La Courneuve au rythme du ramadan

Posté le septembre 09, 2010, 9:21
7 mins

C’est un blog hébergé par le Monde. Un exemple du politiquement correct appliqué à l’islam. Ils sont tellement touchants, les nouveaux protégés que notre gauche prend aujourd’hui sous son aile… en attendant qu’ils établissent la charia !

Edifiant :

(…) En pleine période de ramadan, à moins d’une heure de la rupture du jeûne, dans ce quartier qui compte un très grand nombre de musulmans, flotte dans l’air une sorte d’excitation joyeuse, plutôt inhabituelle. Sur la place de la Fraternité, trois hommes en djellabas distribuent vivres et bouteilles d’eau à des familles en file indienne. Nous y reconnaissons certains des “squatteurs” expulsés brutalement en juillet, pour lesquels une solution de relogement n’a toujours pas été trouvée.

(…) Sur le palier, des odeurs de cuisine du monde entier mettent en appétit. Noubla, six ans, sourire jusqu’aux oreilles, nous ouvre la porte du petit deux-pièces où Mariam, la femme d’Abdou, s’active en cuisine alors que la radio diffuse des prières en arabe.(…)

Abdou est très pratiquant. Le soir, à la mosquée, c’est lui qui prêche pour l’assemblée. Ce jour-là, comme nous sommes ses invitées, il va rester à la maison, mais il nous fait faire un petit tour du quartier. La mosquée des Comoriens est en fait une simple salle associative au bas d’un immeuble, rue Alfred de Musset, juste derrière le Mail. Comme il n’y a pas de place pour tous, certains s’installent pour prier juste devant la porte, sur un bout de pelouse râpé.

En face, dans une salle associative similaire, se trouve la mosquée des Indiens. À 200 mètres, non loin de l’ancienne barre Presov, se sont surtout des musulmans d’origine algérienne qui fréquentent une mosquée installée dans une salle qui pourrait passer pour un garage sans sa porte en fer vert cru.(…) 

Bientôt, les musulmans de La Courneuve quitteront les caves et les rez-de-chaussée d’immeubles pour une vraie mosquée qui devrait voir le jour en 2012, près de l’hôtel de ville, à la place de vieux entrepôts. La ville a cédé le terrain, les fidèles doivent maintenant financer l’édifice. Ce projet-là est porté conjointement par des représentants de toutes les communautés. Les musulmans de la ville seront donc réunis dans la même mosquée, et les locaux actuellement utilisés pour prier seront récupérés par les associations pour d’autres activités comme l’alphabétisation ou les cours de soutien.

Mais voilà l’heure fatidique, 20h33 et la voix du muezzin qui retentit dans le salon d’Abdou… C’est en fait une sorte de pendule programmée pour sonner aux heures des prières. (…)

“C’est tout le corps qui fait le ramadan, précise Abdel à l’issue d’une autre journée de jeûne. Tes yeux ne doivent pas voir des images obscènes, tu ne dois pas entendre de mauvaises paroles, ni toi dire du mal des autres.” D’origine marocaine, lui ne se considère pas comme très pratiquant. Le reste de l’année, il va peu à la mosquée. Par contre, il fait le ramadan depuis qu’il a seize ans. “Je crois en Dieu, peut-être à un au-delà même. Mais je crois qu’il y a aussi pour moi dans le ramadan quelque chose d’une transmission de ma culture à mes enfants. Avec ses codes, ses règles. C’est un moment de partage très important, tu invites des gens chez toi, tu donnes à ceux qui ont moins. Et tu ressens une solidarité très forte avec les autres musulmans qui jeûnent”, explique-t-il. (…)

“Alors c’est vrai qu’en France, c’est plus dur de faire le ramadan que dans un pays musulman car rien ne s’adapte à toi, reconnaît-il. Tu dois continuer ton travail comme d’habitude, aux mêmes horaires. Tes collègues ramènent des viennoiseries, ton voisin fume sa cigarette à côté de toi. Et les magasins ne sont pas ouverts tard comme au Maroc où il y a une vraie vie la nuit. Mais c’est comme ça, on doit adapter sa religion au temps où on est et au pays où on vit ! Et moi, je considère même que ça rend notre démarche plus forte ! C’est trop facile de faire le ramadan si tu dors déjà la moitié de la journée !” (…)

“Partage”, “tolérance”, Abdou et Abdel ne fréquentent pas la même mosquée mais parlent avec la même tranquillité d’un Islam apaisé. Ils évoquent émus les beaux passