Ne plus appeler les terroristes "islamistes"

Posté le septembre 28, 2010, 8:40
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Reçus à l’Elysée « les responsables des musulmans de France  » (tout un poème conceptuel) ont eut des déclarations bien étonnantes :

M. Mohammed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman (CFCM) et ses compagnons ne manquent pas d’air. « Pour nous, en tant que citoyens responsables, le temps du débat est passé, la loi est votée », ont-ils concédé,, tout en prétendant exhorter « bien sûr les musulmans de France à respecter la loi ».

L’expression de « citoyens responsables » nous interpelle. Citoyens sans doute, mais de quelle cité ?

Par curiosité, on peut encore consulter sa fiche sur Wikipedia. Elle comporte à ce jour [24 septembre 2010] la mention bien significative : « Cet article est une ébauche concernant le Maroc. » (…)
Le conseil « français » du culte musulman, outre qu’à ma connaissance l’islam ne doit pas être tenu pour « un culte » mais pour une prédication et un système politico-juridique, reflète surtout désormais les luttes de tendances entre Marocains, Turcs et Saoudiens. 
Cette observation objective appelle une remarque subjective : les citoyens marocains, ou turcs, [ou algériens, depuis l’indépendance de ce pays] ou saoudiens résidant en France ne sont pas, en principe, appelés à débattre de nos lois. Leur approbation ne se négocie pas. L’aller simple pour Rabat ne coûte pas très cher.

Généreusement donc M. Mohammed Moussaoui déclare : « Nous ferons tout le travail de pédagogie nécessaire pour permettre à ces femmes qui portent le voile intégral de se conformer à la loi » mais il marque les limites de cette application de la loi en ajoutant qu’ils veilleront « à ce que, en termes d’application, cette loi ne stigmatise pas les citoyens de confession musulmane ».Puis-je donc l’avouer : cette loi ne m’enthousiasme pas vraiment. Mais, d’une part, il semble nécessaire de fixer une borne. Celle-ci en vaut d’autant plus une autre que ce voile intégral, comme d’ailleurs la polygamie [légale], offensent à nos yeux le respect de la femme qui prévalait déjà en Gaule avant la conquête romaine. Et puisque nous avons choisi de légiférer il importe que cette barrière ne soit plus jamais franchie.

M. Mohammed Moussaoui s’est également félicité de la signature en juin avec le ministère de l’Intérieur d’une convention cadre sur le suivi des actes anti-musulmans.

L’expression de son inquiétude quant à la « stigmatisation » des musulmans se révèle donc singulièrement mal venue. Il n’ignore pas que la classe politique hexagonale cherche, par tous les moyens, y compris les plus saugrenus à complaire aux « musulmans modérés » sans se rendre compte de la contre-productivité, parfois même de l’obscénité, de certaines concessions.

À propos des menaces d’attentats contre la France, on nous certifie que le CFCM avait « réaffirmé sa condamnation ferme et sans appel de tous les actes qui peuvent viser nos compatriotes et notre pays, de surcroît lorsqu’ils sont commis par des personnes qui se réclament de la religion musulmane. » Soit.

Mais où M. Mohammed Moussaoui dépasse les bornes c’est lorsqu’il demande que les auteurs de ces menaces ou de ces attentats « ne soient plus présentés comme islamistes », car « les musulmans de France se sentent souvent très froissés » par l’utilisation du terme. « Il faut, explique-t-il, supprimer du langage courant le terme islamiste pour désigner des terroristes. Nous préférons ‘terroristes’ et ‘criminels’, nous n’acceptons pas que le terme islam, la religion islam, soient associés à des actes de terrorisme ».

(…) Nous laissons à M. Mohammed Moussaoui et à ses compagnons en notabilité d’arracher ce drapeau des mains de ceux qui le brandissent. Quand on prétend faire la loi dans les rues de Limoges  sous prétexte qu’un pasteur extrémiste en Floride a imaginé de brûler un exemplaire du Coran, on va dans le sens de cet islamo-terrorisme.(…)  (lu ici)

Il y a quelques décennies, un chanteur populaire déclamait : « Ne m’appelez plus jamais France, la France elle m’a laissé tomber »…

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