Laissons les Arabes régler leurs problèmes et les Noirs se battre entre eux !

Posté le février 08, 2011, 12:00
13 mins

Première constatation : ce qui se passe en Tunisie et en Égypte réduit à néant la diplomatie française en Méditerranée. Sou­venons-nous de « l’Union pour la Méditerra­née », grand édifice de notre diplomatie construit par le chef de l’État en personne, sur les conseils éclairés de son collaborateur Henri Guaino et dont le co-président est Hosni Moubarak, le Raïs lui-même, notre grand ami !

Tout cela, qui n’a jamais marché, n’étant qu’une vue irréaliste de l’esprit, était une simple utopie qui a coûté cher aux contribuables français. Je l’avais annoncé de la façon la plus claire en 2008, dans le n° 651.

S’agissant de la Tunisie, il serait souhaitable que l’on se souvienne que la France n’est plus une puissance impériale. Le protectorat sur la Tunisie a pris fin en 1956. Il aurait fallu en rester là. En réalité, ce petit État du Maghreb est devenu la cour de récréation de la République. Nos dirigeants socialistes ou RPR-UMP ne cessaient de louer les vertus du président Ben Ali. On l’invitait, on l’honorait, on le choyait. On s’invitait aussi en Tunisie. Tout récemment encore, certains de nos ministres allaient passer leurs vacances dans l’un des palaces du bord de mer. Une mercedes officielle les attendait au pied de l’avion. Un million de Français en faisaient autant chaque année, mais sans mercedes officielle. Un ministre de notre gouvernement aime tellement la Tunisie et les Tunisiens qu’il en a demandé la nationalité.

Siège donc à Paris, au conseil des ministres hebdomadaire, un ministre tunisien. Le maire de Paris, originaire de Bizerte, lui aussi, se sent tunisien – à tel point qu’il compte donner le nom du Tunisien Mohammed Bouazizi, qui s’est immolé par le feu, à une rue de Paris. Et sur notre versant de la Méditerranée, « mer de paix » s’il en fut (!), vivent et prospèrent en France pas loin d’un million de Tunisiens plus ou moins assistés, dont beaucoup de sans-papiers.

Et, patatras, voilà que le couple « exemplaire » franco-tunisien s’effondre. Le président Ben Ali, notre allié, un modèle si efficace, est voué aux gémonies. C’est tout à coup un horrible individu, un dictateur corrompu. On n’en veut plus. Ses avoirs en France sont gelés, ainsi que ceux de tous ses proches. On va le poursuivre. Comment a-t-on pu fréquenter un monstre pareil !
C’est là une image accablante de l’hypocrisie de notre gouvernance et de son absence de jugement.

En attendant la suite, la Tunisie, qui avait atteint un certain développement et un commencement de bien-être, est mise à sac. Tueries, pillages, incendies, vols, deviennent permanents. 11 029 détenus de droit commun (chiffres officiels), que l’on a libérés, toutes les portes des prisons ayant été ouvertes, font régner la peur dans certains quartiers des grandes villes que cherchent à protéger tant bien que mal des milices spontanées armées de bâtons et de couteaux.

L’industrie touristique est par terre. Le chômage a augmenté de 50 % en deux semaines. Les 10 000 Français installés en Tunisie se ruent sur l’aéroport pour regagner « la mère patrie ». C’est le chaos le plus complet. Le 14 janvier, le chef d’Al Qaïda au Maghreb islamique a diffusé sur les forums islamistes, le jour même de la fuite de Ben Ali en Arabie saoudite, un « message au peuple tunisien révolté » dans lequel il « appelle les jeunes à rejoindre son organisation pour instaurer un État islamique sur l’ensemble du Maghreb ». Ce qui est d’ailleurs en voie de se faire dans le Sud algérien, le Sahara et le Sahel. L’islamiste tunisien Rached Ghannouchi, chef historique du mouvement Ennahada, a fait un retour remarqué à Tunis le 30 janvier, accueilli comme l’avait été à Téhéran le grand ayatollah Khomeyni. ça promet !

Mais revenons à l’Égypte. En quelques jours, plus encore qu’à Tunis, les dégâts provoqués par la révolution ont été considérables. Pillages et incendies se sont multipliés. Le musée du Caire, l’un des plus riches du monde, a connu un commencement de pillage. 72 objets exposés ont été volés ou détruits. L’industrie touristique, elle aussi, s’est effondrée. Or, elle était la première source de revenus de l’État, avec le canal de Suez, dont on prie les dieux à deux genoux qu’il ne soit pas obstrué, créant ainsi une crise mondiale succédant à celle qui est à peine terminée. Dans ce contexte de chaos, les Occidentaux paniqués, y compris les milliers de Français établis en Égypte, cherchent à fuir par tous les moyens.

