Politique étrangère et langue de Molière

Posté le janvier 15, 2014, 7:00
5 mins

Vas-y, bouffon, comment tu m’saoules trop grave avec tes réflexions ! Affligean­te évolution de notre langue, triste appauvrissement du français, sacrifié sur l’autel du nivellement pas le bas.

Aux oubliettes le passé simple et la concordance des temps, le vocabulaire et le vouvoiement, place au français simplifié et mort à l’orthographe !

Il paraît que le berger allemand comprend jusqu’à 120 mots ; cela lui laisse une certaine avance sur nos nouvelles espèces !

Mais si le français est aujourd’hui réduit à son minimum vital chez nous, il reste apprécié en dehors de nos frontières, comme symbole de culture et de raffinement.

On estime aujourd’hui le nombre de locuteurs réels du français à environ 250 millions, dans l’ensemble des pays membres de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Pour certains, le français est la langue maternelle de la grande majorité de la population ; pour d’autres, le français est la langue administrative, ou une deuxième ou troisième langue, comme en Afrique subsaharienne. Enfin, dans d’autres pays membres de la communauté francophone, comme en Roumanie, où un quart de la population a une certaine maîtrise du français, le français n’a pas de statut officiel, mais il existe d’importantes minorités francophones et un grand nombre d’élèves l’apprennent en tant que première langue étrangère à l’école. Il existe d’autres pays, comme le Liban, où la langue française a un statut encore important, quoique non officiel.

L’idée de constituer un regroupement de pays francophones, à l’instar du Commonwealth, qui lie entre elles les nations attachées autrefois à la couronne britannique, a été d’abord mise en avant par Léopold Sédar Senghor (président du Sénégal), Hamani Diori (président du Niger), Norodom Sihanouk (roi du Cambodge), sans oublier Jean-Marc Léger (devenu haut fonctionnaire canadien). Cette idée s’est largement exprimée lors de la première conférence de Niamey (1969), à laquelle a participé André Malraux, ministre de la Culture envoyé par le général de Gaulle.

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) compte 68 États, dont 13 pays observateurs. La population totale des États et gouvernements membres de l’OIF est de 803 millions de personnes. Un pays membre de l’ONU sur trois est aujourd’hui membre de l’OIF.

On distingue ainsi l’importance que peut avoir la francophonie dans les relations internationales de la France, alors que l’anglais, lui aussi simplifié (globish), devient l’incontournable langue de communication planétaire.

Rappelons que, si l’anglais do­mine aujourd’hui les relations internationales, il n’en a pas toujours été ainsi. En 1783, l’Académie de Berlin institue un concours sur le sujet suivant : « Qu’est-ce qui a rendu la langue française universelle ? »

On le voit, la francophonie a un long passé diplomatique et cela doit perdurer, afin, d’une part, de préserver à la France son rang et, d’autre part, de permettre à ces pays de s’exprimer d’une voix peut-être plus singulière que s’ils venaient à se noyer dans l’anonymat uniforme anglophone.

La francophonie reste la dernière survivance de la grandeur de la France. Prenons garde à préserver cet inestimable trésor légué par nos aïeux.

Hélène Carrère d’Encausse, dans son remarquable discours prononcé à l’Académie française le 5 décembre, rappelle l’essentiel : « Chaque époque a ses tâches, mais l’ambition reste la même, servir la France en tant que nation, mais aussi en tant que vecteur de civilisation, source de pensée universelle. »

Gérard Hardy

6 réponses à l'article : Politique étrangère et langue de Molière

  1. R. Ed.

    15/01/2014

    Shit, l’internet…
    Je reprend, l’académie a décidé que euro prend  » s  » au pluriel, ce que tout le monde peut constater sur n’importe lequel des billets ou pièces en circulation.
    Au départ, il était prévu l’écu ,mais Jean-Luc Dehaene, l’instigateur du nom de la nouvelle monnaie a préféré l’euro, qui serait invariable, vu que le pluriel n’est pas le même dans les différents pays de l’Union et que le billet de cinq euro ne devra pas dépasser en taille le billet de mille lires.
    Un euro, deux euro!
    Mille euro, deux MILLE euro, où est le problème ?
    Une souris, deux souris, il manque un  » s » , non ?
    Pareil pour les pièces : un cent ( prononcez « sans « , ou un eurocent, mais pas un centime, qui est la centième partie du FRANC. Cette appellation est toujours en vigueur en Suisse et en Centre-afrique, bonjour la concision de la langue française.
    Par contre, depuis peu, depuis la venue de pays de l’est, on a maintenant les trois écritures sur les billets de cinq euro, la latine, la grecque et la cyrillique, et toujours pas de  » s » à cinq euro. Cela ne s’applique pas aux billets de dix et au delà, ces billets n’ayant pas encore cours dans ces pays.
    A quand les euroS typiquement français ?
    Allez, un peu de courage, obligez le « s » sur tous les billets, sous peine de nullité des dits billets..
    Mais, j’ai comme un doute …

    Répondre
  2. R. Ed.

