Les jours des mollahs sont comptés

Les jours des mollahs sont comptés

Les analystes de ce pays ont bien du mal à déchiffrer l’évolution du monde contemporain.

C’est tout particulièrement vrai pour le Proche-Orient. La raison à cela est très simple. Il leur manque la plupart des clés qui seraient susceptibles de leur permettre d’y voir clair.

1. D’abord, aveuglés par la « politique arabe de la France »,
dont Nicolas Sarkozy n’est pas vraiment sorti, ils persistent à penser que le conflit « israélopalestinien » est le problème majeur, celui qu’il faut résoudre en priorité pour que tout se calme et s’aplanisse.
Cela les empêche de discerner qu’il n’existe pas de conflit israélopalestinien, mais une guerre arabe et islamique contre Israël qui, après avoir été attisée par l’Union soviétique, l’est aujourd’hui par l’islam radical.
La notion de « peuple palestinien » a été inventée voici quarante ans aux fins de créer un abcès de fixation anti-occidental.

L’OLP a été créée au même moment pour incarner cet abcès.
Les dictatures du monde arabe et musulman se sont cachées derrière cet abcès aux fins d’utiliser Israël comme un bouc émissaire et de ne jamais se voir questionnées sur leur stagnation économique, politique et culturelle.

2. Ensuite, conséquence de la « politique arabe de la France » et fruit avarié d’un antiaméricanisme myope et gaulliste, les mêmes analystes ont tous défendus l’idée qu’il fallait maintenir un statu quo régional.
Pour maintenir ce statu quo, ils se sont beaucoup mobilisés pour sauver le régime de Saddam Hussein.

3. Enfin, conséquence d’une incompréhension totale de ce qui s’est passé en Irak, ils en ont déduit que cela allait renforcer l’Iran et faire de celui-ci la superpuissance régionale que rien n’arrêterait et à l’essor de laquelle il faudrait tôt ou tard se résigner, quitte à, de temps à autres, taper du poing sur la table.
Ce qui se passe aujourd’hui vient, de fait, bouleverser les idées acquises. Premier bouleversement : il est de plus en plus clair que les dirigeants du monde arabe ne veulent pas du tout voir naître un État palestinien, et plus les Occidentaux prétendront avancer vers cet État, plus celui-ci ressemblera à un mirage dans le désert, destiné à s’évanouir quand on avance vers lui.

Ni cette année, ni dans dix ans, il n’y aura d’État palestinien, sinon dans des discours.
Et les dirigeants du monde arabe cherchent des alliés et des alliances, discernant que le vrai problème, c’est la stagnation, pas l’absence d’État palestinien.

Nicolas Sarkozy propose son Union pour la Méditerranée : ses éventuels partenaires vont attendre poliment le résultat de la seule élection qui compte vraiment, l’élection américaine du mois de novembre, et ils prendront leurs vraies décisions à ce moment-là.

Deuxième bouleversement (le plus difficile à admettre en France) : la brisure du statu quo constituée par le changement de régime à Bagdad a des conséquences très positives.

L’Irak libre qui est en train de naître est riche de promesses.
Une démocratie émerge (n’en déplaise à ceux pour qui les Arabes ne peuvent être libres), et, si cette démocratie est imparfaite, chaotique, elle est, néanmoins, et elle donne à penser.
Le nouvel Irak a infligé une défaire difficilement remédiable à l’islam radical. Le monde arabe ne peut plus ignorer le nouvel Irak et c’est dans ce contexte qu’il essaie de regarder la stagnation en face.

Si, comme je le pense et le souhaite, John McCain succède à George Bush, l’espoir de voir la liberté et le droit se disséminer dans les terres arabes devrait se concrétiser graduellement.

Dernier bouleversement : l’Iran n’est pas du tout en train de devenir irrépressiblement une puissance régionale. Les dirigeants iraniens savent qu’ils ont perdu la partie en Irak.
La faction Ahmadinejad joue la carte de la fuite en avant par des déclarations haineuses et incendiaires et en actionnant le Hezbollah au Liban, une autre faction réfléchit à un aménagement du régime qui permettrait aux mollahs de survivre, quitte à faire des concessions majeures.

Là encore, l’échéance cruciale est l’élection présidentielle américaine. L’action de Bush n’a pas renforcé le régime iranien : elle l’a ébranlé à un point tel que bien des options deviennent envisageables et que les jours du khomeynisme sont vraisemblablement comptés.

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(5) Commentaires

  • Anonyme Répondre

    Et dire que c’est soldats sont aussi mort pour la liberté de certains intervenant pouvant se toucher avec leur chat

    20/08/2008 à 0 h 10 min
  • Paul Répondre

    Bonne anlyse de Guy Milliere à laquelle il ne manque qu’un point: le désir de la jeunesse (50% de la population) d’accéder au confort occidental et de conquérir quelques libertés tout en restant "de culture musulmane" devrait aboutir à l’effondrement du régime des mollahs au profit d’un régime comparable à celui de la Turquie. Une démocratie basique, mais en paix avec ses voisins.

    N’"oublions jamais que les iraniens ne sont pas des arabes, mais des persans. A l’époque du Shah, l’Iran était un allié d’Israel et s’occidentalisait très vite dans les villes. Ce qui fut hier peut redevenir demain…

    19/08/2008 à 18 h 15 min
  • VITRUVE Répondre

    AVE
    Afghanistan: 10 morts, 21 blessés, pas importants , juste des petits gars de chez nous…
    Mourir pour UNOCAL?
    Qu’en pensez-vous Mr Millière?
    Quelle busherie!
    VALE

    19/08/2008 à 17 h 48 min
  • chevalier teutonique Répondre

    Au fait, vous me pardonnerez, mais j’en profite pour faire un peu de pub pour mon blog.

    http://antifachisme.blogspot.com

    19/08/2008 à 15 h 46 min
  • chevalier teutonique Répondre

    " Une démocratie émerge (n’en déplaise à ceux pour qui les Arabes ne peuvent être libres) "

    T’as rien d’autre à dire Millière ? Ah, le bon vieux temps…

    19/08/2008 à 15 h 33 min

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