La presse française, ou le délire démocrate…

La presse française, ou le délire démocrate…

Comme de nombreux téléspectateurs, j’ai suivi le 2 novembre l’émission de Christine Ockrent sur FR3 consacrée aux élections américaines.
À 23 h 30, la chaîne donnait le candidat démocrate gagnant. Les participants étaient radieux, jubilants. Déjà Hubert Védrine, l’ancien ministre des Affaires Étrangères de Jospin refaisait le monde avec son ami le démocrate Richard Holbrook, en qui il voyait le futur Secrétaire d’État américain.
Le député de Paris, Pierre Lellouche, doté pourtant d’un certain bon sens, ne cachait pas qu’il était en faveur de John Kerry. Il est vrai que ce député est assez proche de Jacques Chirac. Pas un mot n’était dit du 11 septembre 2001, pas un mot sur l’islam et le terrorisme.
Hélas, hélas, hélas, ce fut le triomphe de George W. Bush !
Ce que je veux dire est que, tout au long de la campagne électorale américaine, la presse française, dans sa grande majorité, a fait preuve d’une stupéfiante partialité, reflétant ainsi l’opinion de la plupart des Français qui, en cette importante affaire, se sont livrés à une opération intellectuelle aussi spontanée que stupide, consistant à transposer la politique intérieure française sur les États-Unis. Bush, c’est la droite, c’est Le Pen, que dis-je, c’est Hitler ! Kerry, lui, c’est l’homme du petit peuple, de l’Amérique d’en bas, des noirs, des arabes, des hispaniques, des prolétaires, tout le peuple de gauche.
Qu’il me soit permis de dire que cette vue des choses relève d’une grande ignorance et d’un jugement foncièrement erroné. Les Américains, eux, ont été préservés du virus meurtrier de l’égalitarisme, de la haine des classes, de l’affrontement permanent auquel elle aboutit, issus des révolutions destructrices et suicidaires de 1789 en France et de 1917 en Russie dont on connaît les résultats désastreux.

Religieux et patriotes


Les Américains sont religieux et patriotes. Leur devise est : « Que le meilleur gagne!» En France, qui est religieux en dehors des musulmans pour lesquels l’État se propose de construire de nombreuses mosquées aux frais du contribuable chrétien ?
Qui est patriote, lorsqu’on laisse siffler publiquement l’hymne national ? Seule une petite minorité l’est, en butte aux sarcasmes de la presse et d’une certaine manière aux reproches du Président de la République lui-même, qui s’oppose avec détermination à toute mention de l’héritage chrétien dans la Constitution européenne, mais qui fait l’éloge des « apports positifs de l’islam ».
Le mot d’ordre en France est : soyez internationaliste, altermondialiste, multilatéraliste et, de préférence, homosexuel.
Si vous vous présentez comme le défenseur des valeurs religieuses et morales universelles et nationales, vous ne pouvez être qu’un fasciste et un idiot.
Si vous avez réussi par votre travail, votre intelligence et votre honnêteté à constituer un patrimoine important, vous êtes un suspect à contrôler. On notera d’ailleurs que la majorité des Français estime que les présidents républicains des États-Unis sont tous frappés de débilité mentale. L’intelligence politique est une exclusivité française qui culmine dans le cerveau des grands prêtres qui officient dans les temples sacrés des valeurs républicaines, rue du Faubourg Saint-Honoré, rue de Varenne…
En réalité, utopistes, coupés des réalités, indifférents à tout sauf à leurs vacances et dépourvus de forces financières autant que militaires, les Français irritants depuis longtemps sur la scène internationale, deviennent désormais ridicules.
C’est dire que la presse a encore de beaux jours devant elle pour nous parler de la Côte d’Ivoire où « la situation est sous contrôle », de la santé de Yasser Arafat, infiniment plus intéressante que celle du Pape, du chômage qui « va baisser », et de la Turquie qui va nous arriver avec ses 70 millions de musulmans, plus tous les autres turcophones, que l’on trouve jusqu’en Chine.

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Multiculturalisme

«Nos intellectuels nous invitent à respecter les lointaines populations « fragiles » et à leur éviter ainsi, à tout prix, un choc culturel.
Qu’ils m’expliquent alors pourquoi nous devons, nous Français, accueillir les étrangers en masse au nom d’une multiculture devenue pour l’occasion bénéfique !
Pour quelle raison les mélanges raciaux, religieux et culturels ne produiraient-ils pas ici les mêmes dégâts que là-bas ?»

CdO
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(2) Commentaires

  • T.LARGER Répondre

    une telle collusion entre les différents médias et tuteurs de l’opinion en france est assez sidérante; au sujet des éléctions américaines, il était impossible de s’informer tellement les journaux officiels nous imposaient leur opinion; avec un tel matraquage, on s’étonne que chirac n’ait fait que 80%, et que Jospin ait pris une déculottée; on frémit au résultat qu’on aurait pu avoir si la presse avait été pluraliste dans ses opinions; on ferait partie de ces pays dirigés par des crétins : la russie avec poutine (autrefois eltsine…), l’italie avec berlusconi, les usa avec bush ( autrefois reagan ), l’espagne ou heureusement cet imbécile de aznar a laissé la place à quelqu’un d’intelligent. Coïncidence, tous ces abrutis sont de droite. Je me console en répétant cette vérité d’audiard (tiens encore un con, version franchouillarde): une brute qui marche va plus loin que 2 intellectuels assis, traduit en langage moderne : une brute américaine qui vote Bush et qui travaille va plus loin qu’un bobo français qui paresse. Je sais ça laisse peut de place au débat d’opinion, mais en matière économique entre autres c’est efficace

    14 novembre 2004 à 22 h 00 min
  • LESTORET Répondre

    Je r este convaincu que les Français ne connaissaient que très peu Bush et pas du tout Kerry. Comment auraient-ils pu prendre parti sans une presse vigilante pour les guider ? Or la presse française, avec une unanimité qui a cessé d’être surprenante votait Kerry et accablait son opposant Georges W. Bush des sarcasmes les plus insultants et vils. Cette unanimité de nos journaux suppose à mon avis un chef d’orchestre et sans aller jusqu’à dire que Mme Anastasie avait pour l’occasion repris du service, il me semble que le gouvernement organisait et ordonnait avec autorité cette campagne. Malheureusement pour nos journaux et ceux qui les commandaient,si les Français ont voté pour Kerry, c’est Bush que les Américains premiers intéressés ont choisi. Ce qui est triste c’est de voir le ridicule dans lequel notre pays est ainsi tombé.

    13 novembre 2004 à 19 h 28 min

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