Funérailles politiquement correctes

Posté le 06 septembre , 2018, 2:36
14 mins

On avait remarqué une démesure dans les funérailles des célébrités du spectacle : Michael Jackson, Whitney Houston, Johnny Halliday … Événements mondains où il faut avoir été vu, où des personnalités se succèdent pour délivrer des envolées panégyriques. On aboutit inévitablement à une inflation galopante aux dépens de la sobriété spirituelle attendue.

Avec John McCain, la tendance a gagné les élites politiques. McCain, sénateur, a pratiquement eu des funérailles de chef d’État. Cet hommage était-il mérité ?

McCain a bâti sa carrière politique sur son statut de « héros de guerre », gagné pour son courage et son endurance durant les 5 années et demie de tortures subies dans les geôles vietnamiennes et surtout pour son refus de bénéficier de traitement de faveur, en tant que fils de l’amiral McCain, alors aux commandes de l’armée américaine : il insista pour sortir le dernier.

Cela est admirable et nul ne le conteste, pas même Trump. Seulement, ces lauriers peuvent-ils faire accepter tout le reste ?

McCain fut toujours un «républicain de nom seulement» (RINO) et le chouchou de la gauche, non pas tant pour sa prétendue indépendance que parce qu’il a souvent servi les intérêts démocrates.

Traître à ses promesses électorales et n’hésitant pas à poignarder ses pairs dans le dos, il n’était pas aimé des conservateurs véritables, ni de la base du parti républicain.
Sans vision historique, Mc Cain n’a jamais compris que les consensus bipartisans traditionnels étaient dépassés, qu’une guerre culturelle avait éclaté pendant ses années de captivité, et que toute concession à la gauche était un piège mortel.

Les lois bipartisanes parrainées par McCain se sont révélées désastreuses, la pire étant McCain-Feingold, entrave au premier amendement. Coup de pied de l’âne contre son camp et contre Trump, qui a fait plus pour le pays en 18 mois que lui en 31 ans de Sénat, McCain fut en novembre 2017 la voix qui empêcha l’abrogation et le remplacement du désastreux Obamacare !

À l’extérieur, ses loyautés allaient surtout à l’internationalisme et à l’interventionnisme inconditionnel.

McCain ne paraissait donc pas motivé par «les intérêts supérieurs du pays», mais plutôt par son ego de diva. Il était la proie de traits de caractère assez sombres: déloyauté, rancune, mesquinerie et une certaine méchanceté. Les familles des soldats disparus au Vietnam se sont heurtées à son refus, obstiné et inexplicable, d’ouvrir les documents sur ces malheureux. Il lui importait plus de restaurer des relations diplomatiques avec l’ancien ennemi tortionnaire.

McCain avait planifié dans le détail ses propres funérailles, d’où, provocation ultime, étaient exclus Trump, le président en exercice, Sarah Palin qu’il disait «regretter d’avoir choisie comme co-équipière en 2008», les sénateurs Ted Cruz et Rand Paul, « des crétins farfelus » à ses yeux, et sans doute les groupes Tea Party et les électeurs de Trump, tous qualifiés de «cinglés» par cet élitiste ombrageux.

McCain eut donc une assistance où dominaient les démocrates et des républicains modérés, des funérailles bipartisanes à souhait, dignes du président des États-Unis qu’il n’a jamais pu être.

Le clou des cérémonies fut sans doute l’éloge de sa fille Meghan. On ne peut que respecter l’admiration d’une fille pour son père et sa douleur de le perdre.
Mais on eut là la révélation de la rancœur immense accumulée par le père et qui habite miss McCain – par la colère, frisant parfois l’hystérie, envers ces millions d’ingrats inconscients de la valeur tellement supérieure de ce père.

Moment pathétique et pénible, surtout lorsqu’elle eut ces propos rageurs et directs contre Trump : «Mon père disait que l’Amérique n’a pas besoin de retrouver sa grandeur puisqu’elle ne l’a jamais perdue.» Cela, peu après la déclaration du Gouverneur Cuomo («l’Amérique n’a jamais été grande de toute façon»), et devant les Clinton et surtout Obama, l’artisan acharné du déclin de l’Amérique!

