Pourquoi ils quittent la France

Posté le janvier 15, 2014, 7:00
6 mins
Jean-Philippe Delsol, avocat fiscaliste, auteur de nombreux ouvrages, et co-auteur avec Jean-Philippe Feldman, Patrick Simon et moi d’un ouvrage publié au temps où je présidais l’Institut Turgot (Avancer vers l’État de droit) vient de publier un nouveau livre, dont je recommande vivement la lecture, et qui constitue un réquisitoire contre la France telle qu’elle est.
 

RichardFQuitter-la-France-DELSOLParlant au nom d’un entrepreneur et, au-delà de lui, au nom de tous ceux qui fuient, il a titré le réquisitoire à la première personne : « Pourquoi je vais quitter la France ». Les principaux griefs qui doivent être énoncés le sont, avec une précision sans merci : L’État, en France, dit Delsol, est devenu un « État fiscal ». La dépense publique, qui s’élève désormais à 57 % du PIB incarne une « intrusion publique dans toutes les relations sociales et toujours plus dans les rapports économiques. Pire, elle se finance largement par l’emprunt, au détriment des entreprises ». Et c’est un fait : les prélèvements obligatoires, qui sont désormais les plus lourds du monde développé, représentent 46 % du PIB, ce qui fait que les 11 % de la dépense publique non couverts par les prélèvements doivent être empruntés.

Delsol évoque en ce contexte le nombre de ceux qui vivent de l’État : à ceux qui en vivent de façon pleine et permanente (les fonctionnaires), qui sont 5,2 millions, s’ajoutent l’ensemble des « salariés du secteur parapublic », les salariés des associations subventionnées par l’État, les bénéficiaires de contrats d’apprentissage et d’emplois aidés, qui touchent les uns et les autres, pour l’essentiel, de l’argent pu­blic, les bénéficiaires du RSA, les chômeurs de longue durée. Le total s’élève à 14,5 millions de personnes, soit plus de la moitié de la « population active ». Qui peut s’étonner si « se perdent la volonté de travailler et l’esprit d’initiative » ?

 

« L’impôt est un enrayeur »

Delsol se fait plus explicite concernant les blocages qui en résultent : « L’impôt est un enrayeur », dit-il, une entrave au dynamisme, à la croissance et à la prospérité. « Tout impôt renchérit les prix et atteint la compétitivité. » Or, les taux en France sont exorbitants (la France a le taux d’impôt sur les sociétés le plus élevé d’Europe, et elle a aussi le taux marginal supérieur d’impôt sur le revenu le plus élevé d’Europe).

Prétendant remédier au problème créé par le poids écrasant de l’État, les gouvernements successifs utilisent l’État et se conduisent, poursuit Delsol, en « pompiers pyromanes » : plus les aides publiques se font nombreuses, plus le chômage et la pauvreté augmentent.

Delsol passe ensuite en revue les fausses bonnes idées qui conduisent, en général, au désastre accentué, telles le protectionnisme, ou la taxe sur les transactions financières. Puis, il rappelle les principes fondamentaux du droit, qui ne cessent d’être violés en France, et souligne que la démocratie absolue, affranchie des règles du droit naturel, peut devenir totalitaire. Il conclut en exposant les moyens de partir, mais aussi les conditions imposées à ceux qui entendent partir, et il donne les détails sur une « taxe de sortie » dont il faut s’acquitter pour s’en aller.

Envisageant divers pays comme lieux de nouvelle résidence, il finit par présenter les avantages de la Suisse, qui, c’est un fait, n’est pas dans l’Union européenne et peut encore exercer la concurrence fiscale que l’Union européenne cherche à supprimer – en appelant « harmonisation » ce qui est en réalité uniformisation. D’autres destinations, plus lointaines, au­raient pu être proposées.

