La politique de Trump au Moyen-Orient

Posté le 12 décembre , 2017, 9:50
14 mins

En reconnaissant la capitale ancestrale du peuple juif comme capitale de l’État d’Israël, avec projet de relocalisation de l’Ambassade des États-Unis – dans un avenir encore indéterminé – de Tel Aviv à Jérusalem, Trump bouscule le statu quo.

Immanquablement, se dresse le mur des lamentations politico-médiatiques. On y retrouve « la communauté internationale », l’ONU, la gauche américaine et leurs alliés de l’UE. Mêmes réflexes conditionnés dans les médias d’État, une chaîne française croyant faire de l’esprit en intitulant un de ses pseudo-débats : « à quoi joue Trump ? »

À l’évidence, ce jeu-là leur passe très au-dessus de la tête.

Trump ne tient pas seulement sa promesse d’appliquer la loi très largement bipartisane de 1995 (Jerusalem Embassy Relocation Act), dont une provision permet au Président américain d’en reporter la mise en vigueur tous les 6 mois, s’il estime « que le moment n’est pas propice ».

Trump a lui-même utilisé la dérogation, le temps d’approfondir sa connaissance du dossier. Puis, en homme d’action, il déclare le moment venu.

Sa décision répare une anomalie de l’histoire : Israël est le seul pays au monde qui, depuis sa création en 1948, n’a jamais pu choisir souverainement sa capitale. Trump reconnaît cette souveraineté – que les Palestiniens (et, derrière eux, les pays musulmans de la région) lui contestent, comme les Européens, du reste, qui continuent de voir en Israël une compensation pour les 6 millions de Juifs morts dans les camps et voudraient forcer l’état hébreu à ouvrir, comme l’Europe, tout grand ses frontières à qui prétend s’y installer.

Trump spécifie que les lieux saints des trois religions concernées seront respectés.

Jérusalem est le premier lieu sacré pour les Juifs, mais également pour les chrétiens (puisque Jésus y a été crucifié et qu’il y est ressuscité), alors qu’il n’est que le 3e lieu saint pour les musulmans.

Après 50 années de guerres, de violence terroriste, de palabres, d’accords de paix avortés, il semble évident que les autorités palestiniennes ne veulent ni la paix, ni même de « solution à deux États », mais simplement s’octroyer Jérusalem et s’installer dans un pays qu’aucun Palestinien n’avait revendiqué avant la création d’Israël, puisque leur véritable pays correspond à l’actuelle Jordanie.

Et la décision de Trump interromprait le « processus de paix » ? Mais quel processus de paix ? Quant à la violence, quid des intifadas successives, dont la dernière, particulièrement sanglante, a eu lieu durant le mandat d’Obama, ennemi venimeux d’Israël ?

Trump met l’OLP devant la réalité : fini le double langage, mieux vaut pour vous négocier sérieusement, car Israël ne va pas disparaître. Les aides américaines, elles, peuvent vous être retirées.

Trump tente de rompre l’impasse : il prend des risques, oui, mais ce sont des risques calculés.

Tout cela s’inscrit dans une vision ambitieuse qui apparaissait en filigrane dès le discours de Riyad en mai, dans le désir exprimé de réaliser une coalition des États arabes « modérés » (voire modernistes ou même éclairés) avec Israël et les États-Unis pour défaire l’ennemi commun : le pouvoir hégémonique des ayatollahs, menace existentielle pour les États sunnites presque autant que pour Israël, et risque de sécurité nationale pour l’Amérique en raison de la collaboration nucléaire entre l’Iran et la Corée du Nord.

Comment ne pas voir que cette décision arrive après l’ouverture des archives de Ben Laden révélant que l’Iran était sanctuaire d’Al Qaïda autant que l’Irak de Saddam Hussein ? Et comment ne pas penser que Trump est d’intelligence avec Mohammed Ben Salman, ce jeune prince qui est l’auteur, non seulement de la purge du 4 novembre (traque entre autres des financiers saoudiens du Onze septembre), mais également d’un plan de paix pour la question israélo-palestinienne ?

Ce « plan à deux États » est le premier qui soit véritablement réaliste, équitable, et surtout viable : il offre (avec l’assentiment des Égyptiens) tout le nord du Sinaï aux Palestiniens avec Abu Dis, faubourg de Jérusalem, comme capitale.

Ce plan peut échouer, lui aussi, mais, au moins, il a le mérite de la nouveauté. Bien mené, il peut aussi aboutir.

Les transnationaux socialistes qui s’opposent systématiquement à Trump montrent, une fois encore, leur manque de vision. Bien sûr, si ces idées étaient venues d’Obama ou de la « première femme président », ils seraient tous à s’extasier !

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2 Commentaires sur : La politique de Trump au Moyen-Orient

    • quinctius cincinnatus

      17 décembre 2017

      la seule chose dont on est certain, c’ est que la communication entre les [ innombrables ] services de renseignements américains de même que celle entre les services locaux et fédéraux du F.B.I. n’ ont pas été exemplaires et d’ ailleurs cela continue … devraient aller faire des stages de perfectionnement à Pyon-Yang !

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