Jackson : mort de l’icône multiraciale

Posté le juillet 01, 2009, 12:00
7 mins

Michael Jackson est mort ! – Michael qui ? On se demande quel chrétien assez retiré du monde peut être aujourd’hui assez fortuné pour ignorer ce onzième commandement de la société spectaculaire : tu n’adoreras que l’idole du pop, tu n’adoreras que la panthère blanche, tu n’adoreras que l’archétype platonicien de la société post-historique. On peut toujours s’en moquer, me répondra-t-on avec mépris… Je crois que justement, dans cette histoire, seuls les imbéciles ne se préoccuperont pas de ce phénomène crépusculaire.

Commençons par l’envers, par sa disparition : plus rumeur que moi, tu meurs ! A-t-il été tué par ses médecins ? S’est-il suicidé pour éviter une épuisante tournée ? S’est-il mal médicamenté par mégarde ? L’un de ses créanciers lui en aurait-il voulu à la veille de ses concerts tous préachetés ? Toujours est-il que sa mort est incompréhensible, comme la guerre en Irak, comme le 11 septembre, comme la chute de l’Airbus de Rio, comme l’affaire Madoff et le reste (la pandémie, le tsunami, les subprimes…). Le Pierrot lunaire et planétaire s’en est allé et nous devons tous faire comme si Ben Laden faisait du saute-chameau dans le Karakorum… Dont acte. Pleurons en chœur avant de bombarder l’Iran !

J’ai dit qu’il était endetté. J’ai déjà parlé de la dette immonde (debitum, le péché dans notre Pater), dont « Jacko » était recouvert jusqu’au cou, jusqu’à la nausée… Il avait beau avoir acheté à bas prix le catalogue des vieux briscards de Liverpool (dont la figure de proue avait aussi mal terminé), il dépensait désespérément plus qu’il ne gagnait : trois millions de dollars ou plus – mensuellement s’entend ! Michael était l’archétype du ménage dérangé et surendetté, l’acheteur compulsif, le Sganarelle ahuri de la société de surconsommation. Les gouvernements surendettés de nos démonocraties, les ménages immobilisés à vie par leur immobilier à 100 dollars se reconnaîtront bien sûr dans ce capitalisme de catastrophe et attendront encore longtemps pour leur rédemption, le rachat de leur faute.

Et puis notre modèle était exemplaire : il voulait vivre dans un parc d’attractions entouré d’enfants. L’âge mental était resté de douze ans, sans doute moins. Il fallait des palmiers jaunes, des kangourous bleus et des éléphants verts, et ensuite touchoter des enfants vicelards dont les parents cyniques extorquaient ensuite des millions de dollars pour ne pas aller jusqu’au procès…

Jacko était méchant, cela s’entend, sous son vernis pédomane et humanitaire. Il devient l’icône multiraciale des années Reagan (qui se réclamait de John Wayne ou Bing Crosby…) en insultant la Dirty Diana, en célébrant la lycanthropie dans Thriller (filmé par John Landis, le plus sinistre cinéaste de l’époque), en intitulant ses albums Bad (le Mauvais) ou Dangerous… Que demander de mieux ? Notre entité astrale et paradigmatique invente aussi le Moonwalking, danse lunatique et spectrale, sur fond d’hymne au « smooth criminal » (le criminel suave) qui mieux qu’aucune autre précipite l’avènement de l’homoncule virtuel et viral : un Charlot revisité par le regretté Baudrillard.

J’ai dit multiracial : le mot ne fait plus recette, et ce grâce à l’icône défigurée, qui a imposé en dix ans le métissage planétaire et la destruction au morphing et à la chirurgie esthétique de toutes les cultures, y compris des tiers-mondes. L’homme-phare de la décennie financière a symbolisé cette confluence culturelle généralisée d’où ne surnageraient que l’adoration du fric et la pleurnicherie humanitaire (« We are the world »…). Lui-même, en se blanchissant lunairement, n’a fait que nous montrer le prix à payer pour l’engagement égaré de son âme dans ce domaine. Car on a bien l’impression d’un sacrifice humain dans cette histoire. Et si Jacko avait payé pour d’autres sub-crimes ?

