Irak : incohérence criminelle de François Hollande

Posté le août 27, 2014, 10:20
6 mins

Du plan international, s’il n’y avait qu’une chose à retenir de l’entretien de François Hollande au « Monde » (édition du 21 août), ce serait son entêtement à soutenir les prétendus « rebelles syriens » – alors même qu’il dénonce les exactions de l’État islamique, qui constitue l’une des forces les plus importantes de ces « rebelles ».

« Si, il y a un an, dit-il, il y avait eu une réaction des grandes puissances à la hauteur de l’utilisation [par Bachar Al-Assad] des armes chimiques, nous n’aurions pas été face à ce choix terrible entre un dictateur et un groupe terroriste, alors que les rebelles méritent tout notre soutien. »

Il n’y a toujours pas de preuve que ces armes chimiques aient été utilisées par Bachar Al-Assad plutôt que par les « rebelles » – entre les mains desquels plusieurs dépôts d’armes sont tombés.

Mais ce qui est le plus impressionnant, c’est de maintenir, aujourd’hui encore, que les « rebelles syriens méritent tout notre soutien ».

Voici trois ans et demi que la guerre civile a commencé en Syrie et il y a au moins deux ans que les islamistes radicaux – pour la plupart non syriens – dominent largement l’opposition à Bachar Al-Assad. Mais M. Hollande rêve toujours d’étendre l’enchanteur « printemps arabe » à la Syrie.

Mieux, le président affirme avoir livré des armes à la « rébellion syrienne démocratique ». On s’attendrait pres­que à ce qu’il annonce que ces armes vont « vraiment » servir la « démocratie » et que, pour s’en assurer, il a fait apposer des autocollants « Peace and Love » dessus !

Sérieusement, de qui se moque-t-on ? Livrer des armes aux « rebelles syriens », aujourd’hui, c’est livrer des armes à l’État islamique.

Ce qui me stupéfie le plus en écoutant les dirigeants occidentaux, et tout spécialement François Hollande, c’est leur incohérence : on ne peut pas à la fois dénoncer la barbarie de l’État islamique et livrer des armes, dont on sait pertinemment qu’elles finiront dans les mains de ces terroristes.

De la même façon, il est un peu léger – pour ne pas dire plus – de dire, à la façon de Barack Obama, que l’État islamique est un cancer à éradiquer, alors que l’on a tout fait pour le financer, l’armer et l’organiser…

En lisant cet entretien de François Hollande, on ne peut s’empêcher de songer au mot de Bossuet : « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. »

À force de s’interdire toute réflexion sur la nature de l’islam radical, voilà où on en est arrivé.

Il est vrai que l’indifférence du président Hollande pour les questions religieuses ne l’aide pas à comprendre le monde contemporain. D’autant que son intérêt pour les questions politiques s’arrête aux manipulations politiciennes et électorales – qui ne doivent guère passionner le « calife » Ibrahim !

À lire les « élites » françaises, dont François Hollande est, hélas, une parfaite incarnation, l’islam serait, com­me toutes les religions, une aimable survivance de temps archaïques, dont les fidèles seraient admirablement pacifiques. Et cette harmonie serait mise en péril par les « intégristes » – de toutes les religions.

Le problème, c’est que l’islam n’a rien à voir avec le christianisme. Leurs conceptions de la divinité sont très différentes (le Dieu trinitaire des chrétiens est, par définition, relation et amour, alors que le Dieu refusant tout « associationisme » des musulmans ne permet pas de penser que quelque chose existe en dehors de lui).

Et, au plan pratique, on peut bien critiquer les « intégristes » catholiques, mais il serait assez difficile de mettre à leur actif des milliers de morts chaque année !

Il faut donc dire et redire que l’islam radical est un totalitarisme politico-religieux qui n’a rien à envier au bolchevisme ou au national-socialisme. Il va de soi que tous les musulmans ne sont pas des sauvages assoiffés de sang. Mais il faut aussi constater que leurs condamnations des exactions radicales sont aussi rares que timides. Pour une raison simple, aucune autorité en islam n’a le pouvoir de dire que l’interprétation du coran par le « calife Ibrahim » est fausse.

Et que l’on ne croie pas que ces questions sont purement théologiques ou ne concernent qu’un lointain Orient. Écoutons plutôt l’avertissement de Mgr Nona, archevêque de Mossoul, qui a payé cher le droit de parler net et fort : « Nos souffrances d’aujourd’hui constituent le prélude de celles que vous, Européens et chrétiens occidentaux, subirez aussi dans un proche avenir. »

Et, là aussi, l’incohérence de François Hollande – qui dénonce là-bas le fanatisme islamiste, mais l’encourage chez nous – est lourde de sinistres conséquences. 

