Pour une vraie politique française au Proche-Orient

Pour une vraie politique française au Proche-Orient

La France se mobilise à juste titre contre les djihadistes du califat qui sont, tout simplement, des barbares assassins et génocidaires.

L’appui apporté par le gouvernement aux Kurdes est légitime et doit être approuvé, même s’il y a toujours un risque que des armes soient récupérées par des djihadistes. Dans ce domaine, il n’y a pas de politique sans risque !

Mais le danger ne réside pas dans l’appui donné à Bagdad, ni à Erbil ; il réside dans la manière de faire :

– Il convient tout d’abord de ne pas présumer de nos forces, lesquelles sont directement déjà engagées au Mali et en Cen­trafrique contre les intégristes islamiques.

– La force de la France est le respect du droit international. Toute frappe aérienne contre un État sans une décision du Conseil de sécurité constitue une violation de la charte des Nations Unies. C’est une question, non seulement de principe, mais de cohérence : on ne peut pas reprocher aux Russes ce que nous ferions nous-mêmes au Proche-Orient !

Mais, au-delà de ces observations, il convient de prendre en considération les conséquences politiques de notre engagement :

– Notre lutte contre ces terroristes assassins doit privilégier notre sécurité intérieure qui peut, bien sûr, passer par des actions militaires ciblées au Proche-Orient.

– Mais, surtout, il faut mettre en porte-à-faux ces terroristes avec tous les États arabes et l’Iran. C’est à ces derniers d’agir en priorité et nous devons en tirer toutes les conséquences – y compris en France – vis-à-vis des apprentis sorciers comme le Qatar qui ont joué avec le feu.

À ce titre, le retour de l’Iran dans la stabilité de cette zone est incontournable, n’en déplaise à l’Arabie saoudite.

Quant à la Syrie de Bachar, elle a aussi un rôle à jouer dans cette lutte à mort et le régime, certes odieux, de Damas n’est pas près de tomber.

Le piège à éviter pour la France est d’apparaître comme l’une des puissances des Croisés qui se placent sous la bannière de Washington.

Dans ce cas, les djihadistes, champions de la communication, pourraient marquer des points en dénonçant une coalition anti-arabe, anti-islam et regagner la sympathie d’une grande partie des musulmans qui ne pardonnent pas aux Américains leur politique aventureuse au Proche et Moyen-Orient.

La véritable politique est de mobiliser les musulmans eux-mêmes contre ces barbares.

Jacques Myard

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(1) Commentaire

  • quinctius cincinnatus Répondre

    à Monsieur Barney Mud ( thrombinoscope ) : où avez vous trouvé la lettre du Nazaréen ? … merci

    20/09/2014 à 17 h 46 min

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