Le départ de Theresa May

Posté le 28 mai , 2019, 9:57
15 mins

Si Theresa May a jamais fait consensus sur quelque chose, c’était bien sur son départ.

Le 24 mai, elle a enfin cédé aux suppliques venues de son propre parti et annoncé la fin de son mandat pour le 7 juin.

Les conservateurs ont un intérêt existentiel à ne pas se tromper cette fois-ci. On se demande ce que les eurolâtres bornés du parti vont encore pouvoir inventer pour s’opposer à la volonté populaire mais, s’ils veulent sauver leur naguère vénérable parti, ils doivent à tout prix changer de cap – ou aller là où on pense comme eux, c’est-à-dire chez les Lib-Dems.

May et les conservateurs félons qui l’ont soutenue représentent tout ce qui ne va pas dans le parti conservateur d’aujourd’hui.

C’est du reste l’histoire du Parti républicain aux États-Unis avant Trump et du piètre LR en France : des partis dits de droite, mais sans convictions ni principes, qui se plient à toutes les lubies de la gauche.

May en était une caricature.

Censée «mener» ses troupes par des décisions éclairées et hardies, cette sous-douée de la politique a, au contraire, toujours «suivi», s’alignant systématiquement sur toutes les absurdités que l’Union européenne nous impose sans aucune légitimité : mensonge climatique, correction politique, immigration forcenée, réglementations et impôts, complicité vis-à-vis de l’Iran, impuissance devant la Chine, etc.

Avec May, ce fut toujours l’UE d’abord, avant le Brexit et donc avant le pays qu’elle dit «aimer». Ses larmes de départ n’étaient pas feintes, mais de dépit sur elle-même, car cette entêtée caractérielle se voit comme une victime historique.

L’ancien leader Ian Duncan Smith résume le mieux pourquoi il est impossible d’avoir pitié de May: «Navré, Theresa, mais compromis devient un gros mot si on le lie au Brexit.» Et que penser d’un pseudo-leader conservateur qui a cherché à magouiller avec Corbyn, le chef communiste de l’opposition (pour essuyer une humiliation de plus), mais continue de considérer Farage comme indigne de tout dialogue?

Les conservateurs, s’ils ont tiré quelque enseignement de la faillite de May, doivent impérativement nommer à sa place un véritable conservateur et un véritable Brexiteur, capable de trancher le nœud gordien qu’elle a créé, ce qui implique le recours à un Brexit dur mais légal – la sortie sans accord.
Après 3 années perdues en tergiversations alambiquées, tout autre choix serait suicidaire.

Le nouveau leader devra, dès le départ, casser le catrastrophisme de rigueur par un discours exaltant au service d’une vision claire et positive et, une fois le Brexit acté, en tirer rapidement les bénéfices économiques et politiques, afin de rassurer les différentes parties du royaume et d’éradiquer les éternelles velléités de scission que la faiblesse de May a ravivées. Tout cela est éminemment possible.

Plus difficile, le nouveau leader devra démontrer la dangerosité de Corbyn qui replongerait le pays dans les affres de l’ère Wilson-Heath. Cela implique qu’il, ou elle, ait l’ouverture d’esprit nécessaire pour accueillir Farage comme acteur de la scène politique, voire comme partenaire possible.
Qui, au parti conservateur, est capable de relever ces défis?

Boris Johnson semble favori, mais n’oublions pas qu’il a déjà été évincé en 2016 par les parlementaires qui ne l’aiment pas, contrairement à la base.
Andrea Leadsom est une véritable Brexiteuse mais qui peut oublier qu’elle a laissé la place à May sans combattre en 2016?

Dominique Raab, jeune et charismatique, serait intéressant.

Quoi qu’il en soit, Farage et le Brexit Party ne vont pas disparaître poliment après les élections européennes. S’il obtient ou frôle les 30%, Farage aura réalisé par son seul talent ce «second référendum» que voulaient les opposants au Brexit et confirmé le Brexit. Même s’il n’obtient que 15%, il restera incontournable car il aura pris trop de voix aux conservateurs pour que ceux-ci continuent d’être dans le déni.

