Israël : l’État à l’étoile jaune

Posté le mai 01, 2013, 10:55
6 mins

Depuis les crimes horribles commis par Mohamed Merah l’an dernier à Toulou­se, la France connaît une remontée du nombre d’actes antisémites qui n’a pas de précédents depuis la deuxième guerre mondiale.

Les dirigeants politiques, de droite comme de gauche, condamnent, bien sûr, et disent que l’antisémitisme est une abomination, mais ils en restent à des termes flous et sont visiblement réticents, dès lors qu’il s’agit de se faire plus précis.

L’essentiel des actes antisémites commis en France depuis des décennies, désormais, se trouve commis, de fait, non pas par des gens venus d’une extrême droite nostalgique du temps d’Hi­tler, de Mussolini et de Pétain, mais par des gens relevant de l’antisémitisme musulman. Or, dénoncer l’antisémitisme mu­sulman est devenu impossible en France.

L’essentiel des actes antisémites commis en France se trouve commis aussi par des gens qui lient leur antisémitisme à une haine de l’État juif, Israël. Or, dénoncer les conséquences et la dimension antisémite de la haine de l’État juif est devenu plus impossible encore.

Une alliance faite de silences lâ­ches, de convergences ina­vouées, de détestations orientées dans une direction bien précise prend place. Aux articles et aux livres imprégnés d’une bile antisioniste, avouée ou inavouée, s’ajoutent les considérations électorales et la volonté de ne pas froisser une communauté qui représente désormais plus de 15 % de la population. Aux considérations électorales s’ajoutent les peurs d’émeutes ou d’attentats, des fa­çons communes de regarder le monde et de détester les sociétés ouvertes et la civilisation occidentale.

Il en résulte une atmosphère de plus en plus irrespirable qui met en péril non seulement la continuité d’une présence juive en France, mais aussi la survie de la France elle-même.

C’est pour dénoncer cette atmosphère que j’ai écrit un nouveau livre : « L’État à l’étoile jaune ».

Je commence par y souligner le poids de l’antisémitisme depuis des siècles dans les cultures françaises et européennes et la signification absolument destructrice de l’antisémitisme, qui est toujours, partout, signe de fermeture, de ressentiment et d’appétit de destruction.

J’ajoute qu’Auschwitz n’a été possible que par des siècles d’accoutumance au pire.

J’ajoute aussi que, comme l’a dit un auteur espagnol voici quel­ques années, l’Europe est morte à Auschwitz. Elle a, depuis, tenté de renaître. Si aucun sursaut ne se dessine, elle pourrait mourir une seconde fois et ne plus se relever.

Je continue en rappelant comment, très précisément, est né Israël, ce qu’est Israël, très loin des caricatures ignobles, ce qu’est véritablement la « cause palestinienne », comment se sont tissés les liens de mensonge et de tentation totalitaire entre nationalistes arabes teintés de national-socialisme, islamistes, marxistes et léninistes qui ont créé la haine d’Israël et l’ont, dès le commencement, gorgée d’antisémitisme.

Et j’explique en quoi la haine d’Israël est une haine des sociétés ouvertes, de la démocratie, de la vision humaniste de l’être humain et du respect du droit des peuples. En laissant monter cette haine, ce sont nos sociétés elles-mêmes qu’on laisse détruire.

Je termine en traçant des perspectives géopolitiques. N’en déplaise aux adeptes de la haine, Israël monte en puissance et le monde musulman est en phase d’effondrement.

L’Europe est à la croisée des chemins et doit, si elle le peut encore, choisir. Ou bien elle continuera dans la voie où elle est engagée et, dans ce cas, le crépuscule actuel laissera bientôt place à la nuit et au chaos. Ou bien elle prendra la voie du redressement et le redressement impliquera pour elle d’en finir avec l’antisémitisme et avec la haine d’Israël.

Le choix est là, dès aujourd’hui…

Guy Millière
L’État à l’étoile jaune
Tatamis

180 pages – 16 €

http://www.tatamis.fr/sites/journalisme/article/article.php/id/111538

28 réponses à l'article : Israël : l’État à l’étoile jaune

  1. Jaures

    09/05/2013

    Cher Anomalie, je suis admiratif du soin avec lequel vous construisez votre fiction. Certes, dés qu’on apporte des précisions historiques, celle-ci s’écroule. Ainsi, je ne suis pas sûr que vous ayez avancé comme une boutade que les compagnons de Lénine n’étaient pas membres du mouvement ouvrier mais seulement parce que cette réalité ruine votre argumentaire: tous les révolutionnaires de 1917 étaient militants de longue date du mouvement ouvrier dans ses différentes tendances quand aucun des membres de la garde rapprochée de Hitler y avait fait oeuvre même de figuration. L’origine sociale est purement anecdotique: je n’y fais allusion à propos de Himmler essentiellement parce que sa connaissance du milieu religieux sera utile à Hitler. Mais je le répète, quelle que soit son origine, aucun dignitaire nazi n’a appartenu de près ou de loin au mouvement ouvrier.
    Je confonds mouvement ouvrier et socialisme car ce dernier en est l’expression politique et vous faîtes d’ailleurs à ce propos une nouvelle erreur. Il y eût effectivement les tendances sociale-démocrate et marxiste du mouvement ouvrier, mais la 3ème n’est en rien un hypothétique ‘socialisme-national », mais la tendance libertaire. Ce qui nous permet de dégager ces tendances est que chacune a disposé de ses théoriciens qui se sont confronté aux autres et ont disposé des leur traduction politique et syndicale. Les théoriciens s’interpellent, discutent, s’allient, se réfutent, se combattent. Ils s’allient en 1917 et se combattent une fois au pouvoir. Ils sont concurrents dans les démocraties d’entre deux guerres mais s’allient contre le nazisme, le fascisme et la collaboration.
    Sur Déat et Doriot, j’ai écrit plus haut ce qu’il y avait à en dire. Il est vrai qu’ils ont un temps été membres du mouvement ouvrier mais ils s’en sont écartés. Pour Déat, au parcours complexe, vous pouvez aussi bien dire qu’il vient de la SFIO dont il fût député avant d’être exclu, qu’il vennait du gaullisme (il fut ami du général qui le portait en haute estime avant 1940), ou du sionisme (il fut proche de la LICA dont nombre de membres furent ses amis). Comme Doriot, il s’agit de parcours individuels dont on peut trouver dans ces temps obscurs des exemples dans tous les sens. Les changements à 180° de l’engagement ne sont pas rares en politique. Pour rester en terre connue, Revel fut membre du Parti Socialiste avant, à près de 50 ans, de devenir un chantre du libéralisme. Millière a, jusqu’au début des années 80 été un relativiste de gauche. On peut évidemment trouver des exemples dans le camp opposé. Il s’agit là de destins individuels qui n’influent en rien le mouvement de l’Histoire.
    Vous évoquez Henri de Man mais celui-ci s’est inscrit dans la critique sociale-démocrate du marxisme. Il n’est en rien un théoricien d’un « socialisme national ». C’est même l’inverse. Dans son ouvrage « Nationalisme et socialisme » il met en garde que le mécontentement social ne se transforme en « nationalisme contre d’autres nationalismes ». Il précise: le socialisme doit lutter « pour la nation, contre le nationalisme, en libérant toutes les nationalités il rendra superflu tous les nationalismes ». De Man donne ainsi la nuance entre patriotisme et nationalisme qui animera la résistance. Son égarement au début de la guerre ne l’a pas conduit aux côtés du nazisme mais à l’exil en Suisse en 1941.
    On constate donc deux éléments. D’une part, aucun dignitaire nazi ne vient du mouvement ouvrier (contrairement aux révolutionnaires de 1917 qui en sont tous issus). D’autre part, les quelques personnalités qui ont un temps fait parti de ce mouvement ne se sont ralliés à la collaboration (dans le contexte français) qu’après avoir été exclus de leur parti et chacun avec un parcours individuel singulier. Ces ralliements ne se sont appuyés sur aucun courant socialiste historique, ni sur aucun apport militant issu des mouvements ouvriers politiques ou syndicaux.
    Vous avez les mêmes difficultés à dégager un théoricien d’un hypothétique « socialisme national » qu’a pu rencontrer Hitler pour se trouver des racines dans le mouvement ouvrier. Il n’en cite aucune alors qu’elles auraient pu lui permettre de faire de l’entrisme dans le monde syndical.
    Ce que j’avance n’est en rien pollué par le militantisme. Mon appartenance au socialisme ne m’empêche pas de considérer l’épisode stalinien comme un des pires moments de l’Histoire. Si un courant nationaliste existait ou avait existé, je me ferait un devoir de le dénoncer. Mais ce n’est pas le cas.
    A l’inverse, vous vous inscrivez dans une mouvance qui vise à entrer arbitrairement le nazisme dans le mouvement ouvrier afin de faire oublier à quel point les partis de droite et le capitalisme européen (et partiellement américains) s’y sont vautrés quand leurs intérêts à court terme leur semblaient liés à ceux d’Hitler.

