Trump : de Hanoï au CPAC

Posté le 12 mars , 2019, 11:05
15 mins

L’art de négocier, c’est aussi savoir se lever et partir devant une impasse. C’est exactement ce que Trump a fait à Hanoï, lorsqu’il a compris que Kim Jong-Un voulait l’arrêt complet des sanctions de l’ONU et des États-Unis en échange de la livraison d’une part modeste de son arsenal nucléaire, qu’il continue de développer en douce. Trump veut l’inverse : alléger les sanctions au fur et à mesure que la dénucléarisation sera en marche et n’y mettre fin qu’une fois celle-ci complète et irréversible.
Trump a-t-il eu tort de traverser la moitié du monde et d’avoir feint de traiter Kim en égal ?

Pas si l’on suit sa stratégie. D’abord, il aime voir les choses par lui-même et il a montré au monde sa fermeté. Là encore, il se trouve devant une situation apparemment irréductible, legs de ses prédécesseurs : Clinton a laissé la nucléarisation se faire, Bush, occupé ailleurs il est vrai, s’est contenté de « contenir », et Obama, comme toujours et partout, s’est courbé humblement, ne demandant même pas le rapatriement des Américains détenus en Corée du Nord !

Et c’est sous Obama que la digue de contention a craqué, « Rocket Man » commençant à lancer ses missiles tout neufs vers ses voisins.

Alors Trump raisonne différemment : la doctrine du containment a fait son temps et ce ne sont pas seulement ses missiles qui assurent sa place à Kim, mais aussi les élites qui le servent et qu’il s’attache par des traitements de faveur et des produits de luxe. Si les élites le lâchent, Kim tombe.

Les sanctions vont donc s’alourdir, contre Kim mais aussi contre Xi Jinping qui tient le régime nord-coréen à bout de bras.

Et on prend note que Poutine transgresse les sanctions de l’ONU en livrant des cargaisons de vodka, luxe destiné à l’entourage du tyran et aux gardes du régime.

À Washington, tout exprès le 27, alors que Trump travaillait à la sécurité du monde, les Représentants démocrates poursuivaient leur chasse aux sorcières contre le président.

Ayant regagné la Chambre des Représentants, ils ont le pouvoir de décider de l’agenda et de citer à comparaître qui bon leur semble. L’enquête Mueller sur la pseudo-collusion Trump-Russie tournant en jus de boudin, les 13 inquisiteurs ont appelé comme témoin Michael Cohen, ancien avocat de Trump. Personnage veule et prévaricateur confirmé, Cohen essaie d’obtenir une réduction de peine en obéissant à l’organisateur de ce cirque, l’avocat Lanny Davis, inconditionnel des Clinton.

Me Davis, qui est hors de prix, défend Cohen gracieusement. Et Cohen a docilement débité toute la litanie des calomnies éculées contre Trump, mais renâclé sur l’essentiel : « Il n’avait connaissance d’aucune collusion. » Rage et désespoir, mais, faute d’invalider 2016, on va maintenant fouiner dans les finances de la Trump Organization, examiner tous les contrats conclus par le magnat de l’immobilier depuis des décennies, demander, fi des contradictions, « si Trump n’avait pas sous-estimé ses avoirs pour diminuer ses impôts, tout en les surestimant pour obtenir plus de ses assureurs ».

Revenu d’Hanoï juste pour le CPAC (Conservative Political Action Conference), dont il est désormais l’attraction-phare, un Trump, débordant d’énergie et d’humour, a régalé l’auditoire avec le plus long discours de sa présidence (plus de 2 heures.). Il y a passé en revue tous les faits, des premiers jusqu’aux derniers, soulignant la malignité et la pathologie de l’opposition. Et, dans le sillage de son discours de l’État de l’Union, Trump a dénoncé le socialisme avec force.

Au CPAC, la veille, le Représentant Mark Meadows et le Vice-Président Pence avaient tous deux dénoncé cette abomination, citant le Vénézuela et la Californie en exemple. Le conseiller financier Larry Kudlow avait même réclamé « un procès du socialisme et sa condamnation sans appel ».

Et, comme ses lieutenants, ­Trump a appelé les militants et tous les citoyens concernés à s’engager, comme il l’a fait lui-même, à lutter pour « le retour du bon sens » et « pour que l’Amérique ne devienne jamais un pays socialiste ». Le 4 juillet prochain, la fête nationale prendra un éclat particulier avec un Salut à l’Amérique.
Le CPAC 2019 a marqué le commencement de la campagne de 2020. S’affronteront les forces du Bien et les forces du Mal.

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4 Commentaires sur : Trump : de Hanoï au CPAC

  1. quinctius cincinnatus

    13 mars 2019

    ” l’ art de négocier ” ou la C.I.A. ce n’est plus ce que c’était

    Madrid :

    les assaillants de l’ Ambassade de la Corée du Nord à Madrid, qui ont dérobés des données concernant la personne de l’ ancien ambassadeur nord coréen auprès de l’ Espagne et maintenant en charge des négociations avec les E.U. sont liés à la C.I.A. selon la Justice et la Police espagnoles

    ( la presse )

    les ” pieds nickelés ” sont partout !

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  2. De Sorne

    12 mars 2019

    Joslain Evelyne a parfaitement compris la manœuvre de Trump.
    C’est pourtant assez classique! Il faut être bien simple d’esprit pour ne pas comprendre ou être un de ces DEM- anti-Trump- à- tous- prix.
    Quant à moA, je voterais encore TRUMP !

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    • quinctius cincinnatus

      13 mars 2019

      ” Joslain Evelyne a parfaitement compris la manoeuvre de Trump ”

      mais Trump, s’ il a compris la manoeuvre de Kim, qu’ y peut il ?

      là est la véritable question : le … ” déclin de l’ Occident “

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  3. quinctius cincinnatus

    12 mars 2019

    et pendant ce temps [ gagné ] le jovial Kim développe son ” artillerie ” !

    il est vrai qu’ à part une guerre on ne voit pas quelle peut bien être la solution

    comme la Corée du Nord n’ est pas une menace directe pour Israël [ comme l’ est l’ Iran ] Trump joue petit bras mais ses alliés du Pacifique commencent à trouver qu’ il n’ est plus le Grand Protecteur

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