Islamisme tunisien : retour imminent de Rached Gannouchi

Islamisme tunisien : retour imminent de Rached Gannouchi

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Lu dans Jeune Afrique– édition du 15 janvier (extrait) :

« Dans une déclaration accordée à Al Jazira, Rached Ghannouchi (69 ans), président du mouvement islamiste El Nahda, a déclaré qu’il voulait figurer dans le gouvernement d’union nationale qui se prépare en Tunisie. Il s’est surtout étonné qu’on n’ait pas fait appel à lui, car il affirme que le futur gouvernement doit représenter toutes les tendances, dont celle des islamistes de son parti, El Nahda (la renaissance), interdit sous le régime Ben Ali et dont quelque 30 000 militants ont été arrêtés dans les années 1990.

Mais Ghannouchi n’est sans doute pas le bienvenu en Tunisie, où il a été condamné par contumace à la réclusion à perpétuité en 1991 pour complot contre l’ex-président Ben Ali – une affaire qui lui avait valu l’exil deux ans plus tôt. De Londres, où il vit désormais, il clame son innocence et invoque un procès politique destiné à briser l’essor de son parti qui avait réussi à remporter 17 % des voix aux législatives. Mais il annonce son prochain retour en Tunisie, le Premier ministre Mohammed Ghannouchi ayant assuré, lorsqu’il assurait l’interim de la présidence avant que celui-ci ne soit confié à Fouad Mebazza, que les opposants et exilés étaient libres de rentrer au pays. » Lire la suite

Quand Rached Gannouchi fréquentait l’ Union des Organisations Islamiques de France, membre du CFCM :

Le texte qui suit est issu d’une annexe sur l’UOIF paru dans le livre Ces Maires qui courtisent l’islamisme (éditions Tatamis, octobre 2010) :

« Rached Ghannouchi et Salah Karker (islamiste mêlé à la préparation d’attentats visant quatre hôtels en Tunisie le 2 août 1987, ce qui lui vaut d’être depuis décembre 1987 l’objet d’un mandat d’arrêt international) seront jusqu’au départ de France du premier ou l’assignation à résidence du second, parmi les principaux hôtes officiels des premiers congrès annuels que l’UOIF tint au Bourget. Durant son séjour en France, de 1989 à 1992, Ghannouchi y prendra chaque année la parole à la tribune, En-Nahdha disposant, tout comme le FIS jusqu’en 1993, d’un stand dans l’enceinte de ce rassemblement. Dans une cassette vidéo  reprenant une conférence du cheikh Ghannouchi, enregistrée en 1992 au Bourget, le discours destiné aux fidèles en interne est très instructif.
La transcription partielle de ce document en effet ne manque pas d’intérêt, si l’on se remémore que lors de ses rencontres avec des journalistes ou des hommes politiques tant européens qu’américains, cette figure emblématique de l’islam radical tient des propos non violents et aime donner d’elle-même une image moderniste, démocrate et pluraliste. Or, la traduction des discours de Rached Ghannouchi – de ses prêches plutôt – en arabe distille une toute autre vision des convictions de ce chef religieux musulman : «… l’Islam est une religion suprême par rapport à toutes celles qui l’ont précédé. C’est Dieu qui en a décidé ainsi et il en est le garant. […] Il est écrit que cette religion l’emportera inéluctablement sur toutes les autres religions. Mais au prix d’un long parcours parsemé d’embûches. Une seule condition est requise : la communauté musulmane en tant que concept politique doit être unie dans la Miséricorde.
[…] Le principe primaire de cette croisade est le prosélytisme dans les lieux de prière.
[…] Il ne faut pas croire ceux qui vous disent que la politique ne doit pas se faire dans l’enceinte de la mosquée. Où se fait donc la politique ? La mosquée est le siège du gou

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