Les forces anti-Macron en Europe

Posté le novembre 26, 2019, 11:08
15 mins

En janvier 2017, l’idée flottait que Ted Malloch allait être nommé ambassadeur des États-Unis auprès de l’UE.

Le professeur Malloch était impécunieux mais fougueux, se vantant haut et fort de pouvoir «donner un coup» dans la machine européenne, puisqu’il avait déjà aidé à bousculer l’URSS.

L’imprudent eut alors à subir les foudres des leaders européens. Pire, il perdit la confiance de Trump. En octobre, Trump n’eut aucun mal à faire accepter Gordon Sondland. Ce dernier est l’illustration d’un des traits les moins séduisants dans la politique américaine : les postes d’ambassadeurs vont souvent aux gros donateurs du président et, en général, les «récompensés» ne font pas de vagues là où ils sont nommés.

Deux notables exceptions: Woody Johnson à Londres et Richard Grenelle à Berlin qui, plus diplomatiquement, font un peu ce dont Ted Malloch avait rêvé.

Sondland, lui, a voulu se faire valoir, semble-t-il, racontant au Torquemada du Congrès Fédéral, Adam Schiff, que «sa perception» était qu’il y avait eu «contrepartie» dans la fameuse conversation téléphonique du 25 juillet entre les présidents américain et ukrainien. Les interrogateurs républicains viennent de lui faire avouer qu’il n’y avait rien eu de tel.

Espérons que Trump se débarrasse vite de cet individu et soit plus avisé dans le choix d’un diplomate authentique et, surtout, conscient du déficit démocratique du Super-État, comme Malloch.

En attendant, félicitons-nous de l’élection au poste de Premier ministre polonais du conservateur Tadeusz Morawiecki. La Pologne, premier pays à avoir rejoint les économies de marché à sa libération du joug soviétique, a aujourd’hui une croissance économique plus rapide que celle de l’UE, tout en restant attachée à notre civilisation.

Le nouveau Premier ministre explique: «Il n’y a pas de con­sentement populaire aux expérimentations sociales ni aux révolutions idéologiques. L’enfance est inviolable : quiconque empoisonne les enfants avec une idéologie déclare en réalité une guerre culturelle à la Pologne.» Il fait là allusion aux théories du genre et aux mesures reproductives artificielles qui figurent dans les livres scolaires, mais son argument vaut pour tous les pays occidentaux et pour toutes les idéologies mortifères pour nos sociétés occidentales: haine de soi, féminisme politique vengeur, multiculturalisme, immigration de masse, marxisme recyclé par l’hystérie climatique, etc.

Optimiste, M.Morawiecki con­clut: «Cette guerre n’aura pas lieu car la normalité aura gagné avant.»

À l’extérieur, il montre qu’il a bien entendu, lui, la mise en garde de Trump sur la dépendance énergétique dangereuse des nations européennes face à la Russie. Il annonce la construction d’un oléoduc de la Norvège vers la Pologne au moment où Mme Merkel redouble son approvisionnement russe via Nordstream II.

Mieux, M.Morawiecki insiste à nouveau sur l’importance de l’OTAN et la valeur civilisationnelle de l’Alliance, largement financée par les États-Unis (70%), qui continue de protéger 500 millions d’Européens privés d’armées nationales dignes de ce nom, les dépenses allant prioritairement au «social». On sait que l’OTAN souffre de plusieurs maux: son élargissement, son Article V toujours à sens unique et le manque de fiabilité de ses membres, dont la Turquie d’Erdogan mais aussi l’Allemagne de Merkel et la France. Les pires récalcitrants ayant été le Général de Gaulle, Mitterrand et son émule-en-tout Chirac puis, à présent, Macron.

Macron déclarait le 9 novembre à The Economist que «l’OTAN était en état de mort cérébrale puisque les États-Unis se détournaient de l’Europe». Aussi l’Europe devrait anticiper et se détourner la première de l’OTAN. Que de sottise crasse et de mensonges en si peu de mots! Et d’enfourcher son dada, au titre qui en dit long: la Coopération Structurée Permanente (sic!), une armée européenne. Des casques bleus européens, en somme, avec Macron en chef des armées : Chinois, Russes et Ayatollahs doivent trembler.

Mais, si Macron a cette attitude typique des timorés rêvant de gloriole militaire, ses pairs plus réalistes lui ont battu froid après sa dernière sortie, même Angela Merkel.

Pour nous, Français, vu l’état de déliquescence de notre pays, l’aide ne peut venir qu’indirectement de l’extérieur. Pour cela, nous avons les Anglais du Brexit et Trump à l’Ouest, Morawiecki et Orban, Salvini (?) à l’Est. C’est un début.

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3 réponses à l'article : Les forces anti-Macron en Europe

  1. quinctius cincinnatus

    28/11/2019

     » il me manque un Jack Lang  »

    toutes les  » valeurs  » d’ Emmanuel Macron sont contenues dans cette courte phrase

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  2. fournet.arnaud

    26/11/2019

    Après le Cocu Magnifique de Molière, Macron nous offre un Puceau Magnifique, un petit con qui parade et ne comprend rien.

    Répondre
    • quinctius cincinnatus

      28/11/2019

      comme je ne connaissais pas cette pièce de … Molière j’ ai donc vérifié sur Wikichose : écrite en 1920 elle est d’ un certain Crommelijnck et Wikichose m’ apprend qu’ il s’ agit d’ une pièce pour laquelle la comédie de geste est l’ atout principal

      merci

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