L’Iran, la Syrie : la guerre possible et ses conséquences

Posté le novembre 12, 2012, 12:24
5 mins

Bien rarement dans l’histoire, les annonces guerrières auront été aussi nombreuses et aussi répétitives concernant l’Iran, ses avancées vers l’arme nucléaire, les menaces d’attaque préventive de la part des USA et d’Israël, les déclarations du président iranien parlant d’éradication du cancer israélien.

La question syrienne vient encore s’ajouter aujourd’hui à la crise du Moyen-Orient, avec l’implication de Téhéran.

Que cache en effet cette guerre civile syrienne qui dure maintenant depuis dix huit mois ? Elle masque un double antagonisme.

  • D’un côté, l’antagonisme historique entre les Chiites et les Sunnites.

  • De l’autre, la rivalité entre les grandes puissances de la région : la Turquie et l’Arabie saoudite d’un côté, l’Iran et ses alliés de l’autre. Ces alliés de l’Iran sont trop souvent méconnus : ce sont les 2/3 de l’Irak, les populations de l’Arabie saoudite séjournant dans la zone pétrolière, une partie des Emirats et une partie du Liban, les Alaouites de Syrie.

En Syrie, rappelons que la population est au 2/3 sunnite et que le régime Assad s’appuie sur deux minorités : les Alaouites, chiites, et les Chrétiens.

La crise géopolitique ou plutôt les crises géopolitiques de la région s’aggravent jour après jour sans que les grandes puissances : USA, Russie, Angleterre, France semblent se rendre compte que nous risquons un embrasement aux conséquences imprévisibles.

Nos chroniques refusent le pessimisme mais elles se doivent d’être à la fois objectives et prospectives. L’Histoire constitue une des composantes de la géopolitique et l’historien Max Gallo dans un article récent du Figaro n’hésite pas titrer : « Cette guerre mondiale qui nous guette ».

Nous ne retiendrons pas la crainte de Max Gallo d’un affrontement entre la Chine et les USA, mais sa citation d’Albert de Mun publiée en 1913 : « L’Europe incertaine et troublée s’apprête pour une guerre inévitable dont la cause immédiate lui demeure ignorée, mais qui s’avance vers elle avec l’implacable sûreté du destin ».

Remplaçons Europe par Moyen-Orient et l’on peut malheureusement craindre que la crispation croissante de la Turquie, de l’Iran, des USA, d’Israël et de l’Europe ne finisse par déboucher sur un nouveau Sarajevo, qui enclencha la première guerre mondiale de 1914.

L’objectivité, la lucidité et le courage peuvent encore arrêter l’engrenage Syrien si l’Occident prend conscience que les deux camps rivaux Turquie et Iran représentent chacun des populations dépassant les 100 millions.

Les comportements compassionnels sont certes compréhensibles, mais inadaptés aux fanatismes qui embrasent la région, car ils ignorent la racine du mal : un développement économique qui n’a pas su accompagner la démographie.

L’islamisme militant est devenu une drogue militante et violente, opposée à nos concepts de démocratie occidentale.

La lucidité géopolitique doit être aujourd’hui la seule boussole qui doit guider nos politiques pour sauvegarder les intérêts supérieurs de la France. Malheureusement nos forces armées ne sont plus ceux d’une grande puissance : notre aviation compte 225 appareils et la Syrie 500 ! Triste constat. Nous n’avons plus les moyens de notre politique : ni financiers, ni militaires.

Un vrai débat devrait s’engager pour définir ce dont nous voulons disposer pour tenir notre rang de grande puissance. Le conflit syrien nous le rappelle.

Hubert Beaufort

Avec l’aimable autorisation de Radio Notre-Dame

3 réponses à l'article : L’Iran, la Syrie : la guerre possible et ses conséquences

  1. quinctius cincinnatus

    13 novembre 2012

    s’il y a ” islamisme ” et ” islamisme ” ceci nous permet de comprendre ce paradoxe :

    les états ” occidentaux ” donneurs de leçons de démocratie

    soutiennent les monarchies du Golfe
    qui comme chacun sait appliquent la charia de la manière la plus stricte

    et combattent l’Iran où justement la charia n’est pas appliquée de façon systématique

    et je ne parle pas de la Syrie d’Assad !

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  2. Rouletabille

    13 novembre 2012

    Engrenage fatal car il nous habitue, sans raisons suffisantes, à admettre la guerre comme inévitable. Comme en 14. Pour le profit de qui? De personne.

    Quant à nos forces armées, ce sont celles de toute l’Europe qui sont aussi délabrées, sauf l’armée britannique.

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    • quinctius cincinnatus

      13 novembre 2012

      vous allez faire nombre de mécontents à droite , à commencer par l’ineffable Professeur Guy Millière

      il n’y a plus AUCUNE armée qui tienne le combat en Europe …
      par contre nous avons dix fois plus d’officiers généraux que d’unités combattantes , l’armée étant devenue un pseudopode de l’Administration là où on ” fait carrière ” avant d’aller pantoufler bourgeoisement dans une entreprise ” privée ” qui ne vit pour l’essentiel principalement des commandes de l’Etat !

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