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  2. Jaures

    08/05/2013

    « Enfin, sur la garde rapprochée de Lénine, qui serait issu du mouvement ouvrier ? ». Par cette simple question, Anomalie, vous mettez le doigt sur le problème. Votre évidente méconnaissance du mouvement ouvrier, de ses fondements idéologiques et de son histoire, vous amène à de continuels contresens.
    Les leaders de la révolution de 1917, autour de Lénine n’ont pas connu d’autres engagements que la lutte au sein du mouvement ouvrier.
    Kamenev n’a pas 20 ans quand il s’engage dans la tendance sociale-démocrate du socialisme, comme Boukharine. Zinoviev rencontre Lénine au même âge et s’engage au parti bolchévik. Trotski s’engage encore adolescent dans le syndicalisme et est immédiatement emprisonné. Staline enfin rompt très jeune avec sa famille religieuse et s’engage dans le POSDR à 20 ans.
    Non seulement tous les compagnons de Lénine sont issus du mouvement ouvrier mais ils n’ont connu que lui.
    Si Staline s’est brutalement débarrassé de ses rivaux après la mort de Lénine, il l’a toujours fait en se référant au mouvement ouvrier, tout comme des chrétiens ont pu accomplir les pires exactions en se référant aux évangiles.
    Vous dîtes que le « socialisme national irrigue tout le XIXème siècle » mais alors qui l’incarne ? Pourquoi Hitler ne se réfère-t-il jamais à cette éventuelle lignée ? Quels sont les militants socialistes issus de ce courant qui rejoignent Hitler ?
    Vous faîtes ensuite la confusion avec les « fascistes français » en recourant à des statistiques hasardeuses (d’où viennent ces 80% ?). Tout d’abord, on ne peut assimiler la collaboration avec le fascisme. Si des courants néo-fascistes ont participé à la collaboration, les motivations étaient extrêmement diverses. Si des anciens communistes ont participé à la collaboration, ce n’était certainement pas en tant que communistes puisque le parti était interdit. C’est le courant pacifiste socialiste (Paul Faure) qui, par dépit, soutient Vichy. L’immense majorité des militants entrera en résistance. Le cas de Déat est plus complexe puisqu’il fera parti des comités antifascistes, sera un ami de De Gaulle et un militant pro-juif proche de la LICA avant de se rallier à Pétain. Quant à Doriot, il est exclu dés 1934 du PCF et le PPF n’est pas un « sas » vers la collaboration mais déjà un parti d’extrême droite qui combat le Front Populaire.
    Que ces personnalités, pour des raisons diverses, avec des parcours complexes se soient ralliées à la collaboration est exacte, mais ce n’est jamais en tant que représentant d’un courant du mouvement ouvrier qu’elles l’ont fait. D’ailleurs, très peu de militants les ont suivis.
    Enfin, votre conclusion abonde dans mon sens. Le socialisme est lié intimement à la lutte des classes. Que celle-ci s’exerce par la négociation ou la lutte armée, le fondement économique du socialisme est le partage équitable des richesses produites. Le nazisme est un parti élitiste et conservateur qui souhaite que le pouvoir demeure entre les mains des possédants (sauf les juifs) et des dirigeants du Parti. Comme vous dîtes, ces deux catégories sont amenées à faire bon ménage et, de fait, elles se sont partagé le pouvoir avec célérité.
    Le nazisme n’est donc en rien un courant du mouvement ouvrier. Il est une émanation de l’hyper nationalisme et de l’antisémitisme allemand aux profondes racines historiques. Le contexte de l’après guerre et l’alliance opportuniste avec les partis de droite et la bourgeoisie industrielle qui craignait la force du mouvement ouvrier lui ont permis de prospérer.
    A l’issue de la guerre, le mouvement ouvrier a continué sans qu’un hypothétique « courant nationaliste » s’affirme ou réapparaisse. Et pour cause: il s’agit là d’une chimère.

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    • 08/05/2013

      Je suis sensible à votre volonté de vouloir pallier à ma méconnaissance ! Les lecteurs seront juges, arguments contre arguments.

      Ce que vous appelez « ma méconnaissance », je l’appelle « votre partialité militante ». Et ce que vous appelez « continuels contresens », je l’appelle « refus de voir une réalité dérangeante ».

      Ce que je pointe du doigt, c’est une certaine rhétorique dont vous usez et abusez : transformer mes mots pour les remplacer par les vôtres, afin de ne pas avoir à y répondre. Si je vous coince dans un endroit avec une réalité que vous ne connaissez pas (« le socialisme national »), vous vous faufilez dans un autre endroit en parlant cette fois de « mouvement ouvrier » pour éviter d’y répondre. Pourtant, les exemples abondent, mais plutôt que les voir, vous les relativisez, minimisez, voire niez.

      Ainsi, lorsque je pointais, par boutade, l’absence de membres du mouvement ouvrier dans la garde rapprochée de Lénine, c’était uniquement pour répondre aux exemples que vous utilisiez pour justifier l’absence de membres du mouvement ouvrier dans l’entourage de Hitler. Vous écriviez : « Himmler est issu de la bourgeoisie catholique ». Certes. Et Lénine était un intellectuel grand-bourgois, issu d’une famille très aisée, titulaire d’un diplôme d’avocat ! Je doute qu’il ait longuement serré des boulons dans une usine de Novgorod. L’entourage de Hitler, tout comme l’entourage de Lénine, constituait une certaine élite intellectuelle et sociale.

      Bref, le débat sera d’autant plus intéressant si vous n’usez et n’abusez de faux syllogismes.

      Puisque manifestement la réalité du socialisme national échappe à votre culture socialiste, quelques rappels historiques.

      Au mode de vie bourgeois et au socialisme démocratique, les socialistes nationaux opposent une éthique nouvelle, qui se veut créatrice d’un monde nouveau, viril, héroïque et puritain, un monde fondé sur le sens du devoir et du sacrifice, dominé par une puissante avant-garde alliée à une jeunesse assoiffée d’action. Bref, à une forme de pré-fascisme.

      Le processus de transition d’une certaine forme de socialisme vers le fascisme a été favorisé par la longue préparation idéologique, la lente imprégnation d’une fraction du socialisme français par la révision antimatérialiste du marxisme, par la poussée de la synthèse socialiste-nationale, par la recherche d’une révolution nouvelle, une révolution spirituelle et morale.

      La Grande Guerre, matrice tragique d’où a jailli tout le XXe siècle, a été en même temps le catalyseur permettant de transformer en force historique ce bouillon de culture idéologique issu du XIXe siècle, cette synthèse qui dépasse et enjambe les clivages traditionnels.

      En 1920 se dressent alors face à face trois formes de socialisme aux idéologies irréconciliables : un socialisme réformiste et démocratique (social-démocrate), un socialisme marxiste (appelé communisme) et un socialisme national. Face au socialisme démocratique, qui s’est corrompu dans l’Union Sacrée, et au socialisme marxiste qui s’est dans son immense majorité donné au bolchevisme russe s’élève la révolte d’un socialisme national qui devait amener à sa conclusion logique à la faveur de l’Histoire : la rencontre avec le national-socialisme allemand.

      Ceux que l’on a appelé les « fascistes français » pendant l’Occupation, les ultra-collaborationnistes parisiens (à ne pas confondre avec les tenants d’une forme de conservatisme et de cléricalisme qui se recrutent au sein de l’extrême droite antisémite et dont Pétain et son entourage sont la figure typique), sont en effet à 80% issus des rangs de la gauche socialiste ou communiste.