    15/01/2014

    Par contre, au sujet de l’euro, ou des euro, dont chacun peut voir l’orthographe sur n’importe quel billet, pièce ou eurocent, là, l’académie a décidé que euro, a

    Répondre
  3. archipretre

    15/01/2014

    La langue française a été mutilée depuis déjà de nombreuses années. Même les représentants de nos gouvernants, ministres, directeurs de cabinets, préfets qui sont souvent avocats, médecins etc…ne prennent même plus la peine de respecter les règles élémentaires et on retrouve fautes d’orthographe et de syntaxe dans les annonces publicitaires ou non que produisent les media même dans les informations écrites de la télé. Il semble que rien ne soit plus contrôlé!
    Mais pourquoi l’Académie Française si renommée et respectable ne fait-elle rien pour enrayer et éradiquer ces pratiques de plus en plus flagrantes et persistantes?
    Est-ce que je dois, en vrai contribuable que je suis, continuer à payer mes impôts pour entretenir une institution qui, nous dit-on, est la garante de la langue française?
    Les exemples où cette langue est malmenée ne manquent pas. J’en citerai seulement deux ou trois (mais il en existe combien d’autres? : Mauvais accords de participes passés, phrases où on entend : « Les choses pour lequel (ou laquelle)… « ou des pléonasmes, même si
    on peut en discuter, tels que : « voire même ».
    Si l’Académie ne peut être tenue pour responsable de la triste déchéance de notre langue, quel organisme officiel va y apporter un remède…définitif et très attendu?
    Mais sans doute, comme toujours en France, personne n’est responsable : » Ce n’est pas moi, c’est lui. »………..

    Répondre
    • pi31416

      17/01/2014

      « Mais pourquoi l’Académie Française si renommée et respectable ne fait-elle rien pour enrayer et éradiquer ces pratiques » demandez-vous.

      A quoi s’attendre de cette volière de perroquets en habit vert?

      Ce sont des incapables. Ils ont été incapables de gérer les nouveaux termes issus des technologies modernes. Nos cousins canadiens, eux, ont su le faire, sans Académie. FAQ (frequently asked question) = foire aux questions. Ils ne sont pas encombrés de perroquets verts, eux. Nous, si. Ce qui nous vaut « système d’exploitation ». Pour moi, un système d’exploitation c’est ces messieurs-dames de Bercy. C’est comme les « plans sociaux ». En bon français: licenciements en masse.

      Le rôle de l’Académie est soi-disant de préserver et promouvoir la langue française. Si elle prenait son rôle au sérieux. Elle le remplit bien mal.

      Répondre
  4. archipretre

    15/01/2014

    La langue française a été mutilée depuis déjà de nombreuses années. Même les représentants de nos gouvernants, ministres, directeurs de cabinets, préfets qui sont souvent avocats, médecins etc…ne prennent même plus la peine de respecter les règles élémentaires et on retrouve fautes d’orthographe et de syntaxe dans les annonces publicitaires ou non que produisent les media même dans les informations écrites de la télé. Il semble que rien ne soit plus contrôlé!
    Mais pourquoi l’Académie Française si renommée et respectable ne fait-elle rien pour enrayer et éradiquer ces pratiques de plus en plus flagrantes et persistantes?
    Est-ce que je dois, en vrai contribuable que je suis, continuer à payer mes impôts pour entretenir une institution qui, nous dit-on, est la garante de la langue française?
    Les exemples où cette langue est malmenée ne manquent pas. J’en citerai seulement deux ou trois (mais il en existe combien d’autres? : Mauvais accords de participes passé, phrases où on entend : « Les choses pour lequel (ou laquelle)… « ou des pléonasmes, même si
    on peut en discuter, tels que : « voire même ».
    Si l’Académie ne peut être tenue pour responsable de la triste déchéance de notre langue, quel organisme officiel va y apporter un remède…définitif et très attendu?
    Mais sans doute, comme toujours en France, personne n’est responsable : » Ce n’est pas moi, c’est lui. »………..

    Répondre
  5. VIGNELLO Daniel

    15/01/2014

    Je n’arrive pas à comprendre comment le pays ayant le plus d’ambassade dans le monde n’oblige pas tout entrant étranger à passer par celle-ci pour apprendre notre langue et nos devoirs au lieu de cérémonie d’apparats voir de vols légaux de nos oeuvres d’arts !!

    Répondre

Laisser un commentaire

  • (ne sera pas visible)