Sombres jeux de Rio

Sombres jeux de Rio

Je ne m’intéresse pas aux compétitions sportives. Je ne pense pas que la France a gagné lorsque des grands garçons en culotte courte tapent dans un ballon et marquent ce que les adeptes de football appellent un but.

J’ai été consterné de voir que la coupe d’Europe de football a constitué une sorte de parenthèse enchantée au cours de laquelle les grèves et les émeutes se sont quasiment arrêtées en France, et pendant laquelle les Français ont oublié l’existence du terrorisme islamique.

Je m’attendais à ce que la parenthèse se referme et elle s’est refermée tragiquement le 14 juillet à Nice.
Je ne m’intéresse dès lors pas du tout aux Jeux olympiques.

Et quand vient le temps des Jeux olympiques, je ne peux m’empêcher de me souvenir que ceux-ci ont été plusieurs fois au service de la propagande totalitaire, au temps d’Adolf Hitler ou de l’Union soviétique.

Je ne peux m’empêcher de me souvenir aussi que les Jeux olympiques ont continué, quasiment comme si rien ne s’était passé, après l’abominable tuerie « palestinienne » de Munich en 1972.

Je ne doute pas que, s’il n’y a plus aujourd’hui de sportifs Est-Allemands gorgés d’hormones et parmi lesquels bien des femmes étaient très masculines, il reste d’autres sportifs du même genre qui sont des exemples vivants des ravages du sport lorsqu’il se mêle avec la vanité nationaliste.

Je ne sais pas en ces conditions quel pays ramènera le plus de médailles d’or, d’argent, de bronze ou de chocolat de Rio de Janeiro.

Mais je constate, une fois de plus, à quel point l’organisation de compétitions de ce genre dans des pays en voie de développement est obscène.

Des milliards d’euros ou de dollars sont dépensés en pure perte à quelques pas de bidonvilles.

Des gens corrompus jusqu’à la moelle se retrouvent soudain beaucoup plus riches.

Quand la fête est finie, il reste des stades inutiles et quelques confettis.

À Rio de Janeiro, l’obscénité s’est trouvée accentuée par une atmosphère de catastrophe prévisible que les organisateurs et les grands médias se sont efforcés de gommer, mais qui n’en est pas moins là, pour des raisons logiques.

Le Brésil n’est pas seulement un pays en voie de développement : c’est un pays qui, comme une bonne part de l’Amérique latine, est rongé par les inepties gauchistes de gouvernants crapuleux.

La plupart des installations étaient encore en travaux la veille des cérémonies d’ouverture.

Le village olympique était dans un état de salubrité très précaire. Des eaux croupies et des tas d’ordures non enlevées stagnaient à proximité, avec leur lot de bactéries.

Le virus Zika rôdait et rôde toujours et, s’il fait des victimes dans d’autres pays, le nombre de ceux qu’il touche au Brésil est si important que des chercheurs dans des revues médicales internationales ont conseillé le report ou l’annulation des Jeux, évoquant un risque de pandémie mondiale.

Le Brésil est en récession et en grave difficulté financière : le gouverneur de la province de Rio a déclaré que la province serait en situation de banqueroute à la fin des Jeux.

La police n’a cessé d’avertir qu’elle était incapable de remplir vraiment son rôle dans un contexte où les difficultés économiques font que la criminalité explose.

À toutes ces difficultés s’ajoute une crise politique : la présidente gauchiste du pays, Dilma Roussef, est accusée de détournements de fonds et de pratiques comptables frelatées, et se trouve sous le coup d’une procédure d’empêchement. Son prédécesseur issu du même parti qu’elle, Lula da Silva, est fortement impliqué.

Le pays n’est qu’à demi gouverné. L’État Islamique a affirmé sa volonté de s’inviter à la fête : on pourra voir si ce sont seulement des mots quand viendra la cérémonie de clôture, pas avant.

Les organisateurs et les grands médias se sont efforcés de gommer, disais-je. On comptera à la fin les médailles d’or, d’argent, de bronze et de chocolat. On le fait déjà. Le reste sera laissé de côté. Pour ce qui me concerne, je pense d’ores et déjà à ce qui restera quand la fête sera finie. Si la pandémie prévue par divers chercheurs se produit, je songerai, quand elle sera là, que les médailles ont leur revers et que le temps du revers est venu.