      C’est à l’initiative de Georges Valois que naît en France en 1925 le premier parti authentiquement fasciste hors d’Italie, le Faisceau. Militant anarchiste et dreyfusard, ancien-combattant, Valois avait derrière lui un parcours politique qui était à lui seul une synthèse des racines idéologiques du fascisme. Dès la création de son mouvement, il affirma sa filiation avec le boulangisme, le conservatisme, mais également avec le socialisme pré-marxiste de Blanqui et de Proudhon. Pour Valois, qui continuait ainsi l’œuvre du Cercle Proudhon brisée par la Guerre, l’essence du fascisme réside bien dans cette « fusion du nationalisme et du socialisme », dans cette « grande révolution constructive » qui annonce « la naissance d’une forme nouvelle et progressive de civilisation, anti-individualiste et anti-libérale », dans le cadre d’une nation solidaire . Selon lui, les marxistes, par leur mainmise sur le mouvement socialiste, étaient responsables de la dérive internationaliste du Parti et de son syndicat, la CGT. À la lutte des classes, Valois substituait le nationalisme intégral et la collaboration de classe, unis dans une forme de socialisme transcendant tous les clivages politiques et sociaux. Conscient de l’impuissance des marxistes à fédérer les énergies révolutionnaires au-delà de la classe ouvrière et prenant acte a contrario du gigantesque potentiel mobilisateur révélé par le fait national, il en déduit logiquement que le moteur de l’Histoire devait être non plus la classe, mais la nation, dialectique que reprendront les nationaux-socialistes allemands en remplaçant cette fois la nation par la race.

      Valois appartenait à cette génération des fascistes « naïfs » qui refusaient de sacrifier au conservatisme le contenu socialiste du fascisme ; il s’éloignera d’ailleurs de Mussolini pour retourner au syndicalisme révolutionnaire, avant de mourir en déportation pour faits de Résistance. Mais Valois reste une exception : le chemin suivi par les autres socialistes-nationaux devait les conduire tout droit à Berlin. Dans la voie tracée par Sorel s’engage la nouvelle génération révisionniste incarnée par le Belge Henri de Man, vice-président du Parti Ouvrier Belge. Son ouvrage majeur, Au-delà du marxisme, publié en 1926, aura un énorme succès : traduit en treize langues, il fera de son auteur le théoricien socialiste le plus controversé de la décennie. Pour de Man, avec lequel revient cette forme de révisionnisme qui consiste à vider le marxisme de son contenu matérialiste et à le remplacer par diverses formes de volontarisme et de vitalisme, les forces profondes sont celles de l’inconscient et l’humanité marche à coups de mythes et d’images.

      Voilà pourquoi ce courant de pensée peut concevoir la révolution non plus comme une révolution sociale et économique mais comme une révolution psychologique, morale et spirituelle. Tout au long des années 1930, de Man accentue sa campagne à la fois contre le marxisme et contre le parlementarisme, et ce n’est pas un hasard si, en juin 1940, devenu le successeur d’Emile Vandervelde à la tête du socialisme belge, il accueille la victoire nazie comme une « délivrance » et comme la naissance d’un nouveau monde régénéré.

      Le cas le plus emblématique de ce transfert du socialisme au national-socialisme est le Français Marcel Déat, compagnon de route idéologique d’Henri de Man, et chef de file de ceux que l’on a appelé les néo-socialistes. Admirateur de Jaurès, Marcel Déat adhéra à la SFIO avant 1914, s’opposa avec vigueur à l’idéologie bolchevique au Congrès de Tours en 1921, et gravit rapidement les échelons du Parti jusqu’à être pressenti comme le poulain de Léon Blum.

      Il développa pour la première fois ses thèses dans un ouvrage paru en 1930, Perspectives socialistes. Il y refusait l’aspect matérialiste du marxisme et prônait une conception éthique du socialisme, tout imprégnée des idées de Nietzsche et des influences de l’anarcho-syndicalisme sorélien. Sa pensée se développa ensuite dans une centaine d’articles que donne le député du XXe arrondissement de Paris à la Vie socialiste, la revue doctrinaire de la droite de la SFIO. Il rompait clairement avec le réformisme social-démocrate en faveur d’un socialisme redevenu réactionnaire et anti-libéral. Sous la formule Ordre, Autorité, Nation, il tenta à partir de ce moment de réformer la SFIO de l’intérieur et d’évincer Léon Blum de la direction ; entré en dissidence ouverte, il est chassé du Parti le 5 novembre 1933 et fonde alors le Parti Socialiste de France (PSdF) avec Barthélémy Montagnon et Adrien Marquet, qu’il organise en s’inspirant des techniques politiques du NSDAP.

      Dépassant Marx et la lutte des classes, à l’instar de Valois, il développe un socialisme qui ne devait plus être un instrument de libération de la classe ouvrière mais une doctrine permettant à la civilisation humaine dans son ensemble de parvenir à avancer dans la voie du progrès et de la modernité. Ce trait caractéristique détermine l’une des constantes des mouvements fascistes et socialistes-nationaux : un élan de la jeunesse révolutionnaire tournée avec force contre les tenants de l’ordre ancien, la frilosité des milieux bourgeois et catholiques.

      Naturellement, à la faveur de la guerre, Marcel Déat embrasse les thèses nazies et s’engage dans la collaboration totale avec le Reich allemand, dans lequel il croit reconnaître ce socialisme régénérateur de la civilisation européenne. Il crée le RNP (Rassemblement National Populaire) et évolue de plus en plus vers une opposition frontale avec l’extrême droite conservatrice et traditionaliste incarnée dans le Vichy de Pétain.

      Parallèlement à Déat, Jacques Doriot emprunte un parcours similaire : enfant chéri du PCF, dirigeant des Jeunesses Communistes, occupant de hautes fonctions dans le Komintern, il se voit cependant préférer Thorez à la direction du Parti par Moscou. Révulsé par les consignes « classe contre classe » de l’Internationale Communiste qui préconisent la lutte à mort contre les sociaux-démocrates (technique qui a aidé Hitler à prendre le pouvoir en Allemagne), il fonde le PPF, Parti Populaire Français, véritable parti plébéien anti-soviétique, qui deviendra un vrai parti de masse dans l’immédiat avant-guerre, le troisième parti de France. Comme Déat, son anticommunisme forcené, son pacifisme né des horreurs de la Grande Guerre et son amour mystique d’une patrie purifiée de ses éléments anti-nationaux le poussent vers la collaboration totale avec l’Occupant et vers la fondation de la Légion des Volontaires Français contre le Bolchevisme (LVF).

      Si la tentative de syncrétisme entre un socialisme révolutionnaire anti-marxiste et un nationalisme autoritaire semble prendre en France toute sa mesure, dans le continuum des bouleversements idéologiques du XIXe siècle, le même schéma s’applique également à l’Italie et à la Grande-Bretagne.

      Le fondateur du fascisme lui-même, Benito Mussolini, est un pur produit du socialisme transalpin. Dès 1902, le futur Duce est encarté à la section locale du Parti Socialiste de Romagne, dont il devient un fervent propagandiste ; de 1910 à 1914, remarqué par ses talents d’orateur et d’agitateur, il gravit rapidement les échelons et de leader socialiste provincial, il devient le chef de la gauche révolutionnaire du Parti Socialiste Italien (PSI) et directeur de l’organe officiel du Parti, Avanti ! À la veille de la guerre, ses positions interventionnistes et nationalistes se heurtent à la ligne pacifiste du Parti, dont il est exclu en novembre 1914. Son socialisme de combat, national et vitaliste, préfigure ce que sera le premier fascisme des brigades noires.

      La convergence fasciste opère également en Grande-Bretagne avec la recherche d’une troisième voie en réponse aux apories du capitalisme et du marxisme. Oswald Mosley est en 1930 l’un des plus brillants ministres travaillistes du gouvernement MacDonald. Comme Déat qui avait lui aussi d’abord lutté pendant trois années au sein de la SFIO pour l’adoption d’un programme socialiste national, Mosley s’emploie à entraîner le Parti travailliste, en vain. C’est alors qu’est fondé en 1932 le seul parti fasciste britannique, le British Union of Fascists (B.U.F.) sur un programme désormais classique : « Si vous aimez notre pays vous êtes national, si vous aimez notre peuple vous êtes socialiste ».

