Une politique étrangère déconcertante

Une politique étrangère déconcertante

Pour qu’un pays puisse exercer une politique étrangère influente, il faut qu’il ait un gouvernement respecté, des finances saines et une armée puissante. Or, je viens de lire dans « Le Monde », journal de gauche et de référence : « Le gouvernement socialiste montre qu’il est incapable de tenir les dépenses qu’il ne respecte pas ses objectifs… »

Néanmoins, la France mène une politique étrangère qui repose sur deux priorités : l’Europe et l’Afrique.

S’agissant de l’Europe, cette politique a pour fondement l’entente entre la France et l’Allemagne et cette entente est réelle depuis De Gaulle et Adenauer. Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy et Hollande l’ont préservée, en plein accord avec les chanceliers allemands. Elle subit cependant, ces temps-ci, quelques frémissements dus au flux des millions de migrants venus du Moyen-Orient et de l’Afrique.

Je rappelle, à ce sujet, qu’en un premier temps, la chancelière Angela Merkel, soudain transformée en « mère Angela » comme mère Teresa jadis, ouvrit grand ses bras, proclamant : « Laissez venir à moi toute la misère du monde. » Hollande, avec réticence il est vrai, lui emboîta le pas. Las, la réalité s’imposa.

L’invasion se monte aujourd’hui à quelque 20 000 migrants par jour, soit 7,3 millions par an. Dans trois petites localités portuaires, sur la mère Égée en Turquie, et dans leurs environs, 500 000 Syriens et Irakiens attendent de passer en Grèce. « Mère Angela », retrouvant alors la chancelière Merkel et son pragmatisme, rétablit dare-dare les contrôles aux frontières. Hollande s’efforça de faire de même. Le problème est que ces contrôles sont et seront parfaitement inefficaces.

Heureusement, l’Union européenne, avec sa commission, ses 50 000 fonctionnaires, ses 43 directions générales, ses 751 députés fort bien indemnisés, et ses ambassadeurs, trouva tout à coup la solution : des milliards d’euros seront distribués aux immigrés là où ils sont parqués, en Turquie, au Liban, en Jordanie, pour qu’ils restent en place bien sagement. Les Turcs et autres Orientaux applaudissent des deux mains cette manne qui va tomber du ciel et de Bruxelles. Des fortunes vont se faire en quelques mois…

Bref, rien n’est résolu. Le drame va se poursuivre et s’aggraver, ce qui n’empêche nullement notre ministre des Affaires étrangères et ses compères de célébrer « la France, terre d’asile », comme on dit dans les banlieues maghrébines de Paris et de Lyon ou à Marseille, capitale des Comores.

Passons à la priorité africaine.

Pour redevenir une grande puissance impériale, la France se réinstalla en Afrique dès 1945, avec une grande sollicitude pour les Africains. Des milliards de francs, puis d’euros, furent remis aux chefs d’État. C’est ce qu’on devait appeler la « Françafrique », c’est-à-dire la corruption dans le chaos et un interventionnisme constant, avec après 1945 des ministres noirs dans chaque gouvernement, et actuellement des ministres d’origine maghrébine, plus des opérations militaires dans des pays qui ont connu quelque 60 coups d’État depuis leur indépendance, le dernier en date ayant eu lieu au Burkina Faso.

Cette politique n’a d’équivalent nulle part. La Grande-Bretagne, naguère première puissance coloniale, le Portugal, la Belgique, etc., n’ont pas un seul soldat en Afrique. La France, elle, y est empêtrée dans un immense bourbier, notamment au Mali, où les islamistes armés par l’arsenal de Kadhafi (que la France de Sarkozy a fait assassiner en 2011) sont maintenant affiliés à l’État islamique. Sans parler de Boko Haram au Nigéria, qui agit de plus en plus au Tchad, au Cameroun et au Niger. Non seulement cette politique est vaine, mais elle est souvent grotesque, qui connut l’abbé Fulbert Youlou, président du Congo Brazzaville, et ses soutanes rose fluo, « Napoléon Bokassa », empereur et maréchal à vie, qui appelait De Gaulle « mon papa ». Il est évident qu’avoir un fils pareil est une grande fierté !

Mentionnons aussi notre grand ami gabonais, généreux pétrolier, tout à la fois catholique, musulman et franc-maçon. Espé­rons que la présidente de la Centrafrique (État qui, d’ailleurs, n’existe plus), Catherine Samba Panza, ne se prendra pas pour Jeanne d’Arc.
Restent les dossiers sérieux.

S’agissant de la Russie, il faut soutenir l’Ukraine contre Poutine, c’est-à-dire, en fin de compte, payer les impôts des Ukrainiens comme ceux des Grecs. C’est ce qu’on appelle favoriser la démocratie fiscale. Ajoutons l’OTAN qui s’agite aux frontières de la Russie, ce qui, évidemment, présente des risques que l’on pourrait parfaitement éviter avec un peu de bon sens.

