Une grave erreur diplomatique

Une grave erreur diplomatique

Les cérémonies qui ont marqué le soixantième anniversaire du débarquement du 6 juin 1944 ont été parfaitement organisées, les nombreux discours prononcés n’ont été entachés d’aucune fausse note.
On notera cependant que le nord de la Normandie fut de facto à cette occasion territoire américain. Le Président des États-Unis s’était fait précéder de 3 000 hommes de l’armée américaine supérieurement équipés. Les limousines blindées utilisées avaient été transportées par avion des États-Unis. Les aéronefs, notamment les hélicoptères, étaient exclusivement américains.
Imaginons un instant que le Président de la République française, se rendant en visite dans un pays donné, fasse assurer sa protection par 3 000 militaires français et n’utilise des moyens de transport que français, servis par des militaires, tous diraient que notre Président s’est rendu dans un pays sous-développé incapable d’assurer sa sécurité et à qui on ne peut faire confiance… Mais venons-en à l’essentiel.
La diplomatie française s’est donc ralliée à George W. Bush. Ainsi, la résolution 1546 a-t-elle été votée à l’unanimité au Conseil de Sécurité. C’était le but de Washington. Mais, à Paris, ce que l’on voulait, c’était donner toujours plus de pouvoir au gouvernement irakien, de manière à entraver les Américains, jusqu’au jour où l’on a appris que lesdits Irakiens n’en demandaient pas tant et qu’en étant plus anti-américains que les Irakiens, plus Arabes que les Arabes qui, on le notera, sont dans cette crise, fort prudents – pas un seul État du Golfe n’a volé au secours du frère Saddam – on risquait d’être totalement isolé et passablement ridicule. Aussi bien de mauvaise grâce s’est-on rallié à ce que voulait le Président des États-Unis.
En revanche, il est un point sur lequel il faut souhaiter que Paris reste ferme, c’est celui de la dette. L’Irak de Saddam Hussein nous doit 5 milliards de dollars, intérêts de retard compris. Il s’agit des très importantes commandes que la France des valeurs républicaines et des droits de l’homme se faisait un plaisir d’honorer au profit du dictateur Saddam Hussein, y compris des équipements permettant la fabrication d’une bombe atomique destinée à rayer Israël de la carte du monde. L’ennui est que notre « grand ami » ne payait pas, alors qu’il en avait très largement les moyens. Aujourd’hui, il n’y a aucune raison de faire régler la facture, en fin de course, par le contribuable français qui, une nouvelle fois, est menacé par l’incompétence de ses gouvernants. L’Irak, possédant les réserves d’hydrocarbures les plus importantes de la planète après l’Arabie Saoudite, sera parfaitement dans l’avenir en mesure de régler ses dettes passées. Le contribuable français possède, lui, les feuilles d’impôts les plus lourdes de la même planète. Ce n’est pas à lui à payer les pots cassés d’une politique mal conduite.
Bref, dans cette crise grave, notre diplomatie don quichotesque a échoué. Il était pourtant facile de le prévoir (cf. le n° 367 du 3 octobre 2002 des « 4 Vérités »). La grandiloquence, l’exaltation théâtrale peuvent faire gagner des voix dans des réunions électorales. En diplomatie, un tel comportement est négatif. Tout au plus, amuse-t-il la galerie. Le résultat est là : altération durable de la relation transatlantique, division de l’Europe, isolement de Paris ; Berlin et surtout Moscou faisant discrètement savoir à Washington qu’ils n’adhéraient pas à une politique française très personnelle, s’inscrivant dans un contexte idéologique archaïque qu’a fort bien décrit le professeur Françoise Thom dans « Le Figaro » du 6 mai 2004 : « La France, écrit-elle, a chaussé les bottes de la défunte Union Soviétique : même politique d’obstruction à l’ONU, même démagogie tiers-mondiste, même alignement sur le monde arabe, même ambition de prendre la tête d’une coalition
d’États “anti-impérialistes“ dirigée contre Washington ».
Le Président de la République française ne couvre-t-il pas d’éloges l’officier de l’ex-KGB, Vladimir Poutine, Président de l’ex-URSS, alors qu’il entretient des relations exécrables avec le Président des États-Unis. C’est le même président de la République qui s’oppose avec détermination à ce que soit mentionné dans la Constitution européenne l’apport du christianisme à la civilisation occidentale et qui se déclare favorable à l’admission de la Turquie musulmane dans l’Union européenne…
Sans doute est-il des avocats de la diplomatie élyséenne qui font valoir que notre politique en cette circonstance a été, en fait, dictée par nos banlieues arabo-musulmanes. « Nous ne pouvions pas, ai-je cru comprendre, nous permettre de les contrarier, les risques d’attentats étaient trop grands ». Cette observation est malheureusement tout à fait pertinente.
Voilà donc la souveraineté de la France d’ores et déjà tributaire des populations immigrées généralement hostiles aux pays qui les accueillent et les font vivre (la Marseillaise est sifflée à toute occasion), et qui imposent en réalité des relations internationales contraires à l’intérêt national. Qu’en sera-t-il demain, alors que cette situation va inexorablement empirer ?
À cette question, de très sérieux démographes répondent dans un article publié par « Le Figaro » du 30 novembre 2003. Le démographe Jacques Dupâquier, membre de l’Institut, et Yves-Marie Laulan, de l’Institut de géopolitique des populations, écrivent : « Des projections effectuées à partir des statistiques de l’Insee permettent de voir que si les comportements des communautés immigrées en France ne devaient pas évoluer en matière de fécondité, dans 25 ans environ, en 2030, leur masse avec leur descendance pourrait représenter quelque 24 % de la population totale française et 42 % des naissances ».
L’hypothèse d’un véritable démembrement intérieur du pays, avec des entités entièrement musulmanes où justice, police, coutumes se conformeront à la loi musulmane peut être parfaitement retenue. Il faudra alors, en politique étrangère, plaire avant tout à Alger, Ryad, et Ankara…
Aujourd’hui, la France est gouvernée par la rue, sous la conduite de la CGT communiste. Demain, elle le sera par les populations d’origine africaine. L’anarchie et l’insécurité en feront un pays tiers-mondisé.
Raymond Barre dont on connaît le sens de la mesure et la qualité du jugement a écrit, dans « Le Nouvel Observateur » du 27 novembre 2003 : « Les hommes politiques en France suivent la France telle qu’elle est. Ils ne conduisent pas les Français comme cela est de leur responsabilité vers des objectifs nationaux ».