11 réponses à l'article : Jackson : mort de l’icône multiraciale

  1. IOSA

    07/07/2009

    Ben là ??? Il n’ y a plus personne…….

    Je crois que je n’aurai pas du raconter l’histoire des billets du show……. ils sont tous partis en chercher !

    IOSA

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  2. IOSA

    03/07/2009

    L’aveu du petit sur la fausse accusation de pédophilie sur les conseils de son père, devrait être examiner plus attentivement………

    Ce que je veux dire, c’est qu’il est fort probable que cet aveu soit dans un but commercial…….

    Imaginez si Elvis fut un pédophile, qu’en serait il des ventes actuelles basées sur le mythe Elvis ?

    Alors 40 millions de dollards c’est de la menue monnaie comparée à ce que celà va rapporter sur le mythe M.Jackson.

    Attendons plutôt de voir la suite ……. La justice Américaine va t’elle frappée ou non ?

    IOSA

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  3. IOSA

    03/07/2009

    Au début, il y avait le commencement et donc en toute logique une fin……

    Rien n’est tout blanc ou tout noir…….c’est comme celà point barre !

    Il n’empêche nullement de contaster qu’avec du fric on peut pratiquement tout faire….

    Et dire que cet été, nombreuses sont celles qui vont en baver pour bronzer un max (surtout pour plaire davantage aux hommes), celà laisse rêveur……

    Mais blague à part, pourquoi en faire un article sur lui dans les 4V ?

    S’agit il d’un sujet pathologique ayant un quelconque rapport avec la difficulté quasi journalière des Français ?

    Quoique que là, si certains ont achetés un billet d’entrée pour le show de MJ et qu’ils ont été assez bête pour se le faire rembourser ?……tans pis pour eux, fallait réfléchir avant, car un ticket comme celui là vaudra de l’ or ( dans quelques temps) pour les nombreux fans.

    D’ailleurs, je crois que l’idée est déjà en route avec la proposition de remboursement du producteur et la revente des billets en tant qu’objets dédiés à cette idôle rapportera davantage que le concert en lui -même.

    Donc, si quelqu’un possède un ticket………….je suis preneur au tarif du remboursement ( et après, à moi la belle vie).

    IOSA

     

     

     

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  4. ozone

    03/07/2009

    Encore une star US détruite par le pognon,seul Dieux de l’Amerique.

    Enfin,repose en paix l’artiste

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  5. Anonyme

    02/07/2009
      #1
     
    Avatar de alphanaphtol
     

    Par défaut Gonzague Saint Bris

    C’était en 1992, Michael Jackson avait décidé de faire le grand voyage pour retrouver ses racines en Afrique et découvrir le continent de ses origines, du Gabon à la Côte d’Ivoire.

    Il avait demandé à être accompagné d’un seul écrivain journaliste et c’était moi. Pourquoi avait-il voulu revenir sur la terre de ses ancêtres qu’il foulait au pas de course, coiffé d’un chapeau noir, vêtu d’une chemise écarlate et d’un pantalon sombre ? Pour réaliser les repérages du film qu’il rêvait de tourner : Back to Africa, Back to Eden.
    Au moment où l’avion de Michael Jackson, un Boeing 707, en provenance de Los Angeles, se pose sur la piste de l’aéroport de Libreville, un homme rend son dernier soupir, c’est l’écrivain noir américain Alex Haley, l’auteur légendaire de ce chef-d’œuvre qui est aussi un best-seller, Roots. C’est comme un signe et la transmission du témoin. Le prince de la pop, qui a su rendre amoureux de lui plus de 38 millions d’humains, annonce la couleur, et elle est noire : « Mon retour à l’Afrique, c’est le retour au paradis. »
    Cliquez sur l'image pour voir en taille reelle.

