Ingrid Bétancourt n’est pas un cas unique

Posté le avril 16, 2008, 12:00
8 mins

Ingrid Bétancourt est retenue en otage par des rebelles colombiens dans leur pays. Son cas inspire un certain nombre de réflexions :

1) Le 23 février 2008, durant la totalité du journal de 19 h 30 de France 3, en bas et à droite de l’écran, paraissait un cadre mentionnant son nom. L’événement le plus important de la soirée était la relation d’une manifestation en sa faveur. De la part d’une chaîne publique, il s’agit d’une prise de position sur les affaires intérieures d’un pays étranger, sans aucune objectivité. Sans doute, malgré leur sympathie pour les révolutionnaires, les autres chaînes publiques ont-elles agi de même. Bientôt, le petit écran fera de même pour la lutte contre le SIDA.

Un autre jour, il sera consacré aux prolongations d’un match sportif, retardant la diffusion d’une autre émission… imposant le sport à qui s’en désintéresse. Ajoutons, au passage, que les chaînes privées vivent exclusivement de la publicité ; leurs concurrentes publiques ont besoin de la publicité et de la redevance pour endoctriner leurs spectateurs par leurs reportages et fictions politiquement correctes…

2) Au cours de ce reportage, comme lors des nombreux précédents, s’exprimait l’ancien mari de la prisonnière. S’ils sont séparés, à quel titre lui accorde-t-on tant d’importance ?

3) Dans le cortège, un manifestant portait un panneau évoquant tous les otages. Les consciences de gauche se sont-elles montrées ainsi mobilisées pour fustiger le Goulag ou les camps similaires. Que l’on exprime sa réprobation, soit. Mais contre toutes les détentions ou répressions, et elles ne manquent pas !

4) Chaque fois que l’on consacre quelque temps d’antenne à Mme Bétancourt, est diffusée une photographie la montrant très amaigrie. Un examen attentif de l’image laisse à penser qu’il s’agirait d’une vue prise en format panoramique (16:9), diffusée en format normal (4:3), ce qui la fait paraître plus émaciée. Si tel est le cas, d’où vient la manipulation ?

5) Lors de sa dernière visite officielle en France, le Président colombien a reçu la famille (et « l’ex-mari ») de l’otage. C’est parfaitement normal, même si, à l’inverse, un Président de gauche n’eût peut-être pas fait montre de la même attention envers les proches d’un opposant politique. Le Président Sarkozy a fait de même à plusieurs reprises ; il était moins dans son rôle. Que ne reçoit-il aussi les familles de tous les otages connus ? Il lui faudrait alors disposer de journées élastiques pour assumer quand même aussi sa fonction présidentielle.

6) Chaque fois qu’un journaliste cite le nom de Mme Bétancourt, il le fait précéder du qualificatif franco-colombienne. Personnalité politique en Colombie, candidate à une élection présidentielle en ce pays, elle assumait sa nationalité colombienne. Implicitement, elle avait abandonné la nationalité française. On ne peut consacrer ses pensées à deux pays. Voilà pourquoi le battage fait autour de sa situation frise l’indécence. On pourrait imaginer un « bi-national » sollicitant les suffrages présidentiels dans deux pays simultanément. Il est vrai que certain député européen, après avoir sévi en France comme étudiant agitateur, a siégé plus tard comme élu de l’Allemagne. Quand donc un parlementaire osera-t-il déposer un projet de loi proposant de supprimer cette anomalie, que certains pays n’admettent pas ? Ce serait simple. Tout adolescent bi-national, parvenant à la majorité, choisirait sa nationalité (solennellement, ce qui impliquerait certains engagements). Un candidat à la naturalisation, dès son obtention, abandonnerait son ancienne nationalité.

7) La situation de Madame Bétancourt est certes déplorable, mais pas unique. Dans un pays en crise permanente et favorisée par les trafics de stupéfiants, elle connaissait les risques qu’elle prenait en se rendant dans une zone difficile.