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Comments (6)

  • Isnard Jean Répondre

    Merci pour des analyses qui ont d’abord le mérite de ne pas être du type « bouillie pour le chat » qu’on nous sert tous les jours ; si seulement on pouvait en parler! Merci encore et poursuivez.

    08/02/2005 à 9 h 44 min
  • Aramis Répondre

    Vous avez dit myopes ? Je dis, myopisés. Un enfant est rarement myope de naissance, il le devient à 80% par crispation acquise : temps trop long sur les bancs de l’école, mauvaise position de ses livres et cahiers (où sont les pupitres inclinés à 20° ?), stress des exercices rigides où le résultat est jugé par répétition d’une seule méthode (pas le temps de jouer à chercher avec son cerveau, il faut aller vite en grande quantités de connaissance, bref, une école usine à magnétophones, même dans les idées sur l’histoire et le reste). Donc moralement et spirituellement myopisé, économiquement aussi. Tout le temps imposé à penser aux malheurs, aux problèmes, à chanter des poëmes anti-militaristes sous maquillage de mauvais écologisme, est un temps volé à la rêverie positive et à l’exercice non noté de permettre de jouer avec les idées, les solutions et l’affectivité. On leur vole leur enfance. Sauront-ils être hommes sans elle ? Suis-je loin du sujet ? Non, ce conditionnement sous prétexte de culture fait passer 20 ans à des choses et de notions tordues, comme un musicien qui aurait exercé ses doigts 20 ans à jouer musicalement laid, même si c’est techniquement juste comme l’académie lui enseigne. Idem en médecine, avons-nous le choix de nous soigner ? En théorie oui, économiquement, et objectivement, non. Nos politiciens, en majorité, veulent leur beurre, et garder leur place. Donc, ils servent ceux qui les gardent, au nombre, c’est la logique de la démocratie. Et pourtant, regardez partout, des gens qui ouvrent les yeux parlent, mais hors des circuits officiels. C’est la force d’Internet, ce dazibao géant qu’on ne sait pas encore bloquer. Dire et redire. Montrer ce qui se passe, est un travail patient et payant. Sauvons nos jeunes gens et nos descendants, cessons de croire au système vérolé qui nous tient lieu de « dirigeant ». Si c’était un autobus, ce serait celui qui suivrait la trajectoire de ses roues arrières. Haut les coeurs! O, anciens gardez le cap ! et ouvrez nous les yeux. Oeuvre humanitaire s’il en est !

    22/06/2004 à 10 h 41 min
  • NBC Répondre

    Tres bon raisonnement, j’espére que le fait que ce soit Mr C. LAMBERT qui le tienne, et non pas LE PEN, qui tient exactement ce même discours depuis des lustres, lui assurera enfin tout le succés qu’il mérite !