    La Cadillac couleur Coca-Cola, à toit ouvrant, qui nous arrache à l’aéroport, fonce au milieu de la foule poursuivie par une nuée de fans en délire ; ce sont des milliers d’enfants qui courent derrière la limousine de Michael Jackson et lui, debout, cambré, en blouson à l’effigie de Mickey sur le dos, leur offre son sourire irrésistible. Maintenant, le wagon-salon marron de la méga-star roule sur le bord de la mer et la foule bigarrée rythme sa glorieuse apparition par un mugissement d’amour. Les noces avec l’Afrique de sa préhistoire personnelle ne font que commencer.
    Jamais on n’avait vu une foule aussi animée depuis la venue de Nelson Mandela. Michael s’avance gracieux et libre dans cette véritable visite d’Etat qui le conduit d’une réunion de généraux à une réception au palais présidentiel d’Omar Bongo, dans les salons des ambassadeurs. Mais avant ces fastes officiels, Michael a exigé la fraîcheur : rencontrer son vrai monde et son univers élu, celui des enfants. Pour eux, un goûter géant de mille petits a été organisé à l’hôtel Intercontinental dans la salle des fêtes. Michael y pénètre avec Brett, un de ses petits cousins. Michael est épaté par ces gamins qui, pour lui, miment la fièvre locale et la danse des ethnies. Une toute jeune fille, Fang, de treize ans à peine, se déhanche devant lui et après sa démonstration, toute fière, vient me souffler dans l’oreille : « Je l’ai touché. »

    Tout le monde sait que le personnage préféré de Michael Jackson est Peter Pan. Lui-même clame sa préférence : « Je me sens si proche de lui. » Dans la garde rapprochée de celui qui allait se rendre à Abidjan pour y être sacré roi dans le territoire Sanwi, un personnage m’intrigue particulièrement. C’est le chef cuisinier de la légende vivante, barbe noire, turban immaculé et sari blanc. Déjà, à Libreville, ce digne Hindou a été offensé dans sa profession. On lui a présenté des plats en aluminium pour servir son maître végétarien. Or, me confie-t-il malheureux comme les pierres : « Ça noircit les légumes à la cuisson. »
    Il est maintenant consolé. Il a enfin trouvé des marmites en inox qui lui conviennent. Par hasard, j’apprends que le cuisinier indien est en fait un authentique Italien. Attention, l’habit ne fait pas le gourou ! Dans la nuit, Michael, qui regarde des vidéos bien après le crépuscule, a demandé des dessins animés. On lui a trouvé des cassettes en français, mais il les a refusées. Le lendemain, nous nous enfonçons dans le pays profond de cette province Woleu-N’tem qui est forestière en pays Fang. Je suis ému par son choix : une visite à une mission chrétienne, la paroisse Sainte-Thérèse d’Ango, fondée par les pères blancs dans les années vingt. Dans cette église, dans ce collège, dans ce petit séminaire de Saint-Kisito, toujours les enfants portant des fleurs et des banderoles : Welcome Home Michael.

    A partir du 12 février, Michael passe de l’hémisphère Nord, dans lequel se trouve la ville d’Oyem, à l’hémisphère Sud où l’on rejoint Franceville. Là, nous allons vivre la miraculeuse expérience du véritable retour aux sources, avec la découverte de la majestueuse vallée de l’Ogué, qui irrigue de ses affluents tout le Gabon septentrional. Nous sommes tous les deux fascinés par la beauté sereine de ce bassin fluvial qui constitue une gigantesque réserve d’eau. Je lui parle de l’Italien naturalisé français, Pierre Savorgnan de Brazza, né à Castel Gandolfo, qui en amont de ce fleuve était persuadé de faire la jonction avec le fleuve Congo, tandis qu’en aval, c’est Lambaréné où Albert Schweitzer a fondé sa fameuse léproserie en 1913. Ainsi Michael découvre Franceville, ses hauts plateaux, ses chutes d’eau, ses canyons. C’est là que je vais assister à une scène hallucinante.
    Les pygmées se sont déplacés pour le voir, eux qui d’habitude ne quittent jamais leur hutte ronde. Jamais ils n’ont vu autant de monde sur la place de l’Indépendance. Alors que le groupe Empire de Djogo fascine la star surtout à travers son batteur à tambour exceptionnel, la nature africaine reprend ses droits : une pluie tropicale tombe sur l’assistance précédée de la foudre et du tonnerre. C’est comme un signal pour le délire de la danse. Les pygmées se mettent à s’agiter en cadence devant lui, tandis que la méga-star, posée sur un tabouret, danse en les regardant mais en restant assis !