8) La lutte contre la drogue est un autre sujet très « sensible ». Des firmes spécialisées de tous pays (Monsanto n’est qu’un exemple) pourraient consacrer une partie de leur énergie à « manipuler » des insectes, afin d’attaquer et de détruire les plantes produisant ces drogues. Cela reviendrait moins cher que la lutte contre les réseaux. L’économie réalisée permettrait d’aider les Sud-Américains, les Afghans, les Birmans, et tous autres cultivateurs de ces toxiques à diversifier leurs plantations. Ils ne seraient plus sous la coupe de leurs commanditaires actuels. Mais nos bonnes consciences admettraient-elles des OGM utiles ? Et les « bobos fumeurs » pourraient-ils se passer de leur « joint » ?

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Courrier des lecteurs des 4 Vérités Hebdo

9 réponses à l'article : Ingrid Bétancourt n’est pas un cas unique

  1. vitruve

    22/04/2008

    AVE
    en 67 j’étais dans un groupe d’artillerie (honest john) au bord du lac de Constance
    un jeune appelé bi(tri)national arriva de Californie, comme il était de confession juive, il avait le choix entre le Vietnam, la guerre des 6 jours en Israël ou la bulle sur la base à Friedrichshaffen.
    Devinez ce qu’il a choisi?
    Honnêtement, j’aurais fait comme lui…
    VALE

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  2. etienne

    18/04/2008

    j approuve une bonne partie de l’article en question. le vrai probleme c est qu’avec le tapage mediatique faite autour de cette affaire ingrid betancourt est devenue l’assurance vie des FARC ils ont bien compris que si il la libère dans la minute qui suit ils se prennent des bombes sur la tronche..donc ils n ont aucun interet a la libérer malheureusement pour elle.

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  3. HansImSchnoggeLoch

    18/04/2008

    pour Gérard Pierre

    Les péripéties de votre famille ressemblent point par point à celles vécues par la mienne. Les mêmes causes reproduisant les mêmes effets…

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  4. Gérard Pierre

    18/04/2008
       Les Alsaciens Mosellans sont des gens qu’il ne faut jamais chatouiller sur les questions de double nationalité. Mon père, né dans l’Est de la Moselle quelques mois avant le début de la guerre de 1914, a eu la nationalité allemande par force et non par choix. Lorsqu’en 1918 l’Alsace Moselle fut « libérée » (1) la France obligea tous les Alsaciens Mosellans à faire une démarche volontaire pour redevenir Français. Ceux qui crurent le redevenir de facto se trompèrent. Durant toute sa vie, bien qu’il ait servi dans l’armée française, …… et de surcroît dans les rangs du 1er régiment de Spahis Marocains de la 2ème DB, mon père a du produire en bien des circonstances son fameux CERTIFICAT DE REINTEGRATION. Cette formalité l’ulcérait. Elle avait le don de le mettre dans uns colère indescriptible.
     
       Aussi, lorsque aujourd’hui je vois des bi nationaux se targuer avec une certaine ostentation de leur autre nationalité étrangère c’est à mon tour d’entrer dans une grande colère. Tous mes anciens qui furent réquisitionnés de force pour servir sous l’uniforme de la Wehrmacht parce que la France du front populaire permit par sa veulerie, à l’Allemagne nazie, d’annexer à nouveau l’Alsace Moselle en 1940, souffrent encore à ce jour du regard réprobateur d’une partie des « français de l’intérieur » (2). Et pourtant, ce sont ces mêmes Français soit disants attachés aux droits de l’homme qui supportent aujourd’hui sans vergogne la suffisance hargneuse des « maghrébo français » ou la campagne exagérée en faveur de la franco … !!! colombienne (les milliers d’autres otages des FARC, c’est peanuts !……… eux peuvent continuer à pourrir dans la jungle)
     
       Il faudra tout de même bien qu’un jour quelqu’un commence à dresser la liste interminable des crimes abjects commis contre l’Esprit par la gauche, dans ce pays !
     
    ***********************
     
    (1)               Je n’écrirai jamais « libéré » autrement qu’en le mettant entre guillemets car l’Alsace Moselle ne constitua nullement une exigence territoriale de Guillaume 1er et encore moins de Bismarck en 1871, mais une proposition insistante de l’immonde Adolphe (décidément) Thiers afin d’alléger la dette or que l’Allemagne réclamait à la France après sa défaite. Curieusement, les livres d’histoire de la raie publique me mentionnent jamais ce détail. Bismarck était même opposé à cette proposition car il considérait les Alsaciens comme un peuple réfractaire et inassimilable. C’est l’entourage de Guillaume 1er qui, alléché par cet extension inattendue de leur Lebensraum fit pression sur l’empereur pour qu’il accepte la « proposition » de Thiers le bradeur.
     
