Trump : les défis pour 2019

Posté le 08 janvier , 2019, 4:00
15 mins

Lors de sa première réunion ministérielle de l’année dans la Situation Room (salon des gestions de crises) le 2 janvier, Trump a réaffirmé sa détermination, sur les questions intérieures et extérieures.

Puis il a embrayé sur le bras de fer qui l’oppose aux démocrates qui tiennent les cordons de la bourse à la Chambre.

On voit mal comment cette nouvelle Chambre (qui compte une majorité socialo-démocrate dominée par des gauchistes radicaux) pourrait lui accorder ce que les républicains mous de l’ancienne Chambre lui avaient refusé : les 5,6 milliards de dollars nécessaires pour finir le mur.

Mais, comme toujours avec ­Trump, il y a les effets d’annonce et, en filigrane, les actions qu’il prépare.

Sans « menacer personne », il prévient que, la protection aux frontières étant une question de sécurité nationale, il pourrait fort bien décider d’une « action d’urgence » et obtenir rapidement la construction du mur par d’autres moyens. Il est en son pouvoir constitutionnel, entre autres possibilités, de prendre l’argent dans l’énorme cagnotte du Pentagone (700 milliards par an) qu’il a obtenue du précédent Congrès, ou encore de tailler dans les subsides aux cités-sanctuaires (qui, au mépris de la loi, protègent les criminels illégaux récidivistes).

Pourquoi veut-il d’abord tenter la négociation avec son opposition ? Pour exposer la mauvaise foi des démocrates qui veulent donner 12 milliards à l’aide étrangère, mais refusent 5 petits milliards pour protéger les citoyens ? Pour montrer que l’hostilité ne l’impressionne pas ?

La grossièreté inouïe de la Représentante musulmane Rashida Tlaïb, « venue là pour destituer le motherfucker », le laisse imperturbable, tout comme les persiflages d’un Romney jaloux autant qu’ingrat, qui fait
son entrée au Sénat.

Trump se dit soulagé de s’être débarrassé du très politiquement correct Général Mattis qui voulait le retenir éternellement en Syrie et en Afghanistan, d’autant qu’en 2019, la République Populaire de Chine doit fêter ses 70 ans et la République Islamique d’Iran ses 40 ans – des anniversaires amers pour l’Occident.

Trump est cons­cient de la stratégie mondiale ambitieuse de la Chine (Belt and Road Initiative) mise en œuvre en 2013, symboliquement, alors que l’Amérique d’Obama était volontairement en retrait partout.

C’est l’establishment (ce con­sensus mou des 2 partis) qui avait abandonné la Chine au communisme en 1949, l’establishment encore qui a fait accéder la Chine dans l’OMC en 2001, cette Chine qui effectue un lent travail de sape pour supplanter la domination occidentale, l’establishment toujours qui s’oppose encore à Trump engagé à réduire les pouvoirs exorbitants que la Chine s’est taillés avec des traités commerciaux complètement déséquilibrés. Elle va certainement pouvoir fêter son anniversaire car elle domine des masses arriérées mais pas avec l’éclat escompté car elle a déjà subi des ratés avec l’obstacle Trump. Donc promesse électorale en cours d’être tenue.

Le retrait de Syrie correspond à une autre promesse électorale : se désengager militairement du Moyen-Orient, maintenant que l’Amérique est énergétiquement indépendante.

L’Amérique d’Abord de ­Trump n’est pas isolationniste comme l’America First de l’entre-deux-guerres. Trump n’abandonne pas les chrétiens d’Orient, com­me Obama l’avait fait, pas plus que les Kurdes qui se sont battus auprès des troupes américaines pour éradiquer l’État islamique. Il veut que les puissances régionales assument leur propre sécurité.

