Les États-Unis sont-ils en déclin ?

Les États-Unis sont-ils en déclin ?

La question est récurrente depuis quarante ans, à chaque revers ou quand émerge une autre puissance. Avec l’Administration Oba­ma, ce déclin devient crédible.

Le rôle de leader mondial représentant les forces de la liberté est déjà un souvenir.

L’influence américaine en Asie s’efface devant la Chine, en Europe orientale devant la Russie et au Moyen Orient devant l’Iran, comme en témoigne le marché de dupes de Genève.

L’Amérique sous Obama ne défend plus les faibles et les opprimés : elle ignore les chrétiens persécutés et les massacres commis, partout, par le terrorisme musulman contre les populations musulmanes. Elle ne défend même pas ses propres diplomates (scandale de Benghazi), si cela risque de remettre en question le nouveau discours officiel, selon lequel Obama aurait vaincu Al Qaïda et « établi un nouvel équilibre plus sain » au Moyen-Orient.

En dépit des restrictions de crédit sans cesse infligées au militaire, le déclin de l’Amérique à l’étranger n’est pas dû à quel­que retard technologique. Il est purement politique. Nous voici dans un monde post-américain, où une Amérique alignée sur l’ONU, organisme international corrompu et incompétent, brade les intérêts occidentaux à des puissances régionales douteuses.

L’Amérique n’est pas davantage aimée et elle n’est plus respectée. La sécurité mondiale n’en est que plus aléatoire.

Le déclin intérieur, de son côté, angoisse les Américains et nous n’en avons que peu d’échos.

Même les néoconservateurs semblent accepter l’argument libertarien aujourd’hui dominant : que l’état de l’économie à lui seul rend impossible la poursuite du leadership tel que nous le connaissions depuis 1945. Le géant n’a plus les moyens de soutenir son rang. Une superpuissance, qui emprunte toujours plus pour payer les intérêts d’une dette de bientôt 17,5 trillions de dollars, n’a évidemment plus l’avantage moral.

Cette situation accuse aussi un inquiétant déclin politique : Obama court-circuite le Congrès, c’est-à-dire qu’il signe des décrets présidentiels et téléphone aux agences gouvernementales pour obtenir ce que les représentants du peuple ne se sont pas sentis autorisés à lui accorder. L’Amérique prend ainsi des habitudes de république bananière.

Notons aussi que les États-Unis ne sont plus qu’à la 12e place dans l’Index de la Liberté Économique.

Contrairement aux statistiques officielles, le pays n’est pas sorti de la récession. La croissance est anémique. Le taux de chômage est officiellement à 6,7 %, en réalité à plus de 10 %. L’Index de la Misère (chômage combiné à l’inflation) est passé de 7,8 % en 2008 à 14,7 %.

Dans tout cela, il n’y a aucune fatalité, mais des choix politiques désastreux. Pourtant, Obama n’offre au pays que la poursuite accélérée de ces mêmes choix.

Obamacare, son plan de santé obligatoire, a provoqué un chaos indescriptible dans le système d’assurance-santé, sans régler aucun des problèmes réels préexistants.

Il reste certes des secteurs industriels puissants, ce qui explique que la bourse, qui n’est pas directement liée à l’économie nationale, soit encore dynamique. Mais ces bénéfices ne sont pas investis dans les em­plois américains.

Obama, à l’inverse de ce qu’il prêche, ne fait rien pour alléger la souffrance des ouvriers. Son parti est, comme tous les partis socialistes, ennemi de la croissance. Il prospère sur le malheur de ceux qu’il prétend aider et ne vise qu’à étendre l’assistance de l’État au plus grand nombre.

Obama n’est pas l’artisan unique du déclin sociétal tragique que vit l’Amérique, mais il y contribue significativement.

Rien n’est, pour le moment, complètement irréversible.

Il faut aussi noter qu’à chaque fois que l’Amérique est déclarée agonisante, surgit une invention technologique (conquête spatiale, révolution informatique) ou un homme providentiel (Rea­gan) qui force les fossoyeurs à ranger leurs pelles.

Cette fois-ci, le salut pointe sous la forme d’une révolution énergétique. Il s’agit de l’exploitation du pétrole et des gaz de schiste.

Il y a là de quoi bouleverser la donne énergétique et géopolitique mondiale. Et tout cela, alors même que les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) déçoivent partout les espoirs mis en eux…

Évelyne Joslain

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Commentaires (2)

  • quinctius cincinnatus Répondre

    excellent article, clair concis, objectif, et surtout chiffré sans fards sur le début de  » la Chute de l’Empire Américain  » … dans lequel on retiendra surtout que les U.S. sont maintenant à la 12ième place à l’index des libertés économiques et que l’index de la Misère est passé à 14,7 % … bien que la  » dégradation  » de ces index ne soient pas en totalité imputables à Barack Obama il n’en reste pas moins vrai que le Président navigue sans boussole véritable et qu’il n’allège pas le voilage par ses décisions sociales et économiques … l’Amérique est devenu un grand corps obèse …

    P.S. 1 le patron d’Esso à qui on demandait s’il avait à la fin de son mandat un regret, a déclaré qu’effectivement il déplorait pour sa société d’avoir trop misé sur les … gaz dit de Schiste, donc le sursaut ne viendra sans doute pas de ce côté en tout cas pas exclusivement
    P.S. 2 nous en saurons davantage quand à l’avenir des U.S. en observant si dans les années qui viennent le Pays reste toujours aussi attractif pour les étudiants en Sciences et Technologies qui sont à mon avis le meilleur marqueur de l’avenir économique d’une Nation

    Q.C. P.D. E.C.F.M.G.

    16/02/2014 à 21 h 35 min
  • Flavius Aetius Répondre

    Le déclin de l’empire américain, comme celui des empires romain, byzantin ou ottoman, s’étalera peut-être sur deux ou trois siècles, mais cette période sera entrecoupée de phases de rebond. La créativité et les facultés d’adaptation des Américains et des « Nordiques » en général (Anglo-Saxons, Germaniques, Scandinaves), sont immenses ; ils seront capables, mieux que les Français et les autres vieilles nations latines d’Europe, de s’adapter aux changements, et notamment aux changements de populations.

    14/02/2014 à 9 h 04 min

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