    (2)             Celle qui est à ce point inculte qu’elle ignore encore qu’il y eut après l’armistice de 1940 TROIS zone et non deux : la ZONE ANNEXEE, la zone occupée et la zone dite libre (jusqu’en 1942)
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  5. IOSA

    17/04/2008

    Quand j’ai eu 18 ans, alors même que j’étais sous les drapeaux tricolores, j’ai recu une lettre du ministère me demandant d’opter ou non pour la nationalité française.

    Je suis petit fils de français et mon père à l’époque de l’Indochine fut rapatrié en France là où je suis né.

    Des exemples de ce style sont à profusion, vous souvenez vous de ce fonctionnaire de l’état a qui on a refusé la retraite ? Alors que tout le monde sait que pour être fonctionnaire de l’état, il faut avant tout être de nationalité française.

    Que s’est il passé depuis ? Un droit à garder sa nationalité d’origine même lors d’un mariage mixte et pourtant je connais certaines personnes a qui ont a opposé une menace d’expulsion alors même qu’elles étaient divorcées de leurs maris d’origine étrangère.

    A force de faire des lois qui se recoupent et se contredisent, tout le monde se perd dans le dédale administratif.

    Quand à savoir si Bétancourt est demeurée française, je rejoins ce point de vue qu’elle était candidate aux élections présidentielles de Colombie….Donc avant tout colombienne et non plus française.

    C’est donc au président de la Colombie d’intervenir pour sa libération et aucunement le gouvernement français, sinon la France devra aussi oeuvrer à la libération de tous les opposants thibetains en Chine, des irakiens au USA et j’en passe.

    La double nationalité à un effet néfaste qu’il convient d’abroger pour conserver l’identité francaise car demain si un conflit se déclare, comment savoir si l’ennemi est en dehors de nos murs ? 

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  6. SAS

    17/04/2008

    N’est elle pas Colombiene ????? mais certainement qu’elle doit avoir d’autres "avantages inavoués."…..pour que nos seigneurs s’affairent ainsi à son chevet…..quitte à la france de passer pour des rigolos….