      En somme, Jaurès, l’Histoire est complexe, très éloignée des réécritures militantes, et plus éloignée encore d’un monde en noir et blanc.

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  3. 07/05/2013

    Jaurès écrit : « On voit donc bien que le lien entre socialisme et nazisme n’est qu’un fantasme que rien de sérieux n’étaye ».

    Je ne suis, bien sûr, pas d’accord, cf mes différents commentaires sur ce fil qui, au contraire, l’étayent abondamment, foin de tout fantasme ! Je ne reviendrai donc pas sur ce point précis. Sauf pour préciser une fois encore que jamais sous ma plume vous ne lirez que le socialisme est LA source du nazisme, mais bien que le socialisme (une certaine forme de socialisme) est l’UNE de ses multiples sources politiques. Mes arguments sont posés ici, vos contre-arguments également, ne revenons donc pas dessus pour éviter les sempiternels dialogues de sourds.

    Jaurès écrit : « le fait qu’il ait existé des nationalistes parmi les socialistes ne suffit pas à affirmer qu’il aurait existé pour autant un « courant ». Pour que ce soit le cas, il faudrait que cela soit théorisé, que ce courant trouve sa traduction politique, que celle-ci évolue, trouve sa place dans l’Histoire ».

    C’est exact, sauf que… ce n’est pas ce que j’ai écrit ! Je ne fais pas référence à des « nationalistes parmi les socialistes », mais bien au « socialisme national », ce qui est différent. Et le socialisme national est bien un courant de pensée majeur qui irrigue la seconde moitié du XIXe siècle et qui prend forme politiquement dans le fascisme puis dans le national-socialisme à la faveur du double traumatisme de la révolution bolchévique et du suicide européen de la Grande Guerre. Les « fascistes français » sont à plus de 80% issus des rangs du PCF et de la SFIO, après un passage pour certains par le sas du PSdF de Déat et du PPF de Doriot. Une fois encore, pour anticiper vos contre-arguments, cette réalité n’enlève rien à une autre réalité, celle de l’opposition farouche d’autres socialistes à la Révolution Nationale. Cette réalité témoigne au contraire, et illustre ô combien, que le socialisme est pour le moins pluriel. Songerait-on à dénier au stalinisme l’appartenance au socialisme sous prétexte qu’ils ont traqué, persécuté, massacré, d’autres socialistes d’autres courants (je pense aux trotskistes, mais pas seulement) ? C’est pourtant ce que vous semblez sous-entendre quand vous écrivez que les nationaux-socialistes ne sauraient être considérés comme socialistes dans la mesure où les sociaux-démocrates et les communistes ont été traqués, persécutés, massacrés.

    Jaurès écrit : « Enfin, sur la garde rapprochée de Hitler, qui serait issu du mouvement ouvrier ? »

    Enfin, sur la garde rapprochée de Lénine, qui serait issu du mouvement ouvrier ?

    Il faut également distinguer – toujours – entre les racines idéologiques d’un mouvement et sa pratique politique, entre la clientèle électorale d’un mouvement et ses références mythifiées, entre les options stratégiques circonstanciées et les discours de propagande. Comme je l’écrivais dans un précédent fil, la haine de classe qui fonde le communisme le conduit naturellement à l’élimination méticuleuse des éléments « contre-révolutionnaires » de l’élite industrielle et conservatrice, quand les partis fascistes se les attachent sans mal. Le conservatisme demeure l’élément premier du fascisme dans l’exercice du pouvoir, en ce qu’il constitue le socle idéologique de sa clientèle électorale et sociale : aversion épidermique pour « les Rouges », obsession de la décadence, défense d’un ordre moral intangible, glorification d’une nation éternelle menacée par des agents corrupteurs auxquels l’héritage d’un antijudaïsme millénaire donne naturellement le visage du Juif.

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  4. Jaures

    05/05/2013

    Merci Anomalie pour vos contributions qui n’en sont évidemment pas moins éminemment contestables.
    Tout d’abord, à quoi bon citer des personnalités comme Hayek ou Revel qui, par leur engagement, ont souhaité arbitrairement classer le nazisme dans la lignée du socialisme ?
    Le socialisme possède ses racines idéologiques et culturelles. Les socialistes se réfère à un mouvement d’idées social et laïc qui va de Babeuf à Jaures. Ces idées ont ensuite connu une traduction différente selon le contexte propre à chaque pays. En Allemagne, le socialisme prenait corps dans les partis communiste et social-démocrate.
    Hitler et les nazis ne se sont jamais référés au corpus idéologique socialiste. Comme le relevait Hans, Mein Kampf cite pour modèle Martin Luther, Richard Wagner et Frédéric le Grand, 3 figures du nationalisme allemand et de l’antisémitisme. Aucun des potentats du nazisme ne se référera à l’idéologie socialiste.
    Par ailleurs, comme je le précise dans mes précédents posts, Hitler s’est fait un devoir d’éliminer toutes les organisations de gauche de la manière la plus brutale et s’est allié aux partis de droite: le 23 mars 1933, seul le SPD vote contre la loi sur les pleins pouvoirs. Par ailleurs, comme vous pouvez le lire sur mon précédent post, les grands banquiers et industriels se sont ralliés à Hitler sans états d’âme.
    Enfin, le nazisme n’est en rien laïc. Dieu est cité nombre de fois dans Mein Kampf. « L’homme a découvert dans la nature la notion merveilleuse de cet être tout-puissant dont il adore la loi. » écrit-il.
    On le voit: destruction brutale des organisations de gauche, alliance avec les partis de droite et le capitalisme allemand, références nationalistes, antisémites et mystiques. Rien ne lie le nazisme au courant socialiste.

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    • 06/05/2013

      Pourquoi citer Hayek ou Revel ? Tout simplement parce que ce sont de grands penseurs, dont on peut bien sûr contester les interprétations. Ma question serait plutôt : et pourquoi ne pas les citer ?

      Vous semblez, comme beaucoup, confondre les concepts de gauche et de socialisme. Comme je l’avais écrit dans un précédent fil, il est absolument absurde de considérer le nazisme comme étant « de gauche » (il est tout aussi absurde de le considérer comme « de droite » ; en revanche, la filiation du nazisme avec le socialisme est positivement incontestable. Le socialisme ne se réfère pas uniquement « à un mouvement d’idées social et laïc qui va de Babeuf à Jaures », comme vous l’écrivez. Et c’est là que l’esprit militant brouille votre perception – tout comme l’esprit militant de Guy Millière brouille souvent la sienne.

      Car le nazisme s’inscrit dans la filiation parfaite de l’une des trois branches du socialisme du XIXe siècle : le socialisme national. Ce n’est pas l’essence unique du nazisme, mais réfuter cette essence, c’est aller contre l’hisotiographie et contre l’histoire des idées !

      Ce que l’on appelle communément socialisme était primitivement une doctrine qui s’opposait à l’essor de la bourgeoisie favorisée par la Révolution française, et son corollaire, la poussée du libéralisme et de l’individualisme. Au XIXe sicèle, toute une frange du socialisme se construit sur le rejet du nouveau monde bâti sur le capitalisme autour de l’individu, et associe les Juifs à cette destruction du corps social.

      Au niveau des symboles et des représentations collectives, le dur langage employé par Marx dans Les luttes de classes en France, l’une des œuvres les plus connues des militants français, concourt à diffuser l’idée selon laquelle socialisme implique antisémitisme.

      L’ouvrage majeur de Marx sur le sujet est Sur la question juive, paru en 1843, dans lequel on peut notamment lire cette définition caractéristique de l’antisémitisme socialiste : « Quel est le culte profane du Juif ? Le trafic. Quel est son Dieu profane ? L’argent » ; le Juif est d’abord l’usurier, le trafiquant, le capitaliste apatride incarnation des puissances de l’Argent. L’essai de Marx sur la question juive est très lu dans les cercles ouvriers, ce qui explique la difficile distanciation entre socialisme et antisémitisme tout au long du XIXe au sein du socialisme français de tradition nationale, une forme de socialisme qui constitue justement les prémices, selon les travaux de l’historien israélien Zeev Sternhell, de l’idéologie fasciste et national-socialiste.