Guillaume de Thieulloy

11 réponses à l'article : Irak : incohérence criminelle de François Hollande

  1. mps

    05/09/2014

    Bachar n’a jamais utilisé la moindre arme toxique, et n’oublions pas l’interdiction faite aux enquêteurs de l’ONU de tracer la provenance du gaz dont ils trouveraient trace !

    Un coup monté pour déstabiliser la Syrie, avec parfum d’oléoduc en arrière plan …

    Les Croisés ont plus de morts sur la conscience que la cigarette, le virus Ebola et les accidents de la route mis ensemble.

    Quant à Normal Ir, il ne peut à la fois réfléchir à ses crimes, et envoyer des textos à ses copines !!!

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  2. Hilarion

    03/09/2014

    Assad qui est tout sauf idiot, aurait utilisé des gaz de combat quelques jours seulement après que « la communauté internationale » l’ait menacé d’une intervention militaire en cas précisément de leur utilisation. Il est de toute évidence que les seuls ayant intérêt à utiliser ces gaz étaient les rebelles pour en faire accuser Assad. On ne peut pas penser qu’Hollande soit stupide au point de ne pas l’avoir compris.

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    • Jaures

      03/09/2014

      Assad a bien fait puisqu’ il n’a souffert d’aucune sanction ou représailles et a terrorisé un peu plus les populations civiles.
      Par contre on ne voit pas trop ce qu’auraient gagné les rebelles à gazer sa population sachant que les EU avaient déjà prévenu qu’ils ne s’engageraient pas militairement dans ce conflit et que la Russie n’aurait jamais voté la moindre sanction.
      D’ailleurs, qui parle encore de cette affaire ?

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  3. Tactac29

    30/08/2014

    Bonjour, Fana mili et ancien militaire, j’ai perdu une revue « Raid » je crois, qui annonçait un an avant (un an!!) que les rebelles avaient, selon la CIA et les services français, des gaz toxiques, et qu’ils les utiliseraient pour faire accuser Bachar.
    Lequel Bachar n’est pas un ange mais un vrai dictateur, comme Saddam. Mais la stupidité de FH (aïe, je vais être convoqué au tribunal de Cayenne!) fait que nous sommes tombé de Charybde en Scylla! Et FH s’est ridiculisé en menaçant avec ses petits poings alors que l’anglais et le ricain qui avait lancé l’affaire se désistaient. La France est tombée bien bas. Aux chiottes de l’histoire FH

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  4. vozuti

    28/08/2014

    Le sondage, selon lequel 16% des français(27% des 18_24 ans) sont favorables aux terroristes de l’état islamique, montre que même les musulmans non pratiquants soutiennent la violence islamique.
    Cela montre que le transfert de populations musulmanes vers la France,qui est le projet principal de l’umps depuis quelques décennies,est une bombe à retardement qui ne manquera pas d’exploser.
    En ce qui concerne les « extrémistes » chrétiens (les traditionalistes), non seulement ils ne tuent personne mais on peut aussi remarquer qu’ils ont refusé de se salir dans les dérives franc-maçonnes du vatican et tous les scandales de pédophilie et de corruption qui vont avec.

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  5. DeSoyer

    27/08/2014

    Malheureusement, Monsieur de Thieulloy, vous avez raison sur de nombreux points.

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  6. JEAN SANS PEUR

    27/08/2014

    Y a-t-il à bord un islamiste ceinturé d’explosifs capable de saluer à l’Elysée Hollande qui pue??? Pour son dernier voyage Il aura droit au double de vierges et autant de Whisky payé (comme toujours) par le contribuable français qui s’en fera un plaisir!!!

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  7. Jay

    27/08/2014

    Hollande est aussi clairvoyant en politique extérieure qu’en politique intérieure. Très cohérent en quelque sorte.
    Il nous conduit à la catastrophe. Ce dont il se fout royalement (sic).
    Il détruit notre économie, désarme la nation, ouvre les frontières, favorise nos ennemis, divise le peuple.
    Le jour où il sera chassé du pouvoir il faudra le juger. Mais pas de magistrat corrompu, un jury populaire.

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    • Daniel D

      29/08/2014

      « Un jury populaire » avec un fonctionnement démocratique chargé de juger les traitres… C’est dèjà nécessaire et c’est une des rares issues.

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  8. HansImSchnoggeLoch

    27/08/2014

    Le président normal a son propre Irak ici au 93.
    Peut-être devrait-il s’occuper de ce problème avant de s’ingérer dans les affaires d’autres pays.

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    • Rouletabille

      28/08/2014

      En politique extérieure Hollande ne fait qu’exécuter les ordres du patron, les USA. La cohérence n’est pas son souci car il est discipliné.

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