La Russie et nous

Posté le 10 avril , 2018, 3:06
7 mins

Lorsque Donald Trump a été élu, j’ai pensé que les relations entre la Russie et ce qu’il convient d’appeler l’Occident allaient s’apaiser.

Il n’en est malheureusement rien. Au contraire, l’épisode « Skripal » a ravivé les braises. La responsabilité russe, admise par tous sans aucune preuve confiée au public, explique, sans les justifier, les agaceries réciproques par expulsions de diplomates.

Même si cet acte inadmissible était avéré, justifie-t-il la montée des tensions ? Je ne le crois pas. En diplomatie, la mesure s’impose souvent ; surtout quand on ne tient pas un gros bâton caché derrière son dos.

Ce sont les affaires ukrainiennes qui ont été le prétexte, voici quatre ans, de cette nouvelle guerre froide. Quelques remarques de bon sens et un petit rappel historique :

  • Depuis plus de trois siècles, l’Ukraine était russe et elle n’est indépendante que depuis un peu plus de 25 ans. Alors dire, comme je l’entends de la bouche de journalistes ignares, que l’Ukraine a renoué avec la démocratie prête à rire, car les Ukrainiens ne l’ont jamais connue tout au long de leur histoire. Pas plus que les Russes d’ailleurs, qui n’ont quitté les Tsars que pour tomber dans les pattes des communistes.
  • Environ un tiers de la population ukrainienne est russophone et descend directement des populations dont la Russie, depuis au moins 300 ans, a favorisé (quand elle ne l’a pas imposé) le déplacement pour coloniser ces régions ; surtout l’est et le sud.
  • La Crimée, très majoritairement peuplée de Russes, n’était rattachée à l’Ukraine que parce qu’y passait l’unique voie d’accès terrestre. Et, à l’époque, cette subordination de la Crimée à l’Ukraine n’était qu’un détail administratif sans importance. Cette péninsule abrite l’unique base navale russe sur la Mer Noire (Sébastopol). Imaginer que les Russes allaient accepter que cette région puisse échapper à leur influence était déraisonnable. Les Occidentaux, Français en tête, si prompts à avancer le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, auraient dû accepter les résultats du référendum et se faire une raison. L’annexion n’est pas illégitime.
  • Concernant la frange orienta­le de l’Ukraine, elle aussi peuplée de Russes, on entend dire que ce qu’il faut éviter « à tout prix », c’est la partition de l’Ukraine. Je me demande pourquoi on se soucie de ça. Mais, chez nous, c’est une manie ; on a dit la même chose pour la République centrafricaine. Préfère-t-on une « bonne » guerre civile, comme en ex-Yougoslavie, à une « mauvaise » partition ? Heureusement pour eux que les habitants de l’ex-Tchécoslovaquie ont eu la sagesse de s’accorder sur une partition avant d’en venir aux mains.

Ajoutons à cela que l’on n’empêchera pas les Russes de regretter la puissance de l’empire soviétique, même s’ils lui ont idéologiquement tourné le dos. Pour eux, voir arriver les « frontières » de l’OTAN dans leur environnement immédiat est déjà dur à accepter. N’exagérons pas. Il n’y a pas actuellement, à mon avis, de menace militaire russe sur l’Occident, au sein duquel la seule puissance militaire américaine est largement supérieure et suffisamment dissuasive. En fait, on reproche surtout aux Russes d’avoir un chef dans lequel ils se reconnaissent. Nous n’aimons pas les chefs d’États qui pensent d’abord à leur propre pays. Pourtant, nous ferions bien de prendre exemple.

Les affrontements (non violents pour l’instant, Dieu merci) entre l’Occident et la Russie sont une bénédiction pour les islamistes car ils morcellent le front qui leur est opposé.

Dans la guerre de civilisation qui a commencé, nous ne pouvons nous passer d’alliés. Dans le combat qui s’annonce, nous aurons besoin de tout le monde. La Russie actuelle fait partie de l’Occident ; même si c’est de fraîche date, même si cette osmose est encore incomplète, et même si la démocratie russe reste perfectible. On ne va tout de même pas faire la guerre avec les Russes pour ça. Avec quoi faire la guerre d’ailleurs ? Aucun pays d’Europe ne conserve une armée digne de ce nom ; une addition de faiblesses ne fait pas une force.

Il est urgent de rétablir des relations normales avec la Russie, et de cesser ces représailles économiques qui l’affaiblissent et nous affaiblissent aussi.

Enfin, très généralement, je ne vois pas de raison de choisir entre l’Amérique et la Russie. Le prosélytisme international communiste est mort et la guerre froide est finie. Au lieu de s’exciter sur l’affaire ukrainienne, on ferait mieux de se concentrer sur les vraies menaces qui surgissent. Nous allons avoir besoin de ces deux alliés.

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15 Commentaires sur : La Russie et nous

  1. betsynette

    16 avril 2018

    Je suis outrée de ce que trump et ses acolytes macron et may se sont permis sur un pays souverain, comment ces dirigeants de deux pays comme nous la France, ont pu faire cet acte de déclaration de guerre, passant au dessus des autres pays ainsi que de l’ONU, qui n’a pas condamné cet acte, avons nous besoin de cet ONU, qui apparament ne sert à rien que pour prendre des sous, ces guignols de tous poil? COMME CE TRUMP ET SES DEUX TOUTOUS , jupiter et la rien, d’autres pays peuvent aussi faire la même chose, pouquoi pas il suffit d’être trois salo…ds, allez pensez y, faites des groupes et comme ce qui vient de se passer, servez vous de ce que vous avez.