 

Un signal d’alarme 

Le livre de Jean-Philippe Delsol devrait être pris comme un signal d’alarme par les dirigeants politiques et les médias français. Car il décrit un pays qui s’asphyxie. Je crains qu’il n’inspire que fort peu les dirigeants politiques, qui savent que, pour être élus, ils doivent compter sur les voix de tous ceux qui vivent de l’argent pris et redistribué par l’État. Je crains qu’il ne soit pas commenté dans les médias. Je crains dès lors que le nombre de ceux qui quittent la France ne continue à s’accroître dans les années à venir…  

Guy Millière

Vous pouvez trouver ce livre en cliquant ici

10 réponses à l'article : Pourquoi ils quittent la France

  1. 08/02/2014

    Vous correspondez bie à l’idée que j’ai des libéraux: Vous êtes sans patrie ni loi, votre dieu c’est l’atgent!

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  2. Jaures

    19/01/2014

    Hans, tous les pays recensent ainsi leurs populations vivant à l’étranger. Ce recensement n’a pour eux que des avantages, notamment celui de voter et de profiter des structures françaises comme les écoles. Il est vrai que des résidents français à l’étranger (comme ceux des autres pays) ne se font pas recenser mais ils sont minoritaires, sans famille et n’ont aucune idée du temps qu’ils vont rester expatriés.
    Brenus, les expatriés sont extrêmement divers et sont loin d’être tous entrepreneurs et sur-diplômés. Déjà, 14% sont des retraités et 26% ont moins de 18 ans (les expatriés emmènent souvent leur famille). Par ailleurs, c’est dans la restauration que travaillent la majorité des Français résidant à Londres, pas dans le high tech. Le Canada recrute beaucoup de personnel médical, notamment des infirmiers (ères).
    La question n’est pas de nier que des Français s’exilent. Il est par ailleurs évident que l’on part d’autant plus facilement que l’on est jeune avec un diplôme négociable. Mais faire croire qu’il s’agirait d’un problème spécifiquement français est une imposture. La France est même plutôt moins marquée par ce phénomène que d’autres pays cités dans mon précédent post.

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    • HansImSchnoggeLoch

      20/01/2014

      Jaures: … ne se font pas recenser mais ils sont minoritaires, sans famille et n’ont aucune idée du temps qu’ils vont rester expatriés….

      La belle démonstration que voilà, puisqu’on ne peut les recenser ils sont donc minoritaires. Nous nageons ici en plein délire socialiste.
      Avec les performances de votre mentor Jaures, vous devriez en ce moment être tout petit et très discret.

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  3. BRENUS

    19/01/2014

    Jaurès, comme tout bon négationiste, dénit tout. Il se refuse a considérer que ce qui compte dans les départs de France, ce n’est pas la quantité ( si tous les glandos, y compris lui-même, se tiraient, ce serait un immense soulagement pour l’état). Ce qui compte c’est la qualité des individus. Et je parle de la vraie qualité, pas seulement de la richesse, mais l’énergie, la volonté d’entreprendre, en bref tout le contraire des parasites dont la gauche veut constamment grossir le nombre – y compris par l’immigration- pour peser encore d’avantage jusqu’au moment, pas si lointain, où elle foutra tout par terre.

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    • quinctius cincinnatus

      19/01/2014

      Traiter @ Jaurès de  » négationniste  » est un contre-sens à l’état absolu, et pour lui même l’insulte suprême à sa  » bonne conscience  »

      C’est avant tout un militant utile *** qui déforme la réalité, la manipule quant il ne peut davantage, relativise les faits, les amalgame, revisite l’Histoire ( ancienne ou récente ) à ses propres  » valeurs  » actuelles et indiscutables,et pour finir s’enivre en toute modestie et logique et à bon compte ( le notre ) de sa bonne conscience

      *** le Komintern employait un autre mot que militant

      ce n’est pas un SUJET valable de discussion, mais un excellent OBJET de dérision comme l’est François Galipette-Braguette autrefois connu sous le sot-briquet de François Blagounette

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      • quinctius cincinnatus