Miss McCain semblait en vouloir à la terre entière pour cette perte, certes considérable pour elle, puisque McCain – Dieu ait son âme ! – était aussi son mentor et que la jeune femme, déjà connue, pourrait avoir un avenir politique.

Mais ne pas cerner les vrais responsables d’un destin et en vouloir à la terre entière pour des torts imaginaires est un mauvais début.

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12 Commentaires sur : Funérailles politiquement correctes

  1. ELEVENTH

    9 septembre 2018

    Aux dernières nouvelles le sieur Obama lancerait officiellement des appels officiels pour non seulement contrecarrer, mais aussi déboulonner Trump. Avec la bénédiction des ennemis de l’Amérique et au mépris de cette démocratie qu’ils clament comme des perroquets. Et dire qu’en France, presque tous se pamaient en voyant ce danseur a claquettes faire son show tandis qu’il enfonçait son pays. Mais son pays n’est il pas plutot la Oumma? Il aurait parlé par mégarde de sa muslim faith avant de corriger sur remarque de son conseiller. Une calamité ce type.

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    • HansImSchnoggeLoch

      9 septembre 2018

      Obama, prix Nobel de la paix, faisant l’eulogie d’un pilote de A-4E Skyhawk escortant régulièrement les bombardiers lâchant du napalm sur les deux Vietnam.
      Une belle hypocrisie, où sont donc passés les Joan Baez, Bob Dylan et l’agitatrice Jane Fonda, nobles figures de l’opposition à la guerre du Viet-Nam?
      Silence complice?

      Peu importe, le camp du soi-disant bien a toujours raison.

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      • BRENUS

        9 septembre 2018

        Ah, Jane Fonda dans un ancien film (Barbarella)! Quel morceau! Elle en a fait sauter des boutons de braguette, celle là. Mais “ça, c’était avant”, à l’époque ou je l’ai croisée à Chamonix accompagnée par Vadim qui n’a pas du n’ennuyer celui-là.

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  2. KAVULOMKAVULOS

    7 septembre 2018

    Dieu ait son âme ? Pourquoi pas le cornu à figure de Janus?
    Nicole Barachan va pleurer toute l’année, cette chieuse.

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  3. quinctius cincinnatus

    6 septembre 2018

    pour ce qui est de l’ article de Joslain Evelyne sur le Sénateur McCain un ancien de la Royale ne peut lui dire que tout son mépris

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    • HansImSchnoggeLoch

      6 septembre 2018

      Êtes-vous un vétéran du Viet-Nam?

      2.5 millions de jeunes américains ont servi au Viet-Nam, âge moyen 22 ans.
      Plus de 58000 (y compris friendly fire et accidents) y ont laissé leur peau.
      304,000 ont été blessés et certains sont revenus amputés ou défigurés à vie.

      Les morts n’ont pas eu le 1/100 de la cérémonie du sénateur Mc Cain.
      Retour au pays entre des planches de sapin standard armée US.
      Mise en terre formelle avec quelques tirs de fusil et le “Stars and Spangles” ou “Dany Boy” en bruit de fond.

      Comme toujours il y a deux traitements suivant gens ordinaires et “zélites”.
      À Washington (DC) vous pouvez aller consulter la liste de ceux qui sont tombés au Vietnam Veterans Memorial , Mc Cain n’y figure pas.

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    • KAVULOMKAVULOS

      7 septembre 2018

      La “Royale” de Darlan , peut être ? QC est omniprésent (je suis partout) omnipotent et à vécu 100 vies en une seule, ce qui lui permet d’avoir raison sur tout… et tous

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  4. quinctius cincinnatus

    6 septembre 2018

    informations pour que les lecteurs des ” 4 Vérités ” aient une ” appréciation ” correcte de ce qu’ est l’ Obamacare

    tout d’ abord il s’ agit d’ une loi fédérale gérée et cofinancée par les Etats ; sa dénomination administrative est la suivante :

    ” Loi sur la protection des patients et des soins abordables ” ( vous noterez les mots ” protection ” et ” abordables ” ) qui assure ” un minimum essentiel de couverture ”

    il s’ agit d’ assurances privées et obligatoires mais à … moindre coût pour le patient et son … employeur ( si le patient en a un )

    par ailleurs continue d’ exister le Medicaid système de soins publics pour les plus démunis

    que couvre l’ Obamacare ?

