprise privée qui fait tourner les rouages de l’économie.
            Avec eux ce sont 4 ans de misère assurée et le bouffon aux manettes se chargera de finir ce pays.

          • quinctius cincinnatus

            16/06/2013

            la  » danse de la pluie  » il n’y a sans doute plus que ça à faire …
            les  » politiques » français ayant été depuis toujours particulièrement à l’aise dans la pensée magique, il n’y a pas de raison de ne pas leur faire confiance !

          • Jaures

            16/06/2013

            DrH, vous posez la seule bonne question…qui malheureusement n’a pas de réponse évidente ni définitive. Vendre à l’étranger pas plus que consommer n’entraînent mécaniquement une croissance suffisante. Avec sa balance commerciale insolente, l’Allemagne n’affiche que quelques dixièmes de points de croissance. Les Etats-Unis arrivent à de meilleurs résultats mais au prix d’un dérapage budgétaire dont on ne sait où il finira. Le R.U. essaie de les imiter tant bien que mal et accumule les dettes: l’endettement des ménages britannique est deux fois supérieur à celui des français et celui des établissements financiers 4,5 fois plus important ! L’économie n’est pas une science exacte où il suffirait d’appliquer une théorie pour obtenir des résultats. L’économie sera ce qui résultera des négociations multilatérales, des accords internationaux et de l’évolution du marché. Si l’on persiste à pratiquer le dumping social et fiscal tout en protégeant son propre marché, si l’on massacre son environnement à coups de fracturation hydraulique pour quelques années de gabegie supplémentaires, si les entreprises continuent à privilégier les dividendes immédiates aux investissements, si l’on délaisse la recherche qui nourrit le jeune marché de demain, si la finance accapare les capitaux au détriment de l’économie productive et génératrice d’emplois, alors, la crise durera encore des décennies.
            Mais le pire n’est pas toujours sûr.

          • 16/06/2013

            Jaures a dit « L’économie n’est pas une science exacte où il suffirait d’appliquer une théorie pour obtenir des résultats. » Je sais. C’est aussi le cas de la médecine. Les deux arts sont souvent plus utiles pour expliquer comment on en est arrivé là, que pour dire ce qu’il faudrait faire. Cela dit, je m’autorise dans les deux domaines à écouter mes intuitions comme une sorte de loi naturelle. Je ne sais pas toujours ce qu’il faut faire ; mais je sais généralement discerner ce qui n’est sûrement pas bon pour le malade. Quand je vois quelqun picoler, s’empiffrer, forniquer imprudemment et absorber toutes sortes de drogues, battre ses enfants et entretenir une danseuse, même s’il est encore en bonne santé, je me dis qu’il n’est pas sur la bonne voie. Quand je vois un pays punir ceux qui travaillent et produisent, mais subventionner les tire-au-flancs ou des sangsues importées, acheter à crédit les voix des électeurs avec des mesures démagogiques, repousser sans cesse au lendemain des réformes évidemment nécessaires, mieux payer ses fonctionnaires que ceux qui prennent des risques, ses retraités que ses actifs, je me dis que ce n’est probablement pas bon. Mais je n’ai pas fait d’études d’économie…

        • 16/06/2013

          Jaures vous ne faites rien de spécial.Tout ce que vous dites est tristement banal car pratiquement tous les intervenants de ce site sont assujettis aux mêmes contraintes.
          En tant qu’adhérent au toujours plus d’impôts vous devriez de votre gré offrir au moins la moitié de ce que vous engrangez (5X le SMIC) tous les mois au fisc.
          Voilà ce qui serait juste, moderne et innovant!

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          • quinctius cincinnatus

            16/06/2013

            l’économie n’étant pas une science exacte ( dixit @ Jaurès ce qui est … exacte ) , @ Jaurès nous distille des truismes économiques ( et très curieusement néo-libéraux ) dès quels il ressort que tout le Malheur ( grand M comme Massue ) des peuples vient de la cupidité de quelques uns *** ce qui est … exacte, puisque même Christine Lagarde le dit ! … nous attendons donc de sa part et avec une juste curiosité la composition de la potion  » magique  » qui nous guérira des ces maux … Allais ( pas l’écrivain , l’économiste ) peut être ?

            *** pour avoir une vue particulièrement  » humaine  » de ce que cause la …
            cupidité, et par la même occasion avoir une vue réelle de ce qu’est , et a toujours été, le monde des affaires, de l’industrie, du commerce et de la banque je lui conseille, ainsi qu’à vous tous, la lecture du roman sur la ville de Lodz et ses lodzmenschen , ville créée ex nihilo en 1793 par la volonté du Tsar pour alimenter et satisfaire en textiles le marché de l’Empire Russe

            Wladyslaw Stanislaw REYMONT ***

             » LA TERRE PROMISE  »

            ( Ziema obiecana : la terre de la grande promesse en polonais )

            ZOE éditions à … Genève ( 26 euros )

            collection :  » les classiques du monde  »

            *** écrivain Juif Polonais , Prix Nobel et sans aucun doute le plus  » antisémite  » avec Marx des Israélites…

    • 16/06/2013

      Jaures, il faudra achever le mastodonte qui a saccagé le magasin de porcelaine. Ce n’est pas avec des apparatchicks marxisants de droite et/ou de gôche que les problèmes évoqués seront solutionnés.
      La solution réside dans la responsabilisation des citoyennes et citoyens. Mais ceci est un gros mot qui n’est inscrit pas dans le jeu de commandes de votre logiciel.
      D’ailleurs avec vous on n’est jamais surpris, à intervalles réguliers et à la cadence d’un métronome vous ressortez la même argumentation éculée.
      Pourriez-vous changer de CD ou de DVD?

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  3. 13/06/2013

    et quelle chance si la télé d’état était coupée comme en Grèce, au moins la désinformation cesserait … vivement l’armée Européenne pour y mettre de l’ORDRE dans tout ce merdier, l’OTAN, que fait-il ? au lieu de s’enliser dans des guerres interminables, qui en définitive laisse leurs habitants s’entre-tuer entre eux, l’OTAN devrait entrer en service pour nous en débarrasser au contraire, mais CHEZ NOUS, en EUROPE et tant pis si cela entraîne les USA, l’Inde, la Chine, la Russie car eux aussi ont une grosse racaille à chasser de chez eux, sans oublier de protéger l’Amérique latine qui « semble »en être épargnée, pour l’instant !!!

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    • orldiabolo

      15/06/2013

      « Si la télé d’état était coupée comme en Grèce ». On ne l’a pas remarqué, mais nous avons déjà une administration en quasi cessation de paiement : l’armée. Sous prétexte de problème informatique, des milliers de militaires attendent leurs soldes depuis des mois…

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    • 15/06/2013

      Hallo Schmitt, si vous habitez une des régions frontalières vous pouvez regarder la TV du voisin ou acheter une parabole Astra.
      Personne ne vous oblige à vous faire intoxiquer par l’agitprop du régime en place.

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  4. quinctius cincinnatus

    12/06/2013

    les Français ( c’est à dire les classes moyennes et les entreprises ) vont comprendre … ils vont entrer, crise ou « pas crise  » ( sic ) , dans la rigueur … une rigueur molle à la Hollande, mais une rigueur quand même … et comme les rentrées fiscales seront à la baisse ( par la chute de notre production et de notre consommation ) , même des impôts nouveaux ne suffiront pas à atteindre les  » mythiques 3 %  »
    nous sommes sur la voie de la Grèce Monsieur Hollande !

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