Islam : la polémique qui fait trembler l'Allemagne

Posté le septembre 06, 2010, 3:29
3 mins

Condamné par toute la classe politique pour ses propos contre l’immigration musulmane, Thilo Sarrazin (ça ne s’invente pas) est devenu en quelques jours un héros populaire. Son pamphlet, L’Allemagne court à sa perte, publié la semaine dernière est un grand succès de librairie. Ce livre dénonce le manque de volonté d’intégration des quelque 4 millions de musulmans en Allemagne. L’ouvrage, déjà épuisé, ne sera pas disponible avant mercredi. Il est numéro 1 des ventes sur le site Amazon.

Mais la classe politico-financière ne l’entend pas de cette oreille. Comme il est membre du directoire de la Bundesbank, la Banque centrale allemande veut le renvoyer. 40% des Allemands sont contre cette décision. Le Parti social-démocrate (SPD), dont il est aussi membre, a engagé une procédure d’exclusion. Mais une vague de protestation inattendue s’est déclenchée. Sigmar Gabriel, le président du Parti social-démocrate a reconnu avoir reçu plusieurs milliers de lettres et de mails contre la décision de l’exclure du parti.

Au-delà de la polémique, la publication de ce livre a déclenché un grand débat sur l’intégration. Les Allemands réclament maintenant une «vraie discussion» sur le sujet de la part de leurs responsables politiques. Selon une étude menée par l’université de Bielefeld, un citoyen sur deux soutiendrait les idées de Sarrazin. Andreas Zick, chercheur en sciences sociales de cette université, ajoute :

« Seulement 16% pensent que la culture islamique est compatible avec l’Allemagne. C’est encore moins qu’en Hongrie et aux Pays-Bas ».

Angela Merkel a tenté de calmer les esprits en accordant un entretien au quotidien turc publié en Allemagne, Hürriyet, puis au quotidien populaire allemand Bild. Elle a dénoncé l’amalgame fait entre l’islam et la violence de certains jeunes de «quartiers difficiles». Acculée par l’opinion, elle a néanmoins réclamé un débat «sans tabou» sur l’intégration.

Beaucoup redoutent la création d’un parti populiste, absent du paysage politique. Certains voient en Sarrazin la version allemande de Geert Wilders. Thilo Sarrazin pourrait rassembler 18% des voix selon un sondage de l’Institut Emnid. Mais il ne souhaite ni créer un parti, ni quitter le SPD. Vu ici

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