    – service ambulatoire et d’ urgence
    – hospitalisation
    – prescription médicale , analyses, rééducation
    – grossesse, accouchement et prise en charge du nouveau-né
    -prévention et prise en charge des maladies chroniques
    – pédiatrie ( y compris audition et vue )

    les prises en charge financières varient d’ un Etat à l’ autre et même dans un même Etat d’ une ville à l’ autre

    un médecin titulaire de l’ ECFMG

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    • HansImSchnoggeLoch

      6 septembre 2018

      C’est très bien, mais qui va payer?
      En fin de compte comme en France ce sera le contribuable lambda cette éternelle vache à lait.

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  5. BRENUS

    6 septembre 2018

    J’ai entendu le discours (si on peut l’appeler ainsi) de la mégane des frittes mac cain. J’ai été stupéfait de ces propos, pensant, naivement, que l’ Amérique produisait surtout des patriotes, alors que cette harpie ne semblait motivée que par la hargne et la bêtise. Tant mieux pour ses ennemis politiques : il vaut mieux avoir affaire à des cons, même si ces derniers osent tout – comme le disait l’autre. Naturellement la presse lèche bottes bobogocho française critiquait le fait que Trump, durant la mise en scène hollywoodienne des funéraires jouait au golf, avouant et c’est étonnant, que si le dit Trump n’était pas présent c’est en raison de son statut de persona non grata décrété par le mourant. Il a eu bien raison de passer à autre chose : au moins cela le détend, je suppose car n’ayant jamais pratiqué l’exercice. Il devrait porter un T-shirt orné d’un gros doigt d’honneur lorsqu’il rencontre ses opposants. Par contre je lui reproche ses gamineries mal venues quand, à l’occasion d’une poignée de main, il tire son vis à vis vers lui : cela ne le grandit pas et avec moi (qu’à Dieu ne plaise), il se ramasserait un coup de latte dans les jambes en retour. Par contre pour la mise en laisse du macronet : bravo. L’époussetage aussi.

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  6. De Sorne

    6 septembre 2018

    Ces funérailles furent la dernière “vacherie”, d’ailleurs très réussie, du sénateur à Trump.
    On respect, on salue même le courage du fils et petit fils d’amiraux pour la séquence Viet Nam. Ceci dit, il était dans les faits un DEM aux petits pieds, méchant, vindicatif et sans envergure. Avec l’aide des billions de sa deuxième femme, reine de la bibine, McCain travaillait surtout pour McCain.
    Sa campagne présidentielle fut une mascarade ponctuée au final par la gouverneur mal dégrossie de l’Alaska. Mais pour moi, sa “pire” vilenie fut d’avoir quitté son lit pour voler (au sens exact) au secours des Démocrates et faire basculer le vote obamacare. Était-il pour cette misérable loi? Que nenni ! Simplement, il lançait un gros caillou dans le jardin de Trump et des Républicains, au diable ses concitoyens.
    Quant à sa chère Meghan, hardiment pistonnée pour entrer à la Fox où elle ne brille pas et qui déménage chez CNN pour la figuration, où elle n’y est pas meilleure, elle est une McCain pur jus.
    Un avenir politique pour elle? Pas avec mon vote.
    Madame Joslain, vous avez dit tout ca, et bien mieux… Mais ca libère de l’écrire !

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  7. HansImSchnoggeLoch

    6 septembre 2018

    D.Trump est-il le dernier clou qui a fermé définitivement le cercueil du sénateur Mc Cain?
    Paix à son âme.
    En tout cas cela fera un motif de moins pour attaquer D.Trump.
    Les médiats “mainstream” devront se trouver autre chose.

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