Pas d’armes offensives pour l’Ukraine ?

Pas d’armes offensives pour l’Ukraine ?

Ah, l’argument des ar­mes défensives qui resurgit sans cesse !

Je ne connais pas d’armes strictement défensives, sauf les blockhaus, et encore, quand ils sont construits sur le territoire national.

Toutes les armes peuvent être employées de manière offensive. Si j’utilise un pistolet pour me défendre chez moi, c’est une arme défensive. Si c’est pour attaquer mon voisin chez lui, c’est une arme offensive.

Ce qui fait la différence, ce sont les circonstances de leur emploi qui doivent tout à l’utilisateur et rien au fabricant ni au marchand. Les commentateurs qui utilisent cet argument pour justifier les réticences occidentales à livrer des chars de bataille à l’Ukraine disent des sottises.

L’Ukraine résiste, sur son sol, à un envahisseur.

L’emploi de toute arme utile, voire nécessaire, à la reconquête de son territoire reconnu par la communauté internationale, dont la Russie, est légitime. C’est un emploi défensif.

La question se poserait si l’armée ukrainienne franchissait la frontière russe ; on en est loin.

Je regrette les atermoiements des alliés de l’OTAN à ce sujet.

Dans quelques mois au plus, la Russie peut avoir reconstitué une bonne part de son potentiel militaire matériel car ses usines sont en économie de guerre et ne souffrent d’aucune attaque.

Même si, dit-on, leur production est plus rustique que les fabrications occidentales, la quantité comptera beaucoup.

En regard, pas de fabrication de chars de combat en Ukraine dont les infrastructures sont par ailleurs régulièrement visées par des frappes.

Leur source, en matériels d’origine soviétique exclusivement, détenue en propre, capturée ou cédée par les pays voisins, est sans doute tarie.

Leur force en blindés lourds ne peut que s’amoindrir.

C’est maintenant qu’il y a une fenêtre d’opportunité, qu’ils ont besoin de ces engins – et, sans eux, ils auront des difficultés à tenir.

Il sera encore plus douteux qu’ils puissent repousser l’envahisseur sur ses frontières.

C’est la seule chance d’éviter une longue guerre d’attrition dans laquelle le différentiel de population et économique finira par donner avantage au coupable. Dans six mois, il peut être trop tard.

Les Occidentaux feraient bien de se convaincre que leur propre intérêt exige que l’Ukraine ne soit pas vaincue.

Sinon, une fois reconstitué le potentiel russe, le même scénario se reproduira avec d’autres pays. L’histoire nous a appris ce qu’il en est.

À force de précautions pour éviter la guerre, on finit par l’avoir quand même et dans les pires conditions.

Nous sommes en 1938 ; il faut que la Tchécoslovaquie puisse repousser l’envahisseur.

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(2) Commentaires

  • quinctius cincinnatus Répondre

    encore un raisonnement fallacieux [ l’ allusion à la Tchécoslovaquie ] de la part d’ un pro-américain  » nostalgique  » de la  » guerre froide  » et qui ne veut pas voir que cette guerre sur le continent européen affaiblit l’ Europe pour le seul profit de la Chine et des Etats Unis … un pareil aveuglement est proche de la bêtise

    24 janvier 2023 à 18 h 31 min
  • q Répondre

    Les blockhaus ? … à la condition qu’ ils aient été construis par des … Allemands car alors c’ est du … stämmig, du kräftig !

    24 janvier 2023 à 18 h 23 min

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