    Le soir même, Michael Jackson décide que nous passerons la nuit dans la forêt. Nous resterons au cœur de l’Afrique, avec celui qui agit déjà comme un féticheur et qui commence à reconnaître les ressorts sorciers et leurs effets.
    A l’hôtel Lekoni Palace, Michael Jackson ne dort pas. Sans doute sait-il maintenant que les Bakotas, ethnie du nord du pays, racontent que lorsqu’ils s’allongent, ils se métamorphosent – comme dans son clip – en panthères ! Peut-être a-t-il appris que le perroquet gabonais gris à la queue rouge de Port-Gentil est celui qui imite le mieux son timbre de voix. Dans la nuit, c’est sa métamorphose, il a changé de régime et commandé pour la première fois du poulet avec des bananes frites coupées très finement.
    A trois heures du matin, il a réveillé le chef de cuisine pour demander du pain ; aux aurores, il s’est fait commander un petit déjeuner de céréales. A sept heures du matin, quand je sors sur mon balcon, j’ai comme une apparition. Il est là, lui aussi, sur son balcon rond posé de profil, comme une figure de proue de l’Afrique, silencieux et tranquille, scrutant dans l’aurore rose, sur un paysage verdoyant de la saison des pluies, baigné d’une nappe d’un brouillard bleuté, ces vallons que Savorgnan de Brazza comparait à ceux de la Franche-Comté.
    C’est bien lui avec son nez redessiné et son clivage au menton, immobile comme une statue de sel à l’orée rouge des plateaux Batékés. A l’apparition du matin je lance un « M’bolo » de bienvenue. Celle-ci me répond par un « Samba » fort aimable.

    Le culte des ancêtres, Michael Jackson l’a compris en contemplant l’arbre tour Eiffel, celui dont les branches repiquent dans la terre, car se sont des racines qui ont connu l’air. Michael Jackson dans cette Afrique réelle, nage dans le bonheur. Il était prêt à recevoir cette tradition d’abolition du temps marié à une intégration de l’espace qui ressemble tant à la symphonie fantastique de sa musique.

    Avant de s’envoler pour Abidjan la star, qui n’a pas donné d’interview depuis neuf ans, me reçoit dans sa suite saumon de l’Okoumé-Palace. Au huitième étage, dans sa main droite sa Bible reliée de noir. Toujours ses manières fragiles et ses sourires séraphins qui contrastent avec la brutalité de ses body-guards. Il me parle de Paris, ville pour laquelle sa passion est capitale : « La prochaine fois, j’aimerais visiter le Louvre avec vous de fond en comble. »
    La conversation tourne autour de la peinture. Ses couleurs préférées sont celles qu’il porte aujourd’hui : le rouge et le noir. Et tandis que je lui indique ma passion pour Vinci, il m’oppose sa préférence pour Michael Ange tout en contant l’extase ressentie durant sa visite privée, il y a dix-huit ans, à la chapelle Sixtine spécialement ouverte pour lui par le Vatican.
    A-t-il la passion des livres ? Chez lui en Californie, il se plonge dans des ouvrages de philosophie, de médecine, d’histoire et d’architecture, il est aussi un grand amateur de biographies historiques. Son personnage préféré, Abraham Lincoln, dont il possède une réplique de la haute silhouette sous forme de robot. Ses films fétiches ?
    Elephant man : il a tenté d’acquérir les restes du squelette de John Merrick conservé depuis un siècle au London Hospital et bien sûr ET de Steven Spielberg devenu un ami : « Son histoire, c’est l’histoire de ma vie par bien des côtés. E.T se sent étranger, veut être accepté et est à l’aise avec les enfants. »
    Confession d’un mutant du siècle : « Je me sens étranger dans la vie avec les gens de tous les jours… C’est une chose que j’essaie de surmonter. » En Afrique, il y est parvenu dans une fusion de tous les instants avec le continent noir et au Gabon, il a traversé plus de quarante ethnies comme si son silence splendide et les gestes fraternels qu’il adressait aux foules étaient leur unique langage.