    21/06/2004 à 16 h 15 min
  • Henri Nicaise Répondre

    Je suis un homme âgé, ce qui me désespère, c’est de voir la décrpitude de la France, la vue myope de nos politiciens, leur démagogie, et leur corruption qui trahit leur peur de l’avenir: Profitons en pendant qu’il est temps. Mais la vraie question n’est pas la dissertation sur les malheurs de la France, elle est de savoir comment une minorité de gens qui voient notre désastre doit s’organiser pour le combattre. Eh bien! Je suggère que nous nous réunissions pour soutenir Monsieur X, symbole et incarnation de la politique qui doit être menée. Dans un deuxième temps, le jugement de Dieu. Quoi! mais oui. Il faut le désigner par tirage au sort parmi les candidats possibles dont l’importance de chacun est proportionnelle au nombre de ses partisans. Trois avatages majeurs: 1- Presqu’inutilité des manoeuvres démagogiques et politiciennes des candidats.Diminution de l’influence néfaste des média notamment télévisuelles. N’avons nous pas pu voir que les qualités nécessaires pour gagner les élections ne sont pas celles qu’il faut pour gouverner. 2- Personne ne peut avoir raison à cent pour cent, mais même si une question divise l’opinion, il est plus facile d’admettre une opinion différente de la sienne si elle est supportée par quelqu’un que le sort a désigné. Je veux dire que la politique que mènera Monsieur X peut contrarier sur des points de détail, mais le sort l’a voulu. 3- Modestie obligée de Monsieur X du fait de son mode de désignation. Pas d’hystérésis post électoral.

    21/06/2004 à 14 h 45 min
  • Martel Répondre

    Vous n’avez malheureusement que trop raison. La lâcheté de nos gouvernants français, et celle du traître Chirac en tête, viendra à bout de la France. Destruction de la France par la République des lâches ! Au train où on en est, je préfère émigrer ailleurs. Là-bas au moins, je suis sûr de trouver un patrie qui se respecte, et plus de Blancs qu’en France musulmane !

    20/06/2004 à 13 h 23 min
  • Stephane Répondre

    Tout a fait d’accord. Chirac est tout sauf un « leader ». Convaincu que les Francais sont des veaux, ils les emmenne gentiment a l’abattoir en esperant sauver sa propre tete (de veau 🙂 … desole, je n’ai pas pu resister). Le pire etant qu’au dela de l’actuel President de la Republique, c’est une generation entiere de « responsables » politiques francais qui a choisi l’abdication, a gauche comme a droite. De fait, il n’y a plus vraiment de pouvoir politique en France. Le pays est dirige par les syndicats revolutionnaires, la banque centrale europeenne et les « commissaires » europeens (ce terme a des raisonnances tres sovietiques). Au fil des 30 dernieres annees, la France est devenue une republique bananiere, a l’image meme des regimes peu democratiques qu’elle a soutenu en Afrique, au nom du dogme de la « stabilite » politique et, surtout, des interets d’une minorite corrompue de politiciens vendeurs d’armes ou exploitants petroliers. Malheureusement, il n’y a pas, non plus, de veritable pouvoir politique au niveau Europeen. Nos nouveaux representants au Parlement Europeen ne sont guere plus que des figurants, acteurs plus ou moins volontaires d’une nouvelle manifestation de l’impuissance totale de nos soit-disant democraties. Les decisions importantes continueront a etre prises par des fonctionnaires europeens qui n’ont aucune legitimite democratique. Il y aurait bien des choses a dire sur la politique de l’administration Bush. Au moins, les americains voient-ils clair sur la situation dans notre pays, et en tirent-ils les consequences relatives a la securite de leur chef en deplacement, si j’en crois l’anecdote du 6 Juin 2004. Certains accusent Bush d’avoir sape pour longtemps la credibilite des US aupres de leurs allies. Je pense que la frenesie theatrale de Messieurs Chirac et Villepin l’an dernier ont, de maniere comparable, contribue a finir de decredibiliser la voie de la France dans le monde. Plus personne ne prend la France au serieux, que ce soit en Europe ou outre-Atlantique. Tout le monde connait la vraie nature des motivations francaises : au dela de l’ideologie d’opposition systematique a « l’hyper-puissance » americaine, c’est bien d’une affaire de gros sous dont il s’agit. Residant actuellement aux Etats-Unis, je paye mes impots au gouvernement US. J’approuve les efforts americains pour faire annuler la dette irakienne. Non pas par interet personnel bien compris, mais parce que les Irakiens ont suffisament souffert sous le joug de Saddam et des sactions onusiennes conjugues. Et parce que c’est de bonne guerre… Cela dit, je trouverais scandaleux que les contribuables francais soient forces d’assumer la douloureuse. S’il y avait un moyen de faire payer les « irresponsables » politiques francais, voila qui me paraitrait juste.

    20/06/2004 à 11 h 33 min

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