Trump ne s’y trompe pas: il a réclamé que Farage figure parmi les invités de sa liste personnelle (il en a le privilège) lors du dîner d’État que donne la reine en son honneur le 3juin. Charitable, il salue «le courage» de May et dit se réjouir de la revoir lors de sa visite d’État.

À ce dîner, où trois indésirables notoires ont fait l’affront de dire non à l’invitation royale en raison de la présence de Trump (Sadiq Khan, Jeremy Corbyn et John Bercow), Trump aurait-il l’ambition d’amener May à conclure une paix bienvenue avec Farage ?

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Si Theresa May a jamais fait consensus sur quelque chose, c’était bien sur son départ.
Le 24 mai, elle a enfin cédé aux suppliques venues de son propre parti et annoncé la fin de son mandat pour le 7 juin, ce qui est un soulagement pour tout le Royaume-Uni mais pas la fin de May, seulement le début d’une fin de partie qui pourrait durer encore quelques semaines, voire plus, en raison du processus de remplacement du Leader conservateur.
Les conservateurs ont un intérêt existentiel à ne pas se tromper cette fois-ci. On se demande ce que les eurolâtres bornés du parti, qui ont leur responsabilité autant que May dans leur discrédit actuel, vont encore pouvoir inventer pour s’opposer à la volonté populaire mais, s’ils veulent sauver leur naguère vénérable parti, ils doivent à tout prix se remettre en question et changer de cap, ou alors régulariser la situation et aller là où on pense comme eux, c’est à dire chez les Lib-Dems.
May et les conservateurs félons qui l’ont soutenue représentent tout ce qui ne va pas dans le parti conservateur d’aujourd’hui. C’est du reste l’histoire du Parti Républicain aux Etats-Unis avant Trump et du piètre Les Républicains en France: des partis dits de droite, mais sans convictions ni principes, qui se plient à toutes les politiques et lubies de la gauche par un prétendu centrisme qui n’aboutit qu’à des concessions, la plupart irréversibles, à la gauche.
May en était une caricature.
Censée “mener” ses troupes par des décisions éclairées et hardies, cette sous douée de la politique, médiocre ministre de l’Intérieur propulsée Premier ministre par défaut, elle a au contraire toujours “suivi”, s’alignant systématiquement sur toutes les absurdités que L’Union européenne nous impose sans aucune légitimité: mensonge climatique, correction politique, immigration forcenée, règlementations et impôts, complicité vis-à-vis de l’Iran, impuissance devant la Chine…
Avec May, ce fut toujours l’UE d’abord, avant le Brexit et donc avant le pays qu’elle dit “aimer”. Ses larmes de départ n’étaient pas feintes mais de dépit sur elle-même car cette entêtée caractérielle se voit comme une victime historique: dépit que son “honnête compromis”, trois fois rejeté, n’ait rencontré qu’incompréhension.
L’ancien leader Ian Duncan Smith résume le mieux pourquoi il est impossible d’avoir pitié de May: “Navré, Theresa, mais compromis devient un gros mot si on le lie au Brexit”. Et que penser d’un pseudo leader conservateur qui a cherché à magouiller avec Corbyn, le chef communiste de l’opposition (pour essuyer un échec et une humiliation de plus), mais continue de considérer Farage comme indigne de tout dialogue? 
Les conservateurs, s’ils ont tiré quelque enseignement de la faillite de May, doivent impérativement nommer à sa place un véritable conservateur et un véritable Brexiteur, capable de trancher le noeud gordien qu’elle a créé, ce qui implique le recours à un Brexit dur mais légal – la sortie sans accord.
Après 3 années perdues en tergiversations alambiquées, tout autre choix serait suicidaire.
Le nouveau Leader devra, dès le départ, casser le catrastrophisme de rigueur par un discours exaltant au service d’une vision claire et positive et, une fois le Brexit acté, en tirer rapidement les bénéfices économiques et politiques afin de rassurer les différentes parties du Royaume et d’éradiquer les éternelles vélléités de scission (Ecosse, Irlande) que la faiblesse de May a ravivées. Tout cela est éminemment possible.
Plus difficile, le nouveau leader devra démontrer la dangerosité de Corbyn qui replongerait le pays dans les affres de l’ère Wilson-Heath. Cela implique qu’il, ou elle, ait l’ouverture d’esprit nécessaire pour accueillir Farage comme acteur de la scène politique, voire comme partenaire possible.
Qui, au parti conservateur, est capable de relever tous ces défis?
Boris Johnson semble favori mais n’oublions pas qu’il a déjà été évincé en 2016 par les parlementaires (qui éliminent les candidats lors de la série de votes à huis clos et n’en laissent que deux en lice à choisir par les adhérents) car ils ne l’aiment pas, contrairement à la base. Andrea Leadsom est une véritable Brexiteuse mais qui peut oublier qu’elle a laissé la place à May sans même combattre en 2016? Dominique Raab, jeune et charismatique, serait intéressant.
Quoiqu’il en soit, Farage et le Brexit Party ne vont pas disparaître poliment après les élections européennes. S’il obtient ou frôle les 30%, Farage aura réalisé par son seul talent ce “second référendum” que voulaient les opposants au Brexit et confirmé le Brexit. Même s’il n’obtient que 15%, il restera incontournable car il aura pris trop de voix aux conservateurs pour que ceux-ci continuent d’être dans le déni. En cas d’élection générale, le parti conservateur ne pourrait pas gouverner sans une coalition avec Farage, qui a fait d’un “parti virtuel”  un parti de gouvernement en 4 mois, ce qui est une prouesse fulgurante et même une révolution.
Trump ne s’y trompe pas: il a réclamé que Farage figure parmi les invités de sa liste personnelle (il en a le privilège) lors du dîner d’Etat que donne la reine en son honneur le 3 juin. Charitable, il salue “le courage” de May et dit se réjouir de la revoir lors de sa visite d’Etat.
A ce diner, où trois indésirables notoires ont fait l’affront de dire non à l’invitation royale en raison de la présence de Trump (Sadiq Khan, Jeremy Corbyn et John Bercow), Trump aurait-il l’ambition d’amener May à conclure une paix bienvenue avec Farage?