    Tandis que les tribus délivraient leur musique, il les accueillait avec la tendresse et la tranquillité du sorcier. Fermé par la magie des Noirs, Michael Jackson en recevait les signes, à la fois impavide et proche. Dans ce pays où la musique trouve ses origines dans les coutumes rituelles exprimées par les masques, il n’a en quelques jours jamais perdu le sien, tout en disant la vérité sur son visage pâle : « Ma plus grande joie est de savoir que je peux choisir mon visage. Une fois que c’est fait, on ne peut s’empêcher de se regarder dans le miroir, on se sent sublime. »

    Ainsi, ce mélange de Narcisse, de Louis II de Bavière noir, de Peter Pan et de Terminator, est-il devenu dès le premier soir et en une seule nuit sous l’équateur le petit Mozart de la grande Afrique. Un souverain enfant qui a trouvé dans la réserve de Wonga-Wongué son nouvel ami.
    Au milieu des éléphants, des buffles des Sitatungas et des gorilles, il s’est choisi pour compagnon, un bébé chimpanzé en souvenir de son cher Bubbies, adorable petit singe disparu. Comme je lui demande de me montrer l’animal, il m’explique que c’est impossible : « Chaque fois qu’il passe dans d’autres bras que les miens, il a peur et se met à mordre. »
    Alors, sur son visage, apparaît une expression indéfinissable, feux posés sur la grâce de ses traits aux aplats, creusés dans le marbre. Ainsi est l’archange de la nouvelle race du parfait métissage. Il me dit qu’il viendra bientôt en Europe pour la sortie de son film Back to Africa, Back to Eden. Avec insistance, il me parle de Paris, où il rêve de venir dévaliser le magasin de jouets Le Nain Bleu. En France, il aime tout.
    Notamment l’eau d’Evian dans laquelle il a pris coutume de se baigner. Je l’invite chez moi dans la vallée de la Loire et lui décris la demeure familiale, le Clos-Lucé d’Amboise où vécut et mourut Léonard de Vinci : style Renaissance, façade de briques et de pierres. Il me parle de son manoir d’en Cino de style Tudor, qui surplombe les collines de Malibu, véritable nid d’aigle sur la côte Ouest, desservi par un petit train, avec des tourelles illuminées, des beffrois baroques et dans la galerie intérieure la statue équestre de Louis XIV et celle de David luttant avec Goliath.

    Face à sa demeure, une fontaine dans la pièce d’eau du parc, des cygnes blancs et noirs et tout autour des lamas, des girafes, des daims, des boas constrictors. Quel rêve fou n’a pas encore assouvi celui qui, enfant à l’école primaire, disait à son institutrice : « Un jour vous verrez, je vivrai dans un château ! »

    Metteur en scène de ses propres songes, il fait passer dans ses clips la réalité de ses métamorphoses. Ainsi a-t-il une idée folle qui concerne le cœur de la jungle paraguayenne : « J’y ferais construire des pyramides de trente mètres de hauteur pour pouvoir recharger régulièrement mon énergie psychique. » Tout le rapproche désormais de l’Egypte, son obsession des pyramides, son parcours africain, qui après le Gabon, la côte d’ivoire, la Tanzanie, le Kenya, le conduira peut-être dans la Vallée des Rois.
    Sa nouvelle manie qui consiste à acquérir des momies. Son dernier clip, où, troubadour en décalage horaire dans l’Antiquité, il séduit la femme du pharaon dans un palais égyptien de fantaisie. Alors, j’ose la question du Temps : « A quel âge souhaitez-vous disparaître ? » C’est sans souci que le Peter Pan du XXe siècle, qui a l’air d’un chanteur heureux, me répond en souriant, visionnaire sans le savoir : « A cinquante ans ! »
    Comme l’a si bien écrit de lui Steven Spielberg : « Il est un des rares innocents du monde. C’est un enfant, vedette émotive, qui se présente aux autres comme s’il se tenait hésitant sur les franges d’une sorte de brume crépusculaire. »
    Happé par sa suite, Michael Jackson va partir. Il a toujours ce geste étrange de se pincer les narines du bout des doigts, ou de porter souvent l’index droit à son menton. Je regarde les mains du chanteur, qui, en contraste avec son visage, ont, elles, gardé les traces de son voyage dans le temps. Ses veines sont gonflées et plutôt apparentes ; c’est là que court le rythme fou d’une Afrique de retour sous une peau américaine. Je comprends alors pourquoi on a pu dire de lui qu’il était à la fois un très vieil homme et un très jeune enfant. Et aujourd’hui je me mets à penser : « Tu as assez souffert Michael. Paix désormais à ton âme. » Car, roi des médias, il a connu la crucifixion par la communication. Comme l’a écrit cruellement Oscar Wilde : « Tout symbole l’est à ses risques et périls. »
    Avant de me quitter, il me cite un ancien proverbe indien : « Ne jugez pas un homme tant que vous n’avez pas marché deux lunes d’affilée dans ses mocassins », c’est ce que j’ai tenté de faire huit jours durant sur ses pas en Afrique, et c’est ce que je ne ferai pas : le trahir à jamais.

    Ainsi furent ses derniers mots. Un testament pour le passé, une recommandation pour aujourd’hui, et un principe pour le futur.

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  6. Anonyme

    02/07/2009

    Franchement, je suis écoeuré.

    Ecoeuré par le fait qu’en notre beau pays de l’hypocrisie, la jalousie et la mauvaise foi,  beaucoup crachent sur son cercueil et dénigrent un type qui a été exceptionnel dans l’histoire de la musique contemporaine.

    En ce qui me concerne, Michael Jackson a illuminé ma vie d’étudiant universitaire que je débutais aux USA.  Il a été le soleil qui m’a permis de tenir le moral loin des miens en France durant des années. Que de souvenirs sympas !  C’était un artiste remarquable pour son sens du rythme, sa danse, son inventivité, la joie et l’enthousiasme qu’il diffusait dès tout petit pour masquer sa souffrance sous le joug d’un père pauvre type lamentable.

    Il a été un recordman de gain d’argent.  Et alors, seuls les jaloux peuvent l’en blâmer, c’est bien connu. Mais il a été aussi un recordman par ses dons d’argent aux autres, en attendant.

    Certes, il avait manifestement des problèmes psychiques, et quand on connaît la vie que mena son père à ses 5 enfants, on comprends.  Un cas.  Mais beaucoup de génies ont des problèmes psychiques.  C’est même ce qui fait leur génie. Ainsi, Nash, le mathématicien qui permit la refondation du commerce mondial grâce à ses travaux (prix Nobel) souffrait d’une schizophrénie magistrale.  Et c’est ce qui faisait que son cerveau était exceptionnel. (cf. le film "Un homme d’exception").

    Alors SVP, respectez les gens qui ont offert de la joie, des lettres, de la musique ou de la science à l’humanité parce que vous ne savez pas tout d’eux, et certainement pas avec les infos des fouilles-merde que sont certains journalistes-pauvres-types. 

    Michael Jackson : Respect.

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  7. Luc SEMBOUR

    01/07/2009

    Pour moi et depuis les années 80, Michael  JACKSON était un artiste très largement au-dessus du lot. De fait, quand on connait la compétition ultra-féroce qui existe dans tous les domaines aux USA et dans le show-biz en particulier, où l’idole d’une saison est jetée aux chiens la suivante, se maintenir 40 ans en haut de l’affiche est un fabuleux exploit. Je ne sais pas s’il existe une seule personne ayant vendu plus de disques que lui dans toute l’histoire de cette industrie.

    Je ne l’ai vu écrit nulle-part mais Michael  JACKSON avait quelque chose de pathétique à incarner, à lui tout seul, plusieurs des minorités stigmatisées du genre humain.

    Il était noir et, osons le dire sur 4V, le noir a le malheur de passer auprès de toutes les autres ethnies (blanches et jaunes) pour être atteint de menues tares, réelles ou imaginaires.

    Au sein de la minorité noire, gentiment dénigrée par le reste de l’humanité, il était doté d’un indéniable génie universel (au sens le plus fort du terme) pour la chanson, la danse, le spectacle, et était donc particulièrement sous-minoritaire.

    De plus, au sein des noirs géniaux, il était d’une éclatante blancheur de peau, provoquée ou non et donc sous-sous-minoritaire…

    On le disait homosexuel, mais personne ne le reconnaissait « frère » dans cette autre minorité assez soudée. Bien au contraire, il y passait pour membre du sous-ensemble haï et honni des amateurs de garçons impubères, particulièrement les 7-13 ans. Là encore, Michaël était ultra minoritaire, puisque membre d’une minorité sexuelle rejetée par la minorité sexuelle qui l’englobe.

    Mais, il y avait mieux : Michael  JACKSON était un amateur hyperactif et comme tout artiste intimement sûr de son fait, il montrait son goût avec un naturel et une témérité naïve qui forçait le respect (en tout cas le mien), puisqu’aux USA ses pratiques pouvaient, sans l’ombre d’un doute, le mener derrière les barreaux pour 30 ans. Il s’en est d’ailleurs fallu d’un cheveu à deux reprises et on peut dire que lors du procès de 2005, Michael  JACKSON a réellement donné l’impression de souffrir le martyre, avant de sentir le vent du boulet de la sentence souffler à quelques cm de sa tête, le 13 juin 2005.

    Le Livre Guinness des Records lui a attribué 8 records mondiaux dès 2006 dont celui de « Premier artiste à avoir gagné plus de 100 millions de dollars en un an », « Premier artiste à avoir vendu plus de 100 millions de disques en dehors des États-Unis » et « Meilleur artiste de tous les temps ».

    Parmi la minorité humaine des super-riches (au-delà de 50 millions de dollars de net-worth personnelle), il passait pour être en permanence sur la corde raide et au bord de la faillite. Sous-minorité encore des très-riches ultra-fauchés, ou des très riches exploités par de plus pauvres (entourage, avocats, enfants de passage, mères maquerelles, petits et grands requins du spectacle, etc…)

    Marié, père attentionné de plusieurs enfants, très peu intéressé par leurs mères, Michael  JACKSON plaisait presque à tout le monde. En tout cas à moi, il me semblait être un homme foncièrement et authentiquement gentil, en dépit de tous les défauts que d’autres puissent lui attribuer.

    LS

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  8. Florin

    01/07/2009

    Michael Jackson a voulu s’élever à l’universalité en gommant ses paramètres physiques personnels, forcément raciaux. Il ne voulait pas faire (que) de la musique de Noirs, et a voulu le souligner en cessant, physiquement, d’être Noir. Ceci pour une raison précise : la danse et le chant, de nos jours, passent par l’image, donc cette image est essentielle au contenu et à la pérennité de l’oeuvre.

    Quant à la pédophilie … un de ses supposées "victimes" a avoué cette semaine avoir menti, à la demande de son père. Hé oui, tout le monde a besoin de pognon …

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  9. Magny

    01/07/2009

    Comme le dit le proverbe : quand on veut tuer son chien on l’accuse de la rage .

    Michael vivait sans doute dans un univers mental bien à lui , trop déconnecté de la réalité , mais de là à en faire le roi de la dépravation , l’icone de la décadence ( décadanse ? ) il faudrait prendre son cachet et se calmer un peu là …

    Il s’est fait abuser par tous ceux qui lorgnaient sur son fric , et tout ce qu’il faisait tout le monde l’interprétait dans le mauvais sens , dès les débuts des rumeurs de pédophilie ( et à partir de ce moment les jaloux s’en sont donné à coeur joie ) .

    Je  le raillais moi aussi , c’est si facile , et ça allait dans le sens du courant , mais en prenant du recul et en examinant sa vie et les faits on remet les choses à leur place et on évite de crier haro sur le baudet .                      

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  10. BITAN

    01/07/2009

    J’ai beau relire, je ne vois pas le rapport avec un bombardement de l’Iran…

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  11. Barthélémy

    01/07/2009

    L’HOMME DE NOWHERE LAND EST MORT.
    NO COMMENT.

     

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