Bref, quelle que soit l’issue de ces révolutions arabes, il faudra très longtemps pour réparer les dommages causés et ce n’est pas M. Besancenot et le chef du Parti communiste français, qui se sont précipités à Tunis pour conseiller les « camarades » tunisiens, qui vont contribuer à la paix sociale !

En Égypte, on notera que Mohamed El Baradei, l’ancien chef de l’agence internationale de l’énergie atomique, qui a toujours fait preuve d’une grande complaisance en faveur du régime islamiste iranien et n’en a pas moins reçu le prix Nobel de la paix, est le porte-parole de la confrérie des Frères musulmans qui s’apprête pratiquement, mais jusqu’ici discrètement, à diriger l’Égypte avec l’accord de l’armée, dans un climat d’instabilité, de confusion et de tension – ce qui est d’autant plus regrettable que de réels progrès économiques avaient été réalisés ces derniers temps, avec une croissance annuelle de 5 %.

Ceci n’empêche nullement l’UE (les contribuables européens) de faire cadeau chaque année de 200 millions d’euros à l’Égypte et de 85 millions à la Tunisie, ni les États-Unis, d’offrir 1,2 milliard de dollars par an à l’Égypte, au total 60 milliards de dollars depuis 1979. On note à ce propos que l’administration Obama paraît s’unir aux émeutiers pour accélérer le départ de celui qui fut pendant des décennies leur meilleur allié au Proche-Orient.
Quant à la Côte d’Ivoire, force est de constater que le droit international, la démocratie et la « communauté internationale démocratique » sont allègrement jetés aux orties par le président Gbagbo de l’Internationale socialiste démocratique, si bien conseillé par deux ténors du barreau français, socialistes eux aussi, prospères, et démocratiques. Et je ne vous dis pas tout !

En conclusion, je rappellerai que la mentalité et les structures politiques et administratives de la nation arabe relèvent en réalité du haut moyen âge. Le modernisme démocratique que l’Occident cherche à lui imposer crée le désordre. Seul l’islamisme est conforme à la mentalité profonde du peuple arabe. Le chef de l’État ne peut pas être un président issu d’élections libres, le chef légitime est le calife, l’envoyé d’Allah.
L’Afrique du Nord (et aussi du Centre et du Sud), c’est le chaos et pour longtemps. Je vous le recommande à nouveau : n’y mettez pas les pieds !

8 réponses à l'article : Laissons les Arabes régler leurs problèmes et les Noirs se battre entre eux !

  1. martel

    02/03/2011

    Je suis un fidele lecteur des 4 verites et particulierement des rubriques de Ch. Lambert qui correspondent a mes penses sur tous les points.
    Le probleme Arabe est le Coram, il ne se resoudra pas tant que celui ci ne sera revue et corrige dans un concile inter religieux, 1500 ans que ca dure et a ce rythme n est pas pres de s arreter, malgre les ronds de jambes et de la langue de bois de nos elites nationales, le changement d enseigne Islam de France ou Islam a la Francaise arreter de rever messieurs le dirigeants, je sais bien que la crainte des attentats les rends prudents. En attendant  la contagion gagne la France a moins de 2 km de chez moi un couple bien Francais s est convertir a l Islam ? Elle sort en burqua et lui la barbe plus la soucoupe sur la tête parait il que ca leur permet d être prioritaire dans leurs demarches aupres de l administration, incroyable mais vrai !!!
    Qui, viendra nous sauver, Christian Lambert nous comptons un peu sur vous, il suffit d une etincelle pour enclancher le changement que tous les Francais attendent, je craint que Marine ne soit a la hauteur ?
    Il est grand de nous organiser 2012 n est pas loin.

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  2. fbastiat

    12/02/2011

    Je ne pense pas que les récents évênements d’Afrique du Nord changent fondamentalement la politique "eurabia" et "euromed" de l’UE. Ce sera toujours le soutien à la cause palestinienne et l’ouverture des frontières à l’immigration contre une vague promesse d’approvisionnement en pétrole et  de quelques contats juteux. Le défense de notre civilisation de la liberté n’est pas encore à l’ordre du jour.