      Par le truchement du socialisme, le vieux fonds antijudaïque de tradition chrétienne qui imprègne les élites conservatrices et catholiques du pays se transforme donc en une passion politique nouvelle, transversale, touchant l’ensemble de la société : l’antisémitisme.

      Avant même la fin de la Monarchie de Juillet qui inaugure la période scientifique du socialisme français, divers courants utopistes avaient versé dans l’antisémitisme, notamment le fouriérisme. Charles Fourier, théoricien des phalanstères, écrit en effet dans ses Manuscrits : « Sans doute il y a quelques exceptions. Quelques Juifs sont honnêtes, mais leur qualité ne sert qu’à faire ressortir les vices de leur secte […] Bref les Juifs en politique sont des parasites » ; c’est surtout sous la plume de son disciple, Alphonse Toussenel, que se manifeste l’antisémitisme socialiste le plus caractéristique de la période pré-blanquiste. Les Juifs, Rois de l’époque, publié en 1844, s’ouvre sur ces phrases : « J’appelle, comme le peuple, de ce nom méprisé de juif, tout trafiquant d’espèces, tout parasite improductif vivant de la substance et du travail d’autrui. Juif, usurier, trafiquant sont pour moi synonymes ».

      À partir de la révolution de 1848, on ne peut concevoir de doctrines socialistes sans leur dimension antisémite, et c’est Blanqui, théoricien d’un socialisme révolutionnaire de tradition hébertiste, qui devait transmettre à deux ou trois générations de socialistes français la haine rationalisée envers les enfants d’Israël. Les milieux blanquistes accouplent en effet la lutte contre le capitalisme et la féodalité financière à la dénonciation du suffrage universel, transmettant ainsi au prolétariat l’antisémitisme associé au mépris de la démocratie : « le suffrage universel, écrit Blanqui en 1851, est une chose jugée… C’est l’intronisation définitive des Rotschild, l’avènement des Juifs ». « De toutes les pensées antisémites de son temps, plus encore peut-être que les formules brutales de Marx […], celle de Blanqui est sans doute la plus moderne, son antisémitisme est politiquement et socialement fonctionnel », ajoute Zeev Sternhell dans la droite révolutionnaire, le paroxysme étant atteint avec les appels inouïs à l’extermination lancés par le socialiste mutuelliste Proudhon :

      « L’extermination des Juifs » selon Proudhon
      Carnets, 26 décembre 1847 :

      “Juifs. Faire un article contre cette race, qui envenime tout, en se fourrant partout, sans jamais se fondre avec aucun peuple.
      • Demander son expulsion de France, à l’exception des individus mariés avec des Françaises ; abolir les synagogues, ne les admettre à aucun emploi […]
      • Ce n’est pas pour rien que les Chrétiens les ont appelés déicides. Le juif est l’ennemi du genre humain. Il faut renvoyer cette race en Asie ou l’exterminer.
      • Par le fer, ou par la fusion, ou par l’expulsion, il faut que le Juif disparaisse. Tolérer les vieillards qui n’engendrent plus […] Ce que les peuples du Moyen Age haïssaient d’instinct, je le hais avec réflexion et irrévocablement”.

      À la suite de Blanqui apparaît une nouvelle génération de socialistes révolutionnaires derrière Gustave Tridon, rédacteur en chef de la revue blanquiste Candide, qui devait recueillir l’héritage intellectuel de l’antisémitisme socialiste en y adjoignant un début de dimension raciale. Ainsi dans Du molochisme Juif paru en 1884, le propos est sans équivoque : « les Sémites, c’est l’ombre dans le tableau de la civilisation, le mauvais génie de la terre. Tous leurs cadeaux sont des pestes. Combattre l’esprit et les idées sémitiques est la tâche de la race indo-aryenne ». Dans les années 1880, le socialiste voltairien Albert Regnard perpétue le corpus idéologique du blanquisme auquel est désormais lié le concept de race supérieure ; il salue, dans le n°30 de la Revue socialiste de juin 1887, dans un article intitulé Aryens et Sémites, le triomphe du catholique Drumont, se faisant ainsi l’écho de l’immense popularité des thèmes antisémites dans le milieu ouvrier français : « Drumont a l’immense mérite de proclamer cette éclatante vérité contestée seulement par l’ignorance des naïfs ou la mauvaise foi des intéressés : la réalité et l’excellence de la race aryenne, cette famille unique à laquelle l’humanité doit les merveilles du siècle – et qui seule est en mesure de préparer et d’accomplir l’achèvement suprême de la rénovation sociale » : il s’agit bien du projet national-socialiste avant la lettre…

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      • Jaures

        06/05/2013

        Merci Anomalie pour votre exposé.
        Je pense que votre erreur provient d’un double contresens. Il est vrai que l’antisémitisme au XIXème siècle traverse tous les courants. On peut être socialiste et antisémite mais tout autant catholique, protestant, capitaliste et antisémite. Si l’antisémitisme de Proudhon est évident, au même titre que celui de Barres ou Maurras qui n’étaient pas, vous me l’accorderez, socialistes, celui que vous attribuez à Marx provient d’une lecture approximative de son essai. Sa thèse n’est évidemment pas antisémite, bien au contraire. Il serait trop long d’écrire la genèse de ce pamphlet (en réponse à celui de Bauer) mais une de ses conclusion est la suivante: « Aussi ne disons-nous pas aux Juifs, avec Bauer : vous ne pouvez être politiquement émancipés, sans vous émanciper radicalement du judaïsme. Nous leur disons plutôt : c’est parce que vous pouvez être émancipés politiquement, sans vous détacher complètement et définitivement du judaïsme, que l’émancipation politique elle-même n’est pas l’émancipation humaine. » Jaures lui-même tînt des propos nuancés sur les juifs qui peuvent, sortis de leur contexte, le faire passer dans un camp ou dans l’autre.
        Le fait est qu’il a existé une longue tradition de socialistes juifs depuis le « Bund ». Ce sont les Blum, Mendes France, Jean Zay,…Les juifs communistes ont participé activement à la résistance dont Adam Rayski fut un des grands héros.
        Bref, on pouvait être socialiste et antisémite comme on pouvait être juif et socialiste. C’est cette dernière tradition qui perdure aujourd’hui. Juif et socialiste n’a jamais été incompatible. Par contre, être juif et nazi était inconcevable.
        Enfin, et surtout, le nazisme ne se réfère en rien au corpus socialiste qui prône l’égalité, la justice sociale, la répartition démocratique des richesses. Même quand son idéologie est dévoyée, même quand elle est utopiste, ces éléments restent des références.
        Le nazisme, bien au contraire, est une idéologie inégalitaire. C’est pourquoi elle a trouvé écho dans les rangs capitalistes ou aristocratiques. C’est dans ces milieux qu’Hitler trouve ses alliés, pas dans les mouvements socialistes, communistes et syndicaux (que je rassemble sous le terme générique de « gauche ») qu’il a au contraire brutalement éliminé..
        Voilà pourquoi le nazisme n’a rien à voir avec le socialisme. Et quand Revel ou Hayek essaient de rapprocher les deux courants, ils commettent une supercherie intellectuelle. D’autant plus flagrante chez Revel qui voudrait nous faire croire qu’il aurait découvert à 45 ans le lien entre nazisme et socialisme après avoir lutté durant de nombreuses années dans les rangs des militants socialistes .

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        • 07/05/2013

          Merci de votre réponse, et de la bonne tenue du débat. Nous ne serons pas d’accord sur l’interprétation des faits, je le crains ! Mais il est toujours intéressant pour les lecteurs que nous sommes de pouvoir lire – peut-être parfois découvrir – certaines références, thèses et citations.

          Vous ne pouvez pas dénier la réalité d’un courant idéologique au prétexte qu’il en existe d’autres… Ainsi, dire que le socialisme national n’est pas du socialisme puisque le socialisme serait seulement celui qui s’incarne dans sa forme social-démocrate ou communiste, c’est une tautologie. De même, dénier la spécificité d’une forme d’antisémitisme socialisme au prétexte qu’il existe également un socialisme juif, c’est une tautologie.