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(5) Commentaires

  • druant philippe Répondre

    D’ accord avec le onstat impitoyable de GM : cet argent (en milliards d’ €) aurait pu être consacré au bien -être des locaux par exemple en initiant des politiques de planning familial (stérilisation et contraception) et d’ instruction publique des défavorisés , bref à l’ amélioration des conditions de vie des pauvres Brésiliens en général .
    Je serais curieux de voir l’ état des anciennes installations olympiques depuis l’ an 2000 et de savoir si elles sont encore utilisées à ce jour

    17/08/2016 à 7 h 54 min
  • Jaures Répondre

    On ne m’accusera certainement pas ici de complaisance avec Millière, mais je dois dire que j’approuve la quasi totalité de son intervention.
    Certes, ses éternelles oeillères ne lui permettent de voir la corruption ou les malversations que chez les politiciens de gauche alors qu’on sait pertinemment qu’au Brésil notamment les accusateurs sont au moins aussi compromis que les accusés. Mais là n’est pas l’essentiel.

    Comme Millière, je suis atterré de voir qu’un spectacle sportif prenne ainsi le pas sur tous les maux de la planète, alors que cette exhibition grotesque ne sert qu’à évaluer les meilleurs dopages du moment.
    Comme Millière, je suis révolté de voir que ces compétitions sont organisées à coups de milliards dans des pays où la misère touche une part importante de la population. C’est le Brésil où ce gâchis démentiel est jeté à la face des plus pauvres qui, vivant à quelques centaines de mètres du village olympique, n’aurait même pas de quoi s’y payer une glace.
    C’était la Russie où les caprices d’un autocrate ont abouti aux jeux les plus chers de l’histoire, minés par le dopage organisé, la corruption, des dégâts environnementaux inouïs dans un pays en forte récession.
    C’est le Qatar à qui des instances de football totalement corrompues ont confié l’organisation de la prochaine coupe du monde alors qu’on ne compte plus les morts sur des chantiers où travaillent des quasi esclaves afin de construire des stades qui ne serviront qu’une fois.

    Mais la France n’est pas en reste. Que le service public de l’audiovisuel se ridiculise avec des commentaires vulgairement cocardiers sur une antenne totalement dédié à ces exploits insignifiants est proprement scandaleux.
    Quand je vois la facilité avec laquelle on trouve des fonds pour construire des stades de foot alors qu’au même instant on ferme des maternités ou des lits d’hôpital, je suis affligé.
    Pareillement, il est insupportable de voir des chefs d’entreprises verser des salaires ahurissant à des footeux décérébrés, alors que les mêmes, recevant des revendications de leurs salariés, invoqueront la crise et la concurrence internationale pour clore les négociations.

    Bref, oui au sport éducatif ! Oui au sport amateur !
    Stop au sport professionnel perverti par le chauvinisme et l’affairisme.

    16/08/2016 à 17 h 12 min
  • Nicolas Répondre

    Pané circé se. Obscène, vous avez raison
    Point de désaccord : Dilma Roussef : aucun enrichissement personnel. Elle a fait ce que Royal à fait :Charentes-Poitou, un report de dettes. Malhonnête intellectuellement, certes. Combien en France ?
    Par contre, le vice-président de droite qui la remplacé est poursuivi pour corruption intense et on aboutira à forfaiture. Le Brésil n’est pas facile à gouverner : 28 partis politiques avec lesquels il faut trouver une majorité .
    Elle a commis 2 erreurs énormes : les Jeux pendant que les Brésiliens crèvent de faim et vouloir réguler la dette.
    Nulle, oui, malhonnête, non. D’ailleurs, elle n’est pas accusée de cela.

    16/08/2016 à 16 h 13 min
    • vozuti Répondre

      Elle est accusé d’avoir maquillé les comptes,ce qui est effectivement moins grave que la corruption avérée de celui qui a été choisit(par les médias et donc par l’oligarchie) comme prochain président de la france, juppé .

      16/08/2016 à 16 h 39 min
  • NDOBIN Répondre

    …Pandémie morale, aussi : il semblerait que certain écoeurement psychologique ait contaminé quelques sportifs de haut niveau au moral habituellement tonique et pas seulement à cause de leurs résultats …
    On dira qu’ils sont « mauvais perdants » pour « gommer » l’envers ,beaucoup trop présent à maints titres ,des-dites médailles?…

    16/08/2016 à 15 h 15 min

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