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  2. quinctius cincinnatus

    13 avril 2018

    une raison nécessaire et suffisante pour ne ” pas y aller ” [ en Syrie ] : … B.-H. L. est pour ! … et sans aucun doute Fabius * également

    * merci à H@ns de nous avoir rappelé, et révélé pour ce qui me concerne, le surnom … ” mozartien ” que Barre donnait à ce ” nocif ” : … Chérubin

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    • Sylvie Danas

      14 avril 2018

      C’est une raison suffisante QUINTUS CINCINNATUS, mais elle n’est nullement nécessaire. Car on peut facilement trouver beaucoup d’autres raisons, chacune suffisante à elle seule. On va déjà abimer (encore un peu plus) l’image de la France, n’abimons pas les mathématiques au passage, s’il vous plaît ! 🙂

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  3. El Estafador

    13 avril 2018

    Ne pas oublier que la Russie fait parie de notre continent… Et suivre aveuglément les va-t-en-guerre américains et britanniques serait une folie. Aussi bien l’un que l’autre ont des frontières naturelle (la mer !) faciles à défendre. Les frontières du reste de l’Europe sont des passoires… Nous ne sommes pas logés à la même enseigne et devons peser raisonnablement le pour et le contre… Qui plus est, si l’on se brouille avec le seul allié puissant qui refuse l’islamisation de son pays, c’est se soumettre aux barbares… Et si nos dirigeants ne voient pas ça, c’est qu’ils sont complices des envahisseurs, donc traitres… Tout ce qui se passe actuellement en Europe nous porte en effet à voir qu’on est dirigé par des gens qui ne rêvent que d’installer l’islam en Europe et détruire tout ce que représente les avancées du monde occidental. A bon entendeur…

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    • quinctius cincinnatus

      13 avril 2018

      si vous suivez bien , je veux dire si vous ne lisez pas et n’ écoutez pas que la presse et l’ audio-visuel français, vous sauriez que les Britanniques sont plutôt en retrait par rapport aux prises de menton de notre Chérubin

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  4. HansImSchnoggeLoch

    12 avril 2018

    Braves gens, faites vous prières.
    Si un Russe est touché par les frappes promises en Syrie, cela ne va pas tarder à pêter

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    • HansImSchnoggeLoch

      13 avril 2018

      Le “bon sens” dicterait de ne pas empirer la situation mais Macron pourrait persister et lancer ses Rafales tout seul comme un grand aux semelles rehaussées.
      Face aux S400 russes (de loin supérieurs aux Patriotes US) il sera intéressant de compter le nombre de Rafales.descendus.
      Plus que deux serait une mauvaise pub pour de futures affaires avec cet avion.
      Macron y-pense-t’il?

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  5. HansImSchnoggeLoch

    11 avril 2018

    Kiev a longtemps été le berceau de la Russie, comme le Kosovo a été celui de la Serbie et l’Ile de France celui de la France.
    Je serai curieux de voir la tronche des gouvernants si on leur annonçait que l’Ile de France vient de faire sécession.

    Au rythme où vont les choses la Russie va définitivement s’ancrer à l’Est.
    Le Pacifique sera bientôt le centre des affaires et la vieille Europe sera réléguée au rang d’attraction touristique.
    On n’a en définitive que ce qu’on mérite.

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    • BRENUS

      11 avril 2018

      En réalité, l’Ile de France, va bientôt exiger son rattachement à la grande république islamo-tropicale dont les avant-gardes sont déjà bien implantés et ne vont pas tarder à faire en sorte que les indigènes dégagent pour leur céder la place. Que d’endroits dans cette région ont vu leur population radicalement remplacée. Et je ne parle pas seulement de bleds genre Sarcelles ( ancien village entouré de vergers où, jeunes, nous allions à la saison chercher les fruits, maintenant remplacés par les melons et autres produits exotiques). Ce sont les descendants des vaillants “sarrazins” qui doivent être heureux!

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      • HansImSchnoggeLoch

        11 avril 2018

        Étant une île elle devrait au moins recevoir le statut de Mayotte.
        Pas étonnant que tout le Sud y accoure pour la repeupler.
        Avec le réchauffement global en cours les cocotiers et les dattiers vont bientôt pousser le long du Wadi pardon de la Seine.
        Paris capitale de la Seine égale.

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        • quinctius cincinnatus

          13 avril 2018

          pour ce qui concerne la Francie c’ est plutôt le … Soissonnais !

          et par contre la France c’ est plutôt Aix La Chapelle !

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        • quinctius cincinnatus

          13 avril 2018

          j’ ai une belle fille d’ origine sénégalaise et éduquée en Île de France plus amoureuse de la France qu’ elle tu meurs

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          • HansImSchnoggeLoch

            13 avril 2018

            Je n’en doute pas un seul instant.

    • quinctius cincinnatus

      13 avril 2018

      la Principauté de Kiev est LE berceau de la Russie !

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      • HansImSchnoggeLoch

        13 avril 2018

        Oui et les Rus qui la peuplaient étaient descendants des vikings.
        En viking Rus veut dire peuple qui rame.
        De là Russie.

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