Il reconnaît que son prédécesseur a permis à Poutine de remettre un pied dans la région – ce qui est regrettable sans doute, mais fait accompli. Et il laisse les Européens (qui ont tant de prétentions en matière militaire) faire leurs preuves sur le terrain et assumer à leur tour la perte en hommes et en finances. Il ne trahit nullement des alliés si peu fiables, mais leur donne une bonne leçon, tout en se tenant prudemment prêt à réintervenir, si les choses se passaient trop mal.

Le gros problème de la région, c’est l’Iran. Trump est tenu par les courants libertariens et isolationnistes qui sont une partie de sa base, mais il sait aussi que le gros de son électorat ne supporterait pas plus un effacement des États-Unis que des humiliations à l’extérieur. Trump joue un jeu géopolitique serré et il a des informations que le public n’a pas. Le mieux est donc de lui faire confiance.

Si Bolton ne dit rien, c’est que Trump et lui savent exactement ce qu’ils font.

 

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4 Commentaires sur : Trump : les défis pour 2019

  1. HansImSchnoggeLoch

    11 janvier 2019

    Un peu peu plus de 50000 clandestins auraient été arrêtés en train de franchir la frontière US-Mexicaine en décembre 2018.
    À ce rythme cela ferait plus d’un demi-million en une année.
    Si ce n’est pas une invasion comment faudrait-il l’appeler, une visite de coutoisie?

    Le parti démocrate US toujours prêt à défendre les frontières des autres pays n’est pas capable d’allouer 6 milliards USD pour défendre les frontières US.
    Avec la pétasse Nancy Pelosi une socialiste formée suivant les principes d’Erich Honecker, Trump n’est pas sorti de l’auberge.
    Le “shut-down” a encore de beaux jours devant lui.
    Les fonctionnaires touchés (civil servants) par ce shut-down en majorité d’obédience démocrate pourront toujours se tourner vers la soupe populaire et la manche pour subsister.

    NB:
    Civil servant = fonctionnaire.
    Il est assez curieux de voir la différence entre ces deux mots.
    Quand le “civil servant” a un poste de serviteur pour le peuple, le fonctionnaire lui occupe une fonction.

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  2. Yes-comment

    9 janvier 2019

    Bonne synthèse pour une journaliste… qui sait ce qu’elle écrit, ce qui n’est pas courant au sujet de Trump.
    Pour ceux et celles qui ont 10´ de temps libre, n’hésitez pas à écouter l’intervention de l’Oncle Sam, effectuée hier soir.
    Elle livre ses 4 vérités sans outrance :
    – oui il y a un problème de mémoire chez les démocrates, qui ont oublié ce qu’ils voulaient
    – oui il y a un problème de sécurité à la frontière sud,
    – oui il faut un peu d’argent pour en gagner beaucoup,
    – oui si ce mur est construit, il n’aura pas vocation à supplanter celui des lamentations.

    Répondre
  3. Yes-comment

    9 janvier 2019

    Bonne synthèse pour une journaliste… qui sait ce qu’elle écrit, ce qui n’est pas courant au sujet de Trump.
    Pour ceux et celles qui ont 10´ de temps libre, n’hésitez pas à écouter l’intervention de l’Oncle Sam, effectuée hier soir.
    Elle livre ses 4 vérités sans outrance :
    – oui il y a un problème de mémoire chez les démocrates, qui ont oublié ce qu’ils voulaient,
    – oui il y a un problème de sécurité à la frontière sud,
    – oui il faut un peu d’argent pour en gagner beaucoup,
    – oui si ce mur est construit, il n’aura pas vocation à supplanter celui des lamentations.

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  4. BRENUS

    8 janvier 2019

    Nous attendons la charge habituelle contre Trump de l’abruti de service sur ce site : Q.Q.
    Moi – Brenus – bien que non américain et sans illusion aucune, je soutiens Trump, sachant qu’il ne fera pas de cadeaux que, de toutes façons, nous n’attendons pas. Mais je considère que ce qui peut rendre l’Amérique forte sera au final bon pour l’Europe ( pas la “communauté européenne” cette illusion immigrationiste).

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