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  3. Anonyme

    10/02/2011

    Il n’y a pas d’islamistes, N d D… il n’y a que l’ islam,  et c’est tout. Tôt ou tard les pays du Maghreb se tourneront à nouveau un peu plus  vers la charia, la loi islamique (on y est déjà en Libye, en Algérie et au Maroc). La Tunisie et l’ Egypte viennent de vivre une parenthèse. Les femmes remettront  le hijab, etc…

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  4. NL

    10/02/2011

    Je trouve HOMERE  bien timoré  quand il parle de "sourd". Les Français sont non seulement sourds, mais aussi aveugles et lobotomisés par les médias de masse qui distillent leur brouillard rose au quotidien…

    Les éléphants sont rose, "ils" l’ont dit à la télé!! Tient… en v’la un gris….Il doit être malade…! Tient….un 2éme gris?? Ce doit être une épidémie….!!

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  5. ozone

    09/02/2011

    Hé ho…….Il y à notre petrole au millieu…..

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  6. Gilles

    09/02/2011

    Quelqu’un de ma famille a pu faire une réservation, vol plus hôtel, pour un séjour d’une semaine au Hilton de Djerba, pour la fin de ce mois, pour un prix pas si sacrifié que cela. Donc l’activité touristique n’a pas été bloquée si longtemps que ça, en Tunisie.

    Qui que ce soit arrive au pouvoir maintenant en Tunisie ne sera pas assez bête que pour se priver de la manne du tourisme (encore que…). Mais bon, on n’en parle presque plus aux nouvelles, l’Egypte étant plus devenue plus intéressante pour les medias.  

    Quoiqu’il en soit, les régimes qui vont se mettre en place en Afrique du N ord ne vont pas résoudre la cause des émeutes: le sous-emploi. Les locaux s’en rendront compte assez vite, et tel un vol de gerfauts hors du charnier natal, c’est en Europe qu’ils vont venir. Comment les arrêter? Supprimer le regroupement familial, le droit du sol ne sont que des mesures dérisoires. Et ces mesures apparaissent tellement extrémiste dans l’esprit de nos contemporains que même Marine Le Pen n’ose pas les exprimer publiquement. En plus, parlez-en autour de vous: les gens prennent Besson ou Sarkozy pour des nazis! Les Français de souches sont des sourds qui ne veulent pas entendre, eh bien, ne leur demandons rien!

    Certes nous n ‘avons rien à gagner à nous mêler des Afriques, mais les Africains,eux, n’ont rien à perdre à ne pas TOUT tenter pour nous rejoindre.

    L’editeur du "Camp Des Saints" de Raspail a été bien inspiré de republier maintenant cette oeuvre prophétique: l’apocalypse (la révélation) c’est maintenant!

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  7. HOMERE

    09/02/2011

    Ni les pieds ni le reste….

    Au fond,ne vaudrait il pas mieux que ces pays médiévaux et barbares redeviennent ce qu’ils sont réellement ? c’est à dire fondammentalistes comme leur religion les y obligent ? des Républiques islamistes overseas pourquoi pas ? au moins on saurait ou sont nos ennemis jurés crachés.Plus de surprises,que des certitudes !! il suffirait ensuite que les visas ne puissent être accordés sur le critère d’incompatibilté avec nos démocraties.Perso je préfère celà à ce que nous prépare les autorités nouvelles de Tunisie et d’Egypte,à savoir un islam de type AKP Turque ?

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  8. carthaginois

    09/02/2011

    cet article est en grande partie vrai Je tient juste à dire: comme vous êtes pessimiste à propos de la Tunisie! Il serait bon de savoir que des sondages on été réalisé le 2 février et seulement 1.4% de la population adhère aux idées islamistes d’ennahda (qui est d’ailleurs loin de khomeini),et une majorité à la gauche modéré (32%). De plus vous parlez des tunisien comme si c’était des iraniens ou autre.Sachez que les tunisiens sont très occidentalisé et que ce pays est de loin le plus développé d’Afrique et du monde arabe, dans ses meurs,habitude,recherches,arts etc… et ce grâce à une influence de nombreuses civilisations dans son passé (berbère, carthaginoise,romaine,aryenne(wisigoth),arabe,turc et européenne(Italie,malte, Espagne, France etc…)il n’y a qu’a prêter attention au dialecte tunisien pour se rendre compte qu’il est composé de nombreux mots venant des quatre coins du monde. En ce qui concerne le demi-million de tunisiens vivant en France la majorité d’entre eux on une situation stable et régularisé et le développement économique a fait en sorte que ces dernières années l’immigration s’est considérablement ralentie et de nombreux tunisiens ont commencé à revenir en Tunisie. Sinon si il y a bien une chose dans lequel les carthaginois (les tunisiens)son doué c’est bien l’économie,la Tunisie s’est déjà sortie dans son passé de situations des dizaines de fois pire que celle là.

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