La Russie entendant être maître chez elle et donc tenant à conserver l’Ukraine, comme la France tient à conserver la Bretagne, on lui a imposé des sanctions, dont le premier résultat a été de sanctionner nos exportateurs. De­mandez à nos éleveurs ce qu’ils en pensent.
Toutes ces erreurs font le jeu de Poutine qui sait fort bien les exploiter, ce qui n’est pas difficile, tant les Occidentaux sont divisés. Ce qui est plus grave, c’est que le risque est désormais réel d’une confrontation en Syrie, où la Russie intervient militairement, ainsi que la France. Pour les lecteurs qui s’y intéressent, je précise que « l’armée syrienne libre », soutenue par Sarkozy, puis par Hollande, est composée de groupes armés qui, de temps en temps, s’entre-tuent allègrement : le front Jahbat Al Nosra, branche syrienne d’Al Qaïda, les milices islamistes Ahrar Al-Sham, et le groupe Jaysh Al-Fatah…

Avec les États-Unis, les relations sont normales. Entre socialistes, on se comprend. Obama, le grand frère, donne de sages conseils à Hollande, l’engageant à ne pas faire de visite à ses « relations » en scooter au milieu de la nuit : « François, n’oublie pas que tu es le président de la république française… »

Avec Pékin, tout va bien. On importe de Chine des milliards de dollars de produits, ce qui contribue au déficit de notre balance commerciale (de quelque 50 milliards d’euros par an au total) et on passe sous silence les camps de concentration communistes. Les droits de l’homme, c’est selon…

Avec le Japon, c’est le calme plat. À se demander si nos dirigeants savent qu’il existe un archipel nippon. Ce qui est sûr est qu’on importe du Japon de très nombreux véhicules et qu’on lui vend du Beaujolais.

Avec l’Arabie saoudite islamiste wahhabite et les émirats du Golfe, les relations sont bonnes, bien que ces pays soutiennent discrètement l’État islamique qu’on appelle Daesh. Ces pays se gardent bien, par ailleurs, d’accepter un seul réfugié chez eux.

Enfin, mention spéciale doit être faite de l’Iran, le « grand Satan », contre lequel notre diplomatie a fait preuve de la plus grande fermeté verbale, jusqu’à l’accord du 14 juillet dernier entre Washington et Téhéran. Aussitôt, virage à 180 ° : la France n’avait pas de meil­leur ami que l’Iran des ayatollahs. D’impo­san­tes délégations, dont une conduite par Lau­rent Fabius lui-même, se rendirent à Téhéran pour proposer nos voitures, nos cosmétiques, et nos élégants foulards pour voiler ces dames, et pourquoi pas nos Rafale.

Ceci dit, pas de drame : les Français s’intéressent peu à la politique étrangère. Ce qui les intéresse, ce sont les impôts, le chômage, et la délinquance, tous en forte croissance – et le football, corrompu au sommet de tous les côtés !

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Comments (14)

  • BRENUS Répondre

    Est ce exact QC ? Miss bravitude nous représenterait à l’étranger ? Alors, il n’y a plus qu’à tirer l’échelle. Et se tirer tout court pour ceux qui le peuvent. Nous passons déjà pour des cons, des abrutis et des feignants (comme dirait « Maurice le pneu ») Si nous sommes assimilés à l’intellect de cette évaporée, c’est complet.

    09/10/2015 à 19 h 43 min
  • quinctius cincinnatus Répondre

    le bruit se fait de plus en plus sonore que Bécassine Royal prendrait les Affaires ( qui lui sont totalement étrangères ) au Quai d’ Orsay … d’ accord Laurent est de plus en plus  » figé  » mais est ce une raison pour nommer à ce poste une autre femme aussi incompétente que le sont à leurs postes Taubira, Tourraine, N. B. – K., Lebranchu etc … ? Flanby, c’ est une nouvelle guerre mondiale à coups de Nutella qu’ il veut ?

    09/10/2015 à 17 h 50 min
    • DE SOYER Répondre

      Un ou une socialiste en vaut un autre. Pas un pour sauver l’autre. Alors qu’importe!
      L’important, c’est de les virer tous le plus vite possible.

      10/10/2015 à 19 h 54 min
    • Rosenberg Répondre

      Segolène a dit que le métissage est l’avenir de la France ! Quand v-t-elle faire un gosse avec un noir ?

      10/10/2015 à 21 h 20 min
  • Rosenberg Répondre

    De Soyer parle de Lambert Wilson n’est-ce pas ?

    09/10/2015 à 13 h 25 min
    • DE SOYER Répondre

      Entre Hollande et Lambert Wilson, y-a-t-il une grosse différence?

      12/10/2015 à 16 h 13 min
      • quinctius cincinnatus Répondre

        oui ! certainement ! le second est un très bon acteur qui sait  » incarner  » un personnage et est un lecteur prodigieux … ce qui nous change du premier troisième principal rôle à l’ Acazar de … Tulle ***, et bafouilleur émérite !

        *** et pas de … Rodez du regretté Fernand Raynaud

        12/10/2015 à 16 h 35 min
  • Sylvain Drey Répondre

    Fabius ne fait de la politique que parce qu’il s’ennuie chez lui.

    08/10/2015 à 11 h 06 min
  • Rosenberg Répondre

    Les juifs sont-ils pervers ou ne savent-ils pas de quel sexe ils sont ?

    07/10/2015 à 12 h 41 min
  • Blumkovitch Répondre

    Politique étrangère ? Fabius serait-il makade du sang contaminé ?

    07/10/2015 à 9 h 58 min
  • quinctius cincinnatus Répondre

     » déconcertante  » non ! déconnecté de la RealPolitik , oui certainement !

    06/10/2015 à 15 h 10 min
  • DE SOYER Répondre

    Monsieur Lambert ferait sans doute un excellent ministre des affaires étrangères. Il tient ses dossiers très à jour. Cela étant, on est parfois face à des cas particulièrement tordus, ne serait-ce que celui de notre cher président Ohl’andouille.

    06/10/2015 à 14 h 17 min
    • Seppidalsace Répondre

      De Soyer – c’est qui Mr. Lambert ?

      08/10/2015 à 19 h 19 min

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