          D’ailleurs, je ne suis pas en contradiction avec vos exemples : je constate seulement qu’ils sont partiels – et partiaux, bien sûr, mais c’est de bonne guerre.

          En revanche, je suis en total désaccord avec cette phrase : « Le nazisme, bien au contraire, est une idéologie inégalitaire. C’est pourquoi elle a trouvé écho dans les rangs capitalistes ou aristocratiques. C’est dans ces milieux qu’Hitler trouve ses alliés, pas dans les mouvements socialistes, communistes et syndicaux (que je rassemble sous le terme générique de « gauche ») ». Je n’y reviendrai pas, il suffit de se référer à mes précédents commentaires. Je rappellerai seulement qu’il y avait autant de nazis issus des rangs socialistes que des rangs conservateurs. Là-dessus au moins, vous ne pourrez pas être en désaccord !

          Bien à vous

          Répondre
          • Jaures

            07/05/2013

            Cher Anomalie, le fait qu’il ait existé des nationalistes parmi les socialistes ne suffit pas à affirmer qu’il aurait existé pour autant un « courant ». Pour que ce soit le cas, il faudrait que cela soit théorisé, que ce courant trouve sa traduction politique, que celle-ci évolue, trouve sa place dans l’Histoire.
            Dans l’histoire du mouvement ouvrier, après les utopistes, il y a eu le courant marxiste qui s’est appuyé sur les recherches philosophiques et économiques de Marx qui ont trouvé leur traduction politique dans les sections de l’internationale ouvrière. Différentes tendances ont vu le jour mais chacune s’est référée aux courants existants et aux précurseurs du mouvement ouvrier. Chaque courant s’est inscrit dans une lignée, s’est démarqué des autres en s’y confrontant.
            Le nazisme ne se réfère à aucun moment au mouvement ouvrier. Dans Mein Kampf, Hitler se confronte aux religions, s’inscrit dans une lignée nationaliste et antisémite, cite comme seul théoricien Martin Luther, à aucun moment il ne s’inscrit dans la lignée des socialistes utopistes, marxistes, sociaux-démocrates ou libertaires qui étaient les courants de l’époque.
            Les racines du nazisme n’ont rien à voir avec le mouvement ouvrier auquel Hitler s’est immédiatement confronté dans sa globalité.
            Enfin, sur la garde rapprochée de Hitler, qui serait issu du mouvement ouvrier ? Himmler vient de la bourgeoisie catholique antisémite et il ne connaitra que le NSDAP. Göring membre de sociétés secrètes pangermanique entre au NSDAP en 1922. Idem Goebbels, écrivain raté. Heydricht est un militaire de carrière. Aucun n’a de passé dans le mouvement ouvrier. Dans les cabinets on trouve des conseillers issus des banques ou de l’industrie. Aucun militant syndicaliste ou socialiste (tous d’ailleurs emprisonnés ou en exil).
            On voit donc bien que le lien entre socialisme et nazisme n’est qu’un fantasme que rien de sérieux n’étaye.

    • quinctius cincinnatus

      06/05/2013

      le Gott de Hitler n’a rien de commun avec  » Celui dont on ne peut pas écrire le Nom  » …
      vous ne trouverez pas ça dans Wikipédant

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  5. 04/05/2013

    Puisque la discussion sur la nazisme est parfois intéressante sur ce site, mais succombe bien trop souvent aux penchants idéologiques des uns et des autres – ce qui en brouille la lecture – j’aime à apporter des éléments susceptibles de nourrir un débat autrement plus fécond que « c’est la faute de la droite » ou « c’est la faute de la gauche »… Maladie bien française que ce réductionnisme stérile…

    Comme le note Jean-François Revel dans la Grande Parade, Essai sur la survie de l’utopie socialiste, « si toute une tradition socialiste datant du XIXe siècle a préconisé les méthodes qui devaient devenir celles de Hitler, de Lénine ou de Mao Ze-dong, la réciproque est vraie : Hitler s’est toujours considéré comme socialiste. Le national-socialisme allemand se voyait et se pensait, à l’instar du bolchevisme, comme une révolution », une révolution nationale, anti-libérale et anti-bolchevique. En 1944, Friedrich Hayek, dans sa Route de la servitude, consacre un chapitre aux « Racines socialistes du nazisme ». Il y note que les nazis « ne s’opposaient pas aux éléments socialistes du marxisme, mais à ses éléments libéraux, à l’internationalisme et à la démocratie ». Rapportée par Hermann Rauschning, cette phrase cynique et provocatrice du Führer : « Je ne suis pas seulement le vainqueur du marxisme, j’en suis le réalisateur ! J’ai beaucoup appris du marxisme et je ne songe pas à m’en cacher. Ce qui m’a intéressé et instruit chez les marxistes, ce sont leurs méthodes […] Tout le national-socialisme est là-dedans : les sociétés ouvrières de gymnastique, les cellules d’entreprise, les cortèges massifs, les brochures de propagande rédigées spécialement pour la compréhension des masses. Tous ces nouveaux moyens de la lutte politique, je n’ai eu qu’à m’en emparer et à les développer. […] Quant à l’antisémitisme, je réponds : comment serait-on socialiste si l’on n’est pas antisémite ? ».

    Le socialisme dont Hitler se réclamait était celui de l’appel au peuple allemand lancé le 25 novembre 1918 par le Germanenorden, un socialisme organique pur de tout Juif. Ce type de socialisme ne pouvait donc en aucun cas composer avec le Juif, puisque le Juif était la figure du capitalisme et de l’argent apatride, en même temps que le pourvoyeur du bolchevisme. Le socialisme hitlérien était national et antisémite par essence. C’est ce qu’explique également l’historien conservateur allemand Ernst Nolte dans une thèse controversée qui a provoqué en 1987 la fameuse « querelle des historiens » : sur le plan idéologique, c’est l’extrémisme universaliste du bolchevisme qui a provoqué l’extrémisme du particulier dans le nazisme, et sur le plan politique, l’extermination de masse accomplie par Lénine au nom de l’abstraction socialiste d’une société sans classe a créé une panique sociale qui s’est répandue dans toute l’Europe et qui a fait triompher la contre-terreur fasciste en Italie et la contre-terreur national-socialiste en Allemagne. C’est la hantise du péril communiste (dont l’interprétation antisémite est importée en Europe par les émigrés russes blancs, premiers diffuseurs des Protocoles des Sages de Sion), c’est la crainte de la subversion révolutionnaire (dont les métastases se répandaient à travers toute l’Allemagne juste après la défaite), qui ont permis l’adhésion des masses à la révolution nationaliste, dont Hitler n’allait pas tarder à porter le flambeau.

    La conviction que Hitler et les nationaux-socialistes avaient de l’identité entre judaïsme et bolchevisme – ou autrement dit, que bolchevisme et judaïsme n’aient fait qu’un, unis dans une même volonté de destruction nationale – se matérialise dans une assimilation purement subjective qui constitue une part du « noyau rationnel » de l’antisémitisme national-socialiste et constitue le véritable terreau de la contre-révolution nationaliste et conservatrice qui allait ravager l’Europe pendant une décennie.

    Et le pire, c’est que le chaos révolutionnaire qui s’étend en Allemagne et dans l’Europe danubienne dans l’immédiat après-guerre semble donner corps à cette propagande nationaliste et antisémite renouvelée, essentiellement tournée vers la condamnation obsessionnelle du judéo-bolchevisme. En 1919, les dictateurs communistes de la République des Conseils de Munich étaient juifs, de même que les leaders spartakistes Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg ; en Hongrie, le sanglant léniniste Bela Kun était également juif. Comme une tragique prophétie autoréalisatrice, les événements historiques dramatiques de cette époque trouble paraissent s’employer à préparer la majorité silencieuse et terrorisée à la haine des Juifs, tout en conférant une légitimité populaire aux nationalistes, aux Corps Francs, aux groupes völkisch, qui y trouvent confirmation de leurs théories de subversion judéo-bolchevique. La surreprésentation des Juifs – pour des raisons essentiellement politiques et sociales – parmi les membres du comité bolchevique continue de nourrir abondamment la rhétorique antisémite à partir de 1918. Dès lors, elle ne cessera plus, jusqu’à la Catastrophe.

