Les USA quittent progressivement le Moyen Orient : un tournant géopolitique majeur depuis 1921. Pourquoi ?

Posté le juillet 23, 2012, 12:00
5 mins

Le XXème siècle, sous la férule de l’Occident, a basé sa politique et son essor économique sur l’emploi massif d’une énergie miraculeuse et quasi gratuite : le pétrole, qui reste le sang de notre civilisation, que nous retrouvons non seulement dans nos voitures, mais dans nos engrais, dans nos industries plastiques…. Pratiquement partout.

Premier producteur durant des décennies et premier consommateur de l’or noir : les Etats Unis. Mais cette énergie, si vitale pour nos économies, fut aussi l’obsession politique et stratégique des autres Etats. Rappelons l’Histoire : l’Empire Ottoman fut dépecé en 1921 selon les besoins occidentaux. A l’Angleterre, l’Irak, le Koweït et les Emirats ; à Washington, l’Arabie saoudite.

Rappelons aussi que les dernière guerres furent la conséquence de cette obsession pétrolière : Hitler en 1941 pour les puits du Caucase, le Japon avec Pearl Harbor face à l’embargo décidé par Roosevelt, la guerre contre l’Irak par les USA en 1991 après l’invasion du Koweït par Saddam Hussein.

Washington, premier consommateur mondial, avec près d’un milliard de tonnes de pétrole par an, voyait ses réserves nationales se réduire d’année en année depuis 1945 et donc sa dépendance vis à vis de l’Arabie saoudite croître dans les mêmes proportions. Cela était vrai jusqu’au début des années 2000, mais les données géopolitiques sont en train de changer.

Les Américains, toutes tendances politiques réunies, ne supportent pas cette dépendance qui les entraîne à des interventions aussi hasardeuses que ruineuses à 10 000 kilomètres de leurs bases. Depuis 20 ans, les compagnies pétrolières se livrent à des campagnes de recherche et de prospection intensive visant à redonner à l’Amérique son indépendance énergétique perdue. Ces campagnes se dirigent dans deux axes stratégiques :

  • la prospection en eau profonde, comme dans le Golfe du Mexique qui reçoit des milliers de forages.

  • L’exploitation des schistes bitumeux et des gaz de schiste, abondant sur l’ensemble du continent américain.

Les résultats de cette politique sont spectaculaires puisque le président Obama a annoncé que les Etats Unis avait fait passer leur production pétrolière nationale de 40% à 50% de leur consommation. Mieux encore, l’amélioration dans l’extraction des sables bitumeux et du gaz de schistes fait dire aux exploitants qu’avant dix ans, les USA produiront la totalité de leurs besoins énergétiques.

Devant un tel programme, la politique américaine peut se modifier radicalement concernant la géopolitique du Moyen Orient : les échecs en Irak et en Afghanistan, les révolutions du sud de la Méditerranée aux issues incertaines renforcent les poussées isolationnistes. Les interventions armées sont désormais proscrites et Washington se limitera aux actions diplomatiques. L’Europe est certes soutenue verbalement en Lybie et en Syrie, mais à ses risques et périls.

500 millions d’hommes appartenant aux peuples arabes cherchent à trouver la voie leur permettant de faire face à leur démographie galopante : c’est trop souvent celle du fanatisme qui leur apparaît souvent comme une compensation à leurs frustrations.

Ces novations historiques nous interpellent : sachons y répondre avec lucidité et détermination, car il y va de notre avenir. Faisons le savoir, luttons contre la démagogie, militons pour la vérité, car le temps nous est compté.

Avec l’aimable autorisation de Radio Notre-Dame

Une réponse à l'article : Les USA quittent progressivement le Moyen Orient : un tournant géopolitique majeur depuis 1921. Pourquoi ?

  1. ozone

    24/07/2012

    L’eau est un bien plus précieux que leur gaz,une fois la nappe polluée par les produits chimiques qui vont rester dans le sous sol et qui vont continuer a se déplacer a travers les roches fracturées  se sera foutu;

    Ce que vous allez économiser en prix du gaz vous le payerez largement en bouteilles d’eau.

    Et si ça se trouve c’est TOTAL qui se lancera dans le bizness de l’eau.

    D’une pierre deux coups.

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