Islam ou laïcité, le débat tronqué

Posté le février 20, 2011, 12:00
9 mins

A la Une du numéro du quotidien Présent daté du 18 février, Jeanne Smits s’émeut de la tenue, début avril, d’une convention UMP sur la laïcité et des conséquences qu’elle pourrait avoir sur la pratique de la religion catholique. Nicolas Sarkozy a dénoncé, rapporte Le Figaro du 17 février, un « décalage croissant entre les médias et les préoccupations des Français », concernant la présence de l’islam en France. « Les racistes d’hier sont devenus les populistes d’aujourd’hui, a-t-il ajouté. Notre formation politique puis le Parlement doivent s’occuper de ces sujets. »

L’inquiétude du président de la République est fondée. « Ces derniers mois, le chef de l’État a également été alerté par des élus, mais aussi les services de renseignements, inquiets d’un durcissement de certaines revendications communautaires, et d’une multiplication de prêches anti-Occident dans les mosquées », rapporte encore Le Figaro. « Le mois dernier, lors d’une réunion rassemblant plusieurs directeurs de cabinet, celui d’Alain Juppé, Jacques Gérault, a raconté son expérience comme préfet de Rhône-Alpes: "Un grand imam de même que le responsable local du culte musulman (CFMC) m’ont dit qu’il arriverait un moment où ils ne pourraient plus contenir leurs troupes…" Le témoignage a glacé l’assistance. »

Cette question sera donc certainement « un sujet phare de la présidentielle » 2012, comme l’a déclaré au Figaro l’un des participants prévus à cette convention. Le 5 avril prochain, la réunion organisée par l’UMP – mais qui pourrait préparer un texte que le gouvernement porterait ultérieurement devant le Parlement –devrait aborder des questions liées à la construction de mosquée, au halal, à la prière dans la rue… « mais pas seulement car, laïcité et égalité obligent, on ne saurait réduire la question à celle de l’islam », avertit Jeanne Smits dans Présent.

Selon Le Figaro, Nicolas Sarkozy a déclaré : « Nous devons avoir un débat sur la prière dans la rue. Dans un pays laïc, il ne doit pas y avoir d’appels à la prière. Il faut aboutir à un corpus idéologique sur la place des religions, en 2011.»

Va-t-on museler les clochers ?

C’est ce pluriel mis au mot religion, traduisant le refus de désigner celle qui pose problème, qui inquiète la journaliste de Présent. En effet, demande-t-elle, « qu’est la sonnerie de l’Angélus qui retentit encore aux quatre coins de la France, que sont les cloches annonçant la messe, sinon des "appels à la prière" ? Là est en effet le danger très réel de ce… rétablissement d’un corpus idéologique appuyé sur la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat : en s’attaquant aux manifestations publiques de l’islam en tant que signes d’appartenance religieuse, on passe à la fois à côté de la question, qui tient au caractère politique totalitaire de la religion mahométane, et on assume les inévitables dégâts collatéraux. Car comment continuer de respecter les droits des chrétiens en France, leurs processions, leurs clochers, leurs calvaires qui ponctuent les routes et chemins de campagne, les habits des moines et les voiles et guimpes des religieuses, Noël, Pâques et la Pentecôte, tout en muselant les musulmans ? L’égalité l’interdit. Le principe de laïcité ne saurait le souffrir. »

Déjà, l’ancien Premier ministre Alain Juppé – dont on connaît l’anti-catholicisme même plus déguisé depuis ses déclarations contre « ce pape qui pose problème » – dit ne pas vouloir « stigmatiser » l’islam, « deuxième religion de France ». Pour ne pas stigmatiser l’islam, musellera-t-on les cloches et interdira-t-on les pèlerinages catholiques ?

C’est la question que pose le pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France, cité par Jeanne Smits. « En fait, le débat tourne autour des prières dans la rue, et dans ce cas ce qui est en cause c’est l’ordre public. Si on veut les interdire, c’est au titre du trouble à l’ordre public, pas au titre de la laïcité, ou alors il faut aussi interdire les processions catholiques », dit-il en s’inquiétant lui aussi de « la façon dont s’annonce le débat ».

Non sans raison, semble-t-il. Car déjà, poursuit Jeanne Smits, le secrétaire national de l’UMP, Dominique Paillé, a rappelé sur France-Info que les processions catholiques sont soumises à autorisation préfectorales. « Ce qui se conçoit du point de vue de l’ordre public, commente la journaliste. Mais le sous-entendu était assez manifeste : ce que l’Etat donne, il peut le retirer, et il s’agit surtout de ne pas évoquer les droits historiques de la foi catholique en France.

C’est bien ici que le bât blesse. On gagnerait beaucoup à rappeler – au besoin en les mentionnant dans la Constitution – les racines chrétiennes de la France. En s’y refusant sous prétexte de laïcité, on s’expose à renier notre histoire et à saccager nos propres traditions. Comme l’écrit Jeanne Smits en conclusion, « On se trompe de débat, et le laïcisme triomphe ».

Une réponse à l'article : Islam ou laïcité, le débat tronqué

  1. grepon

    22 février 2011

    Les evenements vont depasser les bornes de ce debat avant 2012.

    Les hommes vont suivre divers fois, la question c’est de contenir tout cela a la sphere privee, ce qui est impossible avec Islam, systeme politique, economique, legale, familiale, et un peu spirituelle totalitaire.

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