3 Commentaires sur : Le départ de Theresa May

  1. Janvier

    28 mai 2019

    Farage au pouvoir serait la solution, mais avec quelles alliances ? Quoique , pour élargir leur gamelle, il s’en trouvera bien qui arriveront.
    Un Brexit dur fera s’ecrouler l’economie française , entre autres.
    Beaucoup vont souffrir 😂
    Trump ne souhaite pas une Europe fédérale.
    Il a raison et pour son pays et pour les peuples européens.
    Poutine, lui, souhaite une Europe fédérale , il a dit à plusieurs reprises (cf Valdaï) qu’il préférait avoir un seul interlocuteur.
    Il s’adaptera.
    Donc, n’attendons pas son aide, il ne roule que pour son pays et pour son peuple.
    Mais nous avons Trump, l’intérêt de son pays et celui des peuples européens, se recouvrent.
    Espoir …

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  2. OMER DOUILLE

    28 mai 2019

    Le Farage en question est pire qu’un bulldog quand il s’y met. J’ai visionné des copies de séances au Parlement Européen dans lesquelles on le voit non seulement gueuler comme pas un mais en plus insulter sans retenue un membre éminent de la direction de ce “machin” – comme dirait De Gaulle- S’il bénéficie d’un bon soutient populaire en plus du compte, ce ne sera pas trop la fête dans le parti des “remainers” car ce type semble ne jamais lacher le morceau. Dans un sens, tant mieux pour nous Français qui avons intérêt à ce que la comédie de l’aller-retour permanent anglais cesse au plus vite et qui, de plus, fera réfléchir Macron sur ses constantes velléités de nous faire entrer dans un système de plus en plus fédéral, malgré que la majorité d’entre nous ne le souhaite pas.

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    • quinctius cincinnatus

      29 mai 2019

      Farage si on met à part un succès électoral quasiment ” obligatoire ” dans le contexte du moment n’ arrivera jamais à rien: une grande gueule et puis … c’ est tout

      par contre j’ ai et garde, beaucoup d’ admiration pour Madame May

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