        19/01/2014

        où avais je la tête ? quanD il

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  4. Jaures

    17/01/2014

    Lavandin, ce chiffre de 285 000 est fantaisiste. Si autant de jeunes partaient chaque année, nous n’aurions plus de problème de logement en France et, comme en Espagne, la population diminuerait. Il faut se référer aux chiffres du ministère des affaires étrangères qui recense les Français de l’étranger. Il ne faut ainsi pas confondre celui qui part s’installer de manière pérenne avec l’étudiant s’expatriant quelques mois pour parfaire la langue ou le jeune diplômé désireux d’agrémenter son cv d’une expérience à l’étranger.
    Par ailleurs, beaucoup de Français exilés reviennent, la réussite professionnelle et l’adaptation à l’étranger ne sont pas garanties.
    Par ailleurs, dire que les Français seraient remplacés par des immigrés de pays sous développés est également une supercherie: vivent en France 100 000 Belges, 50 000 Canadiens, 300 000 Italiens, 100 000 Américains, 150 000 Allemands, 350 000 britanniques,…
    Enfin, la crise a il est vrai accentué la mobilité mais pas seulement en France. Selon Challenges (08/2013), ce sont les britanniques qui quittent le plus volontiers leur pays. La Belgique ai vu l’exil de sa population augmenter de 75% ces 5 dernières années. Et je ne parle pas de l’Irlande ou de l’Espagne…

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    • HansImSchnoggeLoch

      17/01/2014

      Il faut se référer aux chiffres du ministère des affaires étrangères qui recense les Français de l’étranger.

      La belle affaire, beaucoup de ceux qui partent ne se laissent pas recenser par un machin français. Ils en ont déjà eu pour leur compte et ne reviendront plus jamais.
      Amen Jaures.

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  5. lavandin

    15/01/2014

    @ Jaurès : d’après Contribuables Associés : 285000 par an ( je pense que c’est une valeur moyenne). Il s’agit des meilleurs éléments, des plus qualifiés , des plus dynamiques et des plus entreprenants , qui sont remplacés par des populations venant de pays sous développés , sans aucune formation ni qualification et composées essentiellement d’inactifs . Un journaliste intellectuellement malhonnète déclarait aujourd’hui sur une radio périphérique que le solde migratoire n’était que de 40000 personnes et que l’immigration avait peu d’influence sur l’augmentation de la population française . En fait il y a eu 325000 entrées pour 285000 sorties : c’est la grande substitution de population . Certain parlent à propos du départ des français , d’une nouvelle révocation de l’édit de Nantes. L’esprit d’entreprise reste suspect, et celui qui fait des profits est un voleur , le patron est toujours un exploiteur et je ne parle pas ici de l’actionnaire !! En d’autres termes , le seul métier honnète est celui de fonctionnaire

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  6. Jaures

    15/01/2014

    Tout d’abord, il faut tordre le coup à cette idée reçue que les Français s’expatrieraient par millions quand les autres pays, notamment les plus libéraux comme l’Angleterre, seraient des terres d’accueil où pourraient se développer les saines initiatives.
    Au 31 décembre 2012, 2,5 millions de Français résidaient à l’étranger. Sur ces exilés, seuls 60% sont des actifs (chiffres France Diplomatie). Si l’on rapproche ces chiffres avec ceux des pays comparables:
    – 5,6 millions de britanniques vivent hors du R.U.
    – 4,2 millions d’Italiens sont exilés
    Les chiffres de l’Allemagne ne sont pas connus. On sait juste que dans la CEE 1,1 millions d’Allemands sont inscrits sur les listes électorales.
    Si l’on prend en pourcentage de la population, la France a 3,8% de sa population qui vit à l’étranger.
    Portugal: 45%
    Pays-Bas: 3%
    Irlande 22%
    Suède: 4,2%
    Autriche: 5,8%
    Espagne: 3,9%
    On voit que les Français sont plutôt parmi les plus casaniers. Le discours prétendant que les Français, notamment les jeunes, partiraient en masse est donc une supercherie. Il est tenu par certaines corporations, notamment le Medef, pour obtenir des avantages. Il est vrai que la crise a plutôt accentué la mobilité internationale, mais cela touche tous les pays.
    De même, il n’y a pas de lien entre le taux d’impôt sur les sociétés et la prospérité économique sinon l’Irlande caracolerait en tête, le Royaume-Uni écraserait l’Allemagne et la Grèce irait au secours de la Norvège.

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