La guerre en Ukraine ne se déroule pas comme Poutine l’avait prévu

La guerre en Ukraine ne se déroule pas comme Poutine l’avait prévu

Les Ukrainiens opposent davantage de résistance que prévu. Beaucoup d’entre eux se portent volontaires pour combattre l’envahisseur. Probablement aussi, les Ukrainiens ont reçu des armes et même, dit-on, des avions de chasse – avec pilotes je suppose.

L’armée russe a subi des pertes supérieures à « 948 hommes » (chiffre officiel publié par Moscou, une simple statistique comme s’il s’agissait de petits pois, mais ces 948 hommes, Poutine ne va pas les ressusciter : ils ont leurs familles, femmes et enfants, mais Moscou ne paraît pas s’en soucier). Depuis la publication de ce chiffre, les pertes de l’armée russe sont, en fait, beaucoup plus élevées. Avant que l’Ukraine ne soit écrasée par l’armée russe, elles se chiffreront à plusieurs dizaines de milliers de victimes.

Par ailleurs, les sanctions sont, pour beaucoup d’oligarques de l’entourage de Poutine, une gêne réelle. Ces messieurs se sont tous faits des fortunes considérables, placées en majorité à Londres, la place financière qu’affectionnent les Russes. Avec les sanctions, ils ne pourront plus y avoir accès. C’est évidemment fort irritant.

De façon générale, les échanges entre Russie et Occident étaient variés et importants. Ils sont maintenant gelés. Il en résulte pertes et manques à gagner considérables de part et d’autre.

Bref, en attaquant l’Ukraine, Poutine tablait sur une promenade militaire. En réalité, il a créé un abcès qui, s’étendant, affecte son pays et toute l’Europe dans un très complexe enchevêtrement d’intérêts qui porte sur des milliards de dollars. Dans le monde entier, les marchés financiers ont aussi subi de lourdes pertes.

Irrité par la résistance qu’on lui oppose, Poutine a brandi la menace nucléaire. Veut-il lancer une bombe sur Kiev, Berlin ou Paris ? Je n’y crois pas car ce serait à coup sûr la guerre mondiale et ce serait un désastre pour le monde entier – Russie y compris. Mais le seul fait d’avoir utilisé cette menace qui vise à frapper de stupeur les opinions publiques est une grave erreur qui enlève beaucoup à la crédibilité du personnage.

Poutine veut réussir à tout prix et, pour commencer, par le chantage. Pour ceux qui, au plus haut niveau, s’efforcent d’éviter que la guerre ne s’étende – Emmanuel Macron en premier, qui garde avec Vladimir Poutine un contact téléphonique –, Poutine, avec sa détermination, est un interlocuteur redoutable avec à sa disposition 4 500 armes nucléaires et, à sa main gauche, la Chine communiste, son milliard d’habitants et, elle aussi, son arsenal nucléaire.

Quoi qu’il en soit, l’ex-lieutenant-colonel du KGB est d’une telle ambition que, s’il voyait dans cette affaire le pouvoir lui échapper, il serait capable de tout !

Après la disparition politique de l’URSS en 1991, nous voici revenus à l’affrontement des blocs, un dangereux retour en arrière. Il reste un espoir. Si Poutine acceptait de reprendre des négociations précédées d’un cessez-le-feu, les sanctions pourraient être aussitôt levées. C’est la voie qui se dessine et il faut tout faire pour l’emprunter et arrêter la fuite en avant actuelle.

En attendant, des forces militaires françaises sont envoyées en Roumanie où la France prendra la tête des opérations en tant que nation cadre. Elle dirigera des forces armées venues de Belgique, des Pays-Bas, d’Allemagne, de Pologne et du Portugal. Évidemment, la Russie y voit des projets d’agression.

Au moment où je termine cette chronique, les Ukrainiens seraient déjà 3 millions à la frontière polonaise pour aller plus loin à l’ouest…

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(2) Commentaires

  • quinctius cincinnatus Répondre

    Zelinsky :  » le but de la Russie c’ est de détruire notre Culture, l’ Ukraine et … Israël  » … Isarël … ? … tiens donc !

    20/03/2022 à 17 h 21 min
  • Sansillusions Répondre

    Si Poutine acceptait un cessez le feu en préalable aux négociations, gageons qu’il se ferait avoir comme un bleu, tellement la « parole » de l’Occident – US en tête – ne vaut pas un clou : les engagements précédents de ne pas cerner la Russie par des pays clients et satellites qui sont maintenant tous tributaires des US, l’a montré. Dans une partie de bras de fer, c’est lorsque l’on tient encore la main haute que l’on peut s’affirmer. Dès que l’on a baissé le bras, c’est terminé, on est vaincu et on doit accepter n’importe quoi. Et vu les exigences des nazis ukrainiens (car il ne manquent pas, quoi que vous en pensiez), ça pue.
    La Russie a suffisamment souffert durant la guerre de 41/45 pour ne pas se faire dépouiller une nouvelle fois.

    17/03/2022 à 11 h 37 min

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