    sas

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  7. Aregundis

    16/04/2008
    Plutôt que de se perdre en propos divers, résumons l’affaire. Le 20 février 2002, les FARC enlèvent le sénateur Jorge Gechen, rompant de ce fait les négociations engagées avec le gouvernement colombien pour un cessez-le-feu et l’échange de rebelles incarcérés contre des otages. La paix n’arrange pas les marxistes dégénérés qui ont repris à leur compte le trafic de cocaïne depuis la chute du cartel de Medellin et la mort du « Parrain » Pablo Escobar en 1993.
    Les rouges quittent les zones urbaines pour se réfugier dans la forêt. Le 23 Février 2002, le président colombien Andrés Pastrana, le prédécesseur d’Uribe, se rend en hélico dans le Cagàn pour soutenir son armée. Ingrid, qui voulait être du voyage, a été refoulée. Elle décide alors d’aller soutenir un candidat de son parti écolo, lequel est maire d’un patelin situé dans un secteur contrôlé par les singes armés. En dépit de toutes les mises en garde, elle décide de passer outre. Partout, on lui déconseille de continuer. Un dernier check-point lui signale que les salopards sont tout près. Têtue comme une mule, elle donne l’ordre à son chauffeur de continuer. Elle est faite aux pattes trois km plus loin. Les rouges qui ont des mouchards partout, probablement l’attendaient.  
    En mai de la même année, Urube est élu président de la Colombie et les FARC bombardent Bogota : 21 morts. En 2003, attentats avec des voitures piégées : 34 morts, puis 18 morts encore. Du coup, l’opinion colombienne d’abord vaguement sympathisante, se retourne. En juillet 2003, la France se rappelle d’Ingrid et intervient en envoyant une équipe médicale et un groupe de « diplomates » dans un avion militaire. Pour faire quoi ? Comment ? On ne le saura jamais. L’avion se pose à d’abord Manaus (Brésil) pour faire le plein de kérosène avant d’aller à Cayenne, en Guyane. Sur le tarmac, les français se trahissent par un comportement suspect et refusent l’accès de l’avion aux policiers brésiliens, lesquels flairent alors un coup tordu. Le président Lula est averti. Complications diplomatiques. Le lendemain un journal brésilien révèle le pot aux roses, ce qui fait capoter l’affaire. Villepin présente ses excuses.
    Depuis, on en est resté là. Sauf que l’affaire est devenue largement médiatique. L’opinion française se partage entre ceux qui estiment que ce n’est pas notre affaire (Ingrid a bien cherché ce qui lui est arrivé) et ceux émus par le martyr que subit une femme* – tout de même. A la marge, une minorité d’agitateurs se répand en clabaudages contre les États-Unis et les groupes dits « paramilitaires », et bien sûr, contre Urube en tant « qu’agent de l’impérialisme ». Depuis un siècle, le verbiage gauchiste n’a pas varié d’un iota. Les intellos sont partagés aussi. Dans Le Point, BHL pense qu’il faut se résigner à accorder aux FARC ce qu’ils réclament : le statut de « belligérants » ; c’est-à-dire de combattants réguliers et non de terroristes. Mais du coup ce serait leur reconnaître aussi une légitimité territoriale. Ce qui est impossible. Aucun État de droit ne peut, ni n’a jamais accepté, sinon sous la contrainte, de renoncer à sa souveraineté. C’est comme si la France reconnaissait le statut de « combattants » aux encagoulés corses ! Décidément nos intellectuels ne changeront jamais.
    Un drôle de lascar apparaît alors. Il s’appelle Fabrice Delloye. C’est l’ex-époux. Ils sont divorcés depuis 18 ans.* C’est lui le père de Mélanie et de Lorenzo. Toujours présenté comme « l’ex-mari », ce drôle d’oiseau ne va pas cesser sur toutes les chaînes de télé d’injurier le président Urube, l’accusant d’être une créature des américains, d’être le complice des milices parallèles et d’empêcher la libération des otages pour des raisons politique intérieure. (On retrouve les mêmes propos dans les feuilles d’extrême-gauche). A l’entendre, on eut cru vraiment que c’était le président colombien qui détenait Ingrid, que les gentils révolutionnaires faisaient tout pour la libérer. Trop, c’est trop. L’opinion s’interroge, puis s’émeut enfin. Il est qui, il représente quoi, il roule pour qui, ce type ? Les gens, indignés, téléphonent aux rédac-chefs des journaux et des télés, on intervient dans les forums et les blogs des hommes politiques. Depuis, Delloye semble s’être un peu calmé. En haut lieu, on a dû lui les remonter les bretelles et le prier de mettre un bémol à son militantisme déplacé. Et à Amélie et Lorenzo, qui tenaient le même genre de propos, aussi.
    Et là-dessus, il y a eu les casseurs de vitrines de Lhassa, le « réincarné » dalaï-lama, les conneries de manifs antichinoises, nos gamins des lycées qui jouent à mai 68, et le Ponant au large de la Somalie. La marine de guerre mobilisée pour capturer huit flibustiers. On a oublié Ingrid Betancourt. Et les autres. Tous les autres. Et ainsi va la vie.
    *Il n’a pas lieu de chipoter sur le format présumé d’une photo qui la représente extrêmement affaiblie. Je ne saisis pas bien le sens de cette remarque.
    **L’actuel mari d’Ingrid est tellement incolore que personne ne le connaît ni ne sait son nom.
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  8. richard83

    16/04/2008

    N’y a t il pas de bi nationaux dans notre gouvernement?? et combien dans nos politiques…
    pour mémoire, il y a quelques années, quand le service national existait encore… les bi nationaux pouvaient choisir le pays ou ils effectueraient leur service..c’est pas beau ça??

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  9. Kormin

    16/04/2008

    Palme du pire article sur le sujet Betancourt !

    Le passage sur "l’ancien mari" est tout bonnement délicieux !

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