Chypre : les Turcs s'arcboutent sur la perle de la Méditerranée

Posté le avril 19, 2010, 12:00
5 mins


Les élections tenues dans la partie nord de Chypre ont porté au pouvoir un nationaliste turc. La presse internationale voit s’éloigner
l’éventuelle unification de l’île. Bien plus grave, c’est l’occupation illégale et illégitime par les Turcs de cette île qui a toujours été grecque et chrétienne, qui perdure :


« Le nationaliste chypriote turc Dervis Eroglu a remporté dès le premier tour l’élection
« présidentielle
 » à Chypre-Nord, une victoire susceptible de compromettre le processus de réunification de l’île sous l’égide de l’ONU.

Selon les résultats officiels définitifs, le premier ministre Eroglu, chef du parti de l’unité nationale (UBP, conservateur), a recueilli 50,38% des suffrages exprimés contre 42,85% pour son
principal rival, le « président » sortant Mehmet Ali Talat.
La commission électorale a précisé que la participation au scrutin dans la République turque de Chypre-Nord (RTCN, uniquement reconnue par Ankara) s’était élevée à environ 75%.

Dervis Eroglu, réputé pour son nationalisme pur et dur, a promis de poursuivre le processus de paix avec les autorités chypriotes grecques de la République de Chypre, reconnue
par la communauté internationale et membre de l’Union européenne. « Personne ne doit penser que je quitterai la table de négociations, le processus de pourparlers va continuer », a-t-il affirmé à
la chaîne d’information turque NTV. « Je vais travailler avec bonne volonté pour un règlement qui prenne en compte les droits de ma communauté », a-t-il poursuivi, ajoutant qu’il allait à
cette fin s’engager dans un « étroit dialogue avec la mère-patrie », la Turquie, dont 35.000 soldats sont déployés dans la partie nord de l’île.

Après des années de gel, les pourparlers en vue d’une réunification avaient été relancés en septembre 2008 par le président chypriote Demetris Christofias, et M. Talat, sous l’égide de l’ONU.
Mais 19 mois plus tard, peu de progrès tangibles ont été accomplis. « Nous allons rechercher les voies d’un consensus » aux discussions interchypriotes, a ajouté M. Eroglu devant ses partisans. « Il
n’y a pas de raison qu’il n’y ait pas d’accord si la partie adverse (grecque) agit elle aussi avec bonne volonté », a-t-il ajouté.

La victoire de M. Eroglu, 72 ans, plusieurs fois chef de gouvernement, a été accueillie par une explosion de joie de ses partisans réunis devant le siège de son parti à Nicosie.  M. Eroglu,
accompagné de son épouse, Meral, a salué la foule qui dansait au son de mélodies folkloriques, sous une pluie de feux d’artifice.

Mehmet Ali Talat, fervent partisan d’une réunification sur un modèle fédéral, avait enclenché un processus de paix longtemps gelé en raison notamment de l’attitude des leaders nationalistes dans
chacune des deux parties de l’île. M. Eroglu est lui favorable à une solution à deux Etats, catégoriquement rejetée par la partie grecque. Mais de l’avis des spécialistes, M.
Eroglu devrait assouplir sa position car Ankara, qui négocie son intégration à l’Union européenne, souhaite la poursuite du processus de réconciliation.

Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a ainsi souhaité samedi que la partie chypriote turque continue à négocier la réunification avec détermination. « Je ne pense pas que
M. Eroglu campe sur les positions que l’on connaît », a commenté Niyazi Kizilyürek, un politologue chypriote turc sur une chaîne de télévision privée.  « Eroglu défend l’idée d’une île
à deux Etats, ce qui ne sera jamais accepté par la communauté internationale ni par la partie chypriote grecque »
, a-t-il analysé. (…) Le
Figaro

Chypre demeure donc l’ôtage de la Turquie, un élément de la négociation de son entrée dans l’Union européenne.
Mais il ne faut pas s’y tromper : les Turcs ne lâcheront jamais cette île stratégique que contraints et forcés !