Guerre en Syrie et propagande médiatique

Posté le 07 mars , 2018, 9:55
5 mins

Il n’y a probablement aucun journaliste français dans la Ghuta.

Mais, apparemment, nous ne manquons pas d’informations, qui vont toutes dans le même sens, et qui tendent à nous montrer que le dictateur syrien et ses alliés ont décidé de « génocider » le peuple syrien.

Les sources ? D’abord et avant tout, « l’observatoire syrien des droits de l’homme », dont on se garde bien de rappeler que c’est une émanation directe des rebelles anti-Assad, installée à Londres.

L’appellation entretient un flou flatteur et trompeur qui « fait » ONU et doit normalement émouvoir les foules.

Il y a également quelques « casques blancs », sortis eux aussi de la mouvance rebelle et pas de la croix rouge ; mais la couleur évoque une neutralité bienveillante et sympathique qui entraîne l’adhésion.

En face de l’agglomérat rebelle, dont l’islamisme plus ou moins fanatique s’apprécie dans les nuances, il y a l’armée et la propagande du « régime ».

Évidemment, si on était réaliste et honnête, on pourrait au moins admettre que tous ceux qui se battent ont de mauvaises raisons de donner des événements une vision partiale.

On devrait en tenir compte et faire la part des choses.

Mais nos médias ont choisi de croire que l’unique méchant, c’est « Bachar qui massacre son peuple ».

On disait la même chose pour Alep et Racca en Syrie ; pour Mossoul aussi en Irak, mais moins fort, car, là, Assad n’y était pour rien – donc c’était moins intéressant.

Il doit pourtant bien y avoir une partie de la population qui le soutient, non ? Sinon ce serait réglé depuis longtemps.

Dans toute cette affaire, la majorité de la presse se comporte comme la Pravda de l’époque soviétique.

Le 2 mars dernier, enfin, mais sur une chaîne d’information marginale, j’ai entendu que les rebelles retranchés dans leur réduit empêchaient la population de partir, de peur de perdre leur bouclier humain.

Ce qui est une évidence depuis le début.

Qui a intérêt à garder la population au milieu des combats ? Pas le « régime » qui aurait eu les mains libres et n’aurait pas été montré du doigt à l’opinion internationale, mais les rebelles qui ont besoin d’un bouclier.

Daesh partout, tous agissent de la même façon.

Installez un canon sur le toit d’un hôpital et, ou bien l’adversaire hésitera à tirer, ou bien, s’il le fait quand même, on pourra attirer l’attention du monde sur sa barbarie.

Et ça marche bien auprès de nos journalistes.

Nous n’avons jamais vraiment quitté le beau temps du bourrage de crâne lors de l’invasion communiste du sud-est asiatique.

Souvenez-vous des commentaires enthousiastes lors de la « libération » du Cambodge par les Khmers rouges – par les mêmes journaux et les stations de radio du service public.

L’émotion devant les victimes civiles est légitime, mais c’est malheureusement inévitable et habituel chaque fois que les affrontements se déroulent au milieu de la population.

La guerre est cruelle ; l’aurait-on oublié ?

Personnellement, je considère comme une bonne nouvelle que La Ghuta soit prochainement reconquise par l’armée syrienne et ses alliés.

Ils sont les ennemis de Daesh, donc nos partenaires de fait dans ce combat.

Les ennemis de mes ennemis sont mes amis. En tout cas en ce moment. Et c’est la priorité.

Churchill, à qui on a parfois reproché d’avoir été allié de Staline, disait que, pour battre les nazis, il était prêt à s’allier avec le diable.

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États-unien

10 Commentaires sur : Guerre en Syrie et propagande médiatique

  1. norbert

    14 avril 2018

    je ne comprends pas très bien mais ou est située cette guerre ? je suis activement les championnats de football de différent pays et je constate qu’en syrie il y a un championnat avec 12 équipes qui se rencontrent toute les semaines comme on le ferrait nous en d1 ou en d2 mais comment cela est possible dans un pays en guerre totale ou tout serait détruit d’après les journaux télévisé et les images mises sur les écrans :affaire a suivre : si vous avez des réponses merci de m’en faire part

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  2. quinctius cincinnatus

    13 mars 2018

    ” assassinat ” à Salisbury : …

    Bidochon propose de ” menacer la Russie ” …

    il a fait de la ” muscu. ” depuis sa … ” fuite ” de l’ Elysée ?

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    • quinctius cincinnatus

      13 mars 2018

      pour Bidochon cela concerne aussi la Syrie

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  3. Trannod

    12 mars 2018

    Mais qui fait des civils un bouclier

    dites moi

    il me sembles les rebelles associés aux islamistes

    et pendant ce temps pas un mot sur le massacre des KURDES par ce bon erdogan…A qui toutes l’Europe lèche le LUC

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  4. laurent

    12 mars 2018

    Nos dirigeants ne sont que des VRP technocrates à la courte vue, quand elle n’est pas biaisée ainsi;
    Mr Del Valle nous explique la couardise, l’hypocrisie de nos dirigeants (L’U.E, des Régions, des départements, des mairies) qui financent les ONG (MSF,Save Children etc). ONG qui sont dans l’illégalité (elles refusent l’inspection des marins et des douanes), en prenant contact avec les mafias de passeurs. L’Agence Frontex (notre garde-frontières Européen) dénonce ces ONG qui ne respecte pas le code de conduite(…)

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  5. quinctius cincinnatus

    12 mars 2018

    il n’ y a pas de guerres en dentelles et ceux qui souffrent en premier et le plus sont toujours les plus pauvres et les plus vulnérables

    rappelons que les bombardements ” alliés ” à Mossoul ont fait plus de 7000 victimes civiles et ceux de 1944 environ 15000 victimes civiles françaises

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    • Hilarion

      12 mars 2018

      Selon plusieurs sources, le nombre des victimes de bombardement civiles françaises aurait un ordre de grandeur de 68 000 pour une période allant de 1941 à 1944.

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      • quinctius cincinnatus

        13 mars 2018

        enfant j’ ai vécu deux ” déluges ” de bombes : des quartiers entiers rasés et des voies ferrées quasiment … intactes !

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        • Hilarion

          14 mars 2018

          Oui, bien sûr, mais c’était une époque ou les américains bombardant de cinq mille mètres (on n’est jamais trop prudent) n’avaient pas encore mis au point le bombardement “propre” c’est à dire sans victimes collatérales. Mais depuis, cela a bien changé. Vous avez sans doute constaté comme moi que tout ce qui bombarde au nom de l’OTAN ne fait jamais de victimes collatérales. Demandez aux Serbes. On ne peut en dire autant de ces Syriens ou de ces foutus Russes aussi maladroits que malintentionnés

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          • OEILDEVRAICON

            17 mars 2018

            C’était “OTAN en emporte le vent” qui souffle toujours dans le bon sens, sauf pour les russes, syriens et quelques autres, principalement à l’est de cette belle Europe.

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