    La propagande institutionnalisée triomphe dans les années 20 et 30, quand la révolution socialiste mondiale est alors assimilée par les nazis et toute l’extrême droite européenne à une entreprise judéo-maçonnique de destruction des valeurs patriotiques et nationales, visant à asseoir le pouvoir cosmopolite des Juifs sur le monde, conspiration fidèle au projet des Sages de Sion. Dans un article du 4 avril 1919, The Jewish Chronicle de Londres va plus loin encore, et apporte maladroitement de l’eau au moulin des nombreux théoriciens du complot judéo-bolchevique, en se réjouissant que « sur bien des points, les conceptions du bolchevisme [soient] en accord avec les idées du judaïsme » ; en mai, Victor Marsden, reporter en Russie pour le Morning’s Post de Londres, établit benoîtement que « parmi les 545 dirigeants importants de la dictature bolchevique, 477 étaient juifs » (ce qui est faux!). Du pain bénit pour les nationalistes qui focalisent leur discours de repli sur les ennemis de l’intérieur, subversifs, menaçant la cohésion nationale. À l’exception notable de Lénine, les protagonistes essentiels du Comité central du Parti Bolchevik et du Commissariat du Peuple étaient en effet majoritairement juifs : Lev Bronstein (Trotski), Grigory Radomylsky (Zinoviev), Yankel Solomon (Iakov Sverdlov), Isaac Steinberg, Lev Kamenev… Des douze protagonistes qui, durant la réunion historique du 10 octobre 1917, ont planifié les détails de la Révolution d’Octobre, six sont des Juifs ethniques : Zinoviev, Kamenev, Trotski, Ouritsky, Sverdlov et Sokolnikov. En 1918, sur les 12 dirigeants de la Tcheka, la police politique bolchevique responsable de la terreur rouge, 6 sont Juifs. Lazar Kaganovich, lui-même d’origine juive, déclara quant à lui qu’au moment de la Révolution d’Octobre, le pourcentage de Juifs dans le Parti était de 7,1% (sans compter l’écrasante majorité de Juifs dans le Bund socialiste, ou soutenant les mencheviks) alors que la population juive rapportée à l’ensemble de la Russie n’était que de 1,8%…

    Cependant, la part de rationalité dans la doctrine antisémite nazie, celle où se mêlent socialisme national et connivence du judaïsme avec le bolchevisme, n’est que le prétexte pour couvrir le système englobant de l’antisémitisme irrationnel, nourri des conceptions aryennes sur la pureté de la race, qui constitue le cœur même de l’existence du nazisme. Le nazisme ne saurait donc se résumer à un simple mouvement politique, de même que son corpus idéologique de synthèse entre socialisme et nationalisme völkisch à laquelle se mêle l’héritage de la culture politique prussienne (verticalité du pouvoir, culte de la guerre et primauté d’un Etat absolu) ne permet pas d’expliquer valablement la politique du IIIe Reich.

    Pour moi, le nazisme est une forme originale (nationaliste et a-marxiste) du socialisme, sur laquelle se sont greffés des éléments propres à la culture germanique véhiculés par les sociétés völkisch (le pangermanisme et l’antisémitisme biologique) auxquels se sont agglomérés le mythe de la race et du sang, et le mythe aryen.

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    • quinctius cincinnatus

      05/05/2013

      Excellent commentaire qui a le mérite rare actuellement d’être bien documenté en ce qui concerne la part prépondérante que prit la communauté judéo-marxiste Russe dans la Révolution d’Octobre et dans les années d’oppression du Peuple Russe qui suivirent ( y compris Ukraine, Cosaques du Don, Sibériens etc … ) …. On pourrait simplement ajouter que Joseph Staline devint ( à moins qu’il ne le fût dès l’origine ) un antisémite ( il fut aussi ne l’oublions pas , le persécuteur de toutes les  » nationalités  » soviétiques ) aussi impitoyable qu’Adolf Hitler ( ou que …. Marx soi-même ) La raison en est simple : que son pouvoir dictatorial (et donc sa personne ) survivent … en cela il ne différait pas des tsars, qui eux ne tuaient pas ( il n’y avait pas de peine de mort sous le tsarisme ! )
      Remarquons au passage, mais cela s’adresse à Monsieur Guy Millière, que les actes à caractère anti-catholiques sont beaucoup plus nombreux …en France … mais c’est nous le savons un aspect politique qui n’intéresse pas ce journaliste

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  6. Jaures

    04/05/2013

    « La NSDAP était bien un parti ouvrier de gauche, les faits sont là pour le prouver » écrit Hans. Quels faits ? Les nazis voulaient-ils instaurer la dictature du prolétariat ? Les grands capitalistes et industriels comme Emil Kirdorf ou Carl Friedrich von Siemens ont-ils condamné Hitler ou soutenu les nazis ? Hitler a-t-il nommé aux plus hautes fonctions de son parti des syndicalistes ou des membres la banque Schröder, de la Deutsche Bank, du groupe des aciéries Thyssen,…? Est-ce la gauche ou les grands banquiers et industriels qui ont demandé le 19 novembre 1932 au Mal Hindenburg de nommer Hitler chancelier ?
    Vous citez justement les références d’Hitler dans Mein Kampf. Où sont cités Marx, Engels, Lénine, Jaures ?

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    • HansImSchnoggeLoch

      04/05/2013

      La NASDP a gagné les élections de 1933 d’une façon tout à fait démocratique. Ce sont les ouvriers et pas les capitalistes qui ont en majorité porté ce parti au pouvoir. Hindenburg était toujours récalcitrant à avoir Hitler comme chancelier et aucun grand capitaliste de l’époque y compris les familles Thyssen et Krupp ne supportait ce parti.
      Ce n’est que par la suite, par patriotisme et cajolé par Hitler lui-même qu’ils se sont rangés de son côté, un peu comme le Medef avec le président mormal maintenant.
      D’emblée la politique économique du NSDAP était une une politique keynésienne de gauche, c.à.d. comme pour le président normal elle favorisait les dépenses étatiques sur l’investissement privé.
      Des projets pharaoniques d’infrastructure et de réarmement en catimini furent exécutés ce qui fit augmenter la dette dans des proportions astronomiques.
      Ce scénario de dettes étatiques est le point commun de toutes les gauches (l’Urss y a d’ailleurs succombé).
      La 2ème guerre mondiale qui suivit ne fut qu’une échappatoire pour essayer de renflouer les caisses de l’état en faillite par la conquête des ressources de pays conquis.

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  7. Jaures

    03/05/2013

    Hans, ce qui différencie des mouvements politiques entre eux c’est le combat. Quand on me dit qu’un parti est issu de la gauche et que celui-ci emprisonne, torture et déporte les militants et élus de gauche j’affirme que l’on se trompe.
    Que des dictateurs soient issus du marxisme, je ne le nierai pas, comme il y eu des dictateurs de droite, catholiques, musulmans, militaires, noirs, blancs, etc…
    Ce qui est faux, et tout démontre le contraire, c’est prétendre que le nazisme est issu du socialisme. D’ailleurs dans ses écrits et discours Hitler ne se réfère à aucun moment au mouvement ouvrier et aux théoriciens socialistes. Sa référence est plutôt Martin Luther. Le seul argument que l’on assène est l’appellation (national-SOCIALISTE), comme si je disais que, par son appellation, le front NATIONAL serait un parti nazi. Le parti de Hosni Moubarak s’appelait le parti National Démocratique. Mettrez-vous dans le même sac tous les partis qui comprennent les mots national et démocratique dans leur nom ?
    Enfin, les faits et dates que j’énonce étant exacts, vous pouvez avancer qu’ils sont un copié-collé de tous les livres d’Histoire et encyclopédies.

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    • HansImSchnoggeLoch

      03/05/2013

      Jaures du 3 MAI 2013 À 10 H 54 MIN, inutile de ramener votre argumentation éculée que vous dispensez à chaque fois que ce sujet est abordé, on la connait par coeur.
      La NSDAP était bien un parti ouvrier de gauche, les faits sont là pour le prouver et vos justifications ridicules n’y changeront rien.

      Je vais maintenant vous citer le seul passage en allemand où Martin Luther est cité dans « mein kampf », si vous prétendez le contraire c’est que vous n’avez jamais vu ce bouquin dans votre vie.
      « Hierzu gehören aber nicht nur die wirklich großen Staatsmänner, sondern auch alle sonstigen großen
      Reformatoren. Neben Friedrich dem Großen stehen hier Martin Luther sowie Richard Wagner  »
      À vous de traduire puisque vous savez touiours tout mieux que les autres.

      Les démocraties populaires étaient le monopole de partis issus de la gauche, Il en reste quelques uns, par exemple la république démocratique de Corée du Nord, un des derniers paradis ouvriers sur cette planète. Vous n’oserez sans doute pas affirmer que c’est un parti de Droite qui dirige ce pays.

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  8. Jean-Pierre

    02/05/2013

    Et oui jaujau, sans le socialisme les nationalistes allemands n’auraient étés que de joyeux buveurs de bière et bouffeurs de choucroute, mais c’est bien le socialisme l’horreur la monstruosité qui détruit tout sur son passage.

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  9. charlie harper

    02/05/2013

    Dire que le nazisme est issu du socialisme est stupide.
    La base du nazisme est l’inégalité des races (Gobineau et d’autres….)
    La base du socialisme est l’égalité .
    Aprés qu’en Urss et dans tous les régimes communistes(dont la théorie était l »égalité) le résultat ait été une terrible catastrophe humaine, génocidaire, est une autre réalité.
    Cela montre que l’égalitarisme est une autre stupidité (le gvt de Hollande nous donne d’ailleurs quelques exemples…)

    Répondre
    • quinctius cincinnatus

      06/05/2013

      Le Comte A. de Gobineau n’a JAMAIS promu l’inégalité des  » races  » par le génocide à la façon d’un Hitler ou d’un Mao . Chez ce grand persophone, diffamé par les gens de Bien ( et de biens ! ) il s’agissait avant tout de l’inégalité des …Civilisations…

      Répondre
  10. lavandin

    02/05/2013

    les régimes fascistes et nazi furent des dérives du socialisme. De meme que le régime de Vichy ,auquel participèrent un grand nombre de transfuges de la SFIO et du PC . L ‘actuelle gauche l’a complètement oublié

    Répondre
    • Jaures

      02/05/2013

      Lavandin, je vous engage à lire ma réponse à agdam (voir ci-dessous) et je vous rappelle que sur les 80 députés courageux qui votèrent contre les pleins pouvoirs à Pétain, tous étaient, à 2 exceptions près, de gauche parmi lesquels L.Blum. Les partis de droite, comme la Fédération Républicaine ont voté pour Pétain comme un seul homme.
      Par ailleurs, ce sont les résistants de gauche, socialistes et communistes, qui ont payé le plus lourd tribut à l’occupation.
      Et je ne crois pas que le slogan « plutôt Hitler que le Front Populaire » était socialiste.

      Répondre
  11. Jaures

    01/05/2013

    Tout d’abord, il est faux d’avancer que « la France connaît une remontée du nombre d’actes antisémites qui n’a pas de précédents depuis la deuxième guerre mondiale. »
    En effet, les actes antisémites ne sont pas comptabilisés comme tels depuis 1945. Il est d’ailleurs heureux que ceux-ci nous soient devenus insupportables. Il y a encore quelques décennies, et bien après 1945, tenir des propos antisémites, même pour un élu, n’était pas vraiment répréhensible. Personne ne s’émouvait par exemple, quand Poujade disait que Mendes-France ne pouvait-être français.
    Ensuite, si les chiffres de 2012 sont en effet préoccupants (614 actes antisémites recensés), ils ne sont pas exceptionnels (ils étaient supérieurs en 2000, 2001, 2004).
    L’affaire Merah donne évidemment à cette année un tour particulièrement tragique, monstrueux. Mais on ne peut pas avancer que Merah serait plus représentatif d’une communauté que Breivik ou Scott Roeder.
    Cependant, la montée de l’intolérance est générale: les actes islamophobes ont augmenté de 42% de même que les actes homophobes (X3). Il s’agit là d’un problème global qui doit être traité comme tel.
    Pour être crédible, Millière gagnerait à se lever contre toutes les intolérances, toute forme de racisme et d’antisémitisme. Et il n’est qu’à s’informer de l’origine de nombreux ministres en fonction pour se convaincre que l’antisémitisme ne peut être considéré avec désinvolture par ce gouvernement.
    Par ailleurs, il est faux de prétendre qu’il existerait la moindre complaisance envers l’islamisme radical Au-delà des mots, l’action au Mali montre que quand il le faut, la France sait agir promptement et plus efficacement que quiconque. Les mêmes qui voient un terroriste à chaque coin de rue pleurent quand nos soldats vont débusquer les vrais.
    Enfin, la prétendue « haine d’Israël » est un fantasme récurrent chez Millière. Israël est respecté comme état mais, comme Millière ne se prive pas pour critiquer la France et n’importe quel pays dans le monde, nous sommes en droit de nous exprimer quand nous estimons qu’Israël fait fausse route. Dire que nous exprimons telle ou telle analyse par haine est une piètre rhétorique pour esquiver le débat.

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    • HansImSchnoggeLoch

      02/05/2013

      De nombreux Juifs émigrent en Israël pour fuir le racisme rampant sévissant en France, surtout dans les quartiers où l’islam prédomine.
      Comme toujours Jaures se place du côté de ses potes.

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      • quinctius cincinnatus

        06/05/2013

        De nombreux Juifs, instruits et aisés, fuient… Israël pour l’Australie, les E.U. mais aussi et de façon beaucoup plus surprenante ( pour certains ) la Russie et …l’Allemagne

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  12. agdam

    01/05/2013

    je suis toujours surpris de lire que la droite, dite extrème, serait nostalique de régimes socialistes nationaliste.
    Sauf erreur, il ne semble pas que les idées présentées par la droite soient celles présentées par le socialisme.

    Quand donc, les 4 Vérités et les autres vont-ils cesser de nous faire croire qu’Hitler était de droite ?
    Quand donc, les 4 Vérités vont être capables d’en écrire au moins une ?

    Petit rappel historique, le partie dont le chef était Hitler s’appelait le parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP) et nous pouvons tout de suite remarquer que cette appellation est typique d’un partie de droite. N’est-ce pas ?

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    • Jaures

      02/05/2013

      Petit rappel historique, cher agdam: le SPD est le seul parti à avoir voté contre les pleins pouvoirs à Hitler le 23 mars 1933. Les communistes étaient eux déjà en prison ou déportés et le SAPD, autre parti de gauche, était également interdit.
      Le SPD sera lui interdit le 22 juin 1933 et ses membres devront s’exiler ou entrer en clandestinité pour organiser des réseaux de résistance et le Parti Socialiste des Travailleurs (auquel adhèrera Willy Brandt) durement réprimé par les nazis. Rappelons que Rudolf Breitscheid et Rudolf Hilferding, socialistes allemands, ont été livrés aux nazis par les collaborateurs français et morts en déportation.
      Hitler avait inséré le mot « socialiste » dans l’appellation de son parti pour des raisons opportunistes: la gauche notamment syndicale était puissante en Allemagne dans les années 20 et Hitler voulait s’attirer la sympathie du monde ouvrier.
      La gauche socialiste et communiste (parmi lesquels de nombreux juifs) a été la première victime de la persécution nazie.

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      • HansImSchnoggeLoch

        02/05/2013

        Pour Jaures, spécialiste des nazis et autres pervers.
        La NSDAP était bien un parti ouvrier socialiste national. Les partis socialistes et communistes de l’époque étant plutôt d’obédience internationale.
        D’après vous il suffirait du préfixe « Inter » pour placer un socialiste soit à gauche, soit à droite, trop simpliste.
        Comme le PC, la NSDAP encourageait les mouvements de masse où l’individu ne comptait guère et les camps de concentration existaient des deux côtés.
        Après la guerre, le PC de la zone est allemande phagocyta la SPD pour créer la SED. Certains récalcitrants de la SPD furent emprisonnés, mais cela ne vous trouble guère.

        NB: en ce qui concerne votre post, c’est du copié / collé de wikipédia.fr

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      • quinctius cincinnatus

        06/05/2013

        en réalité les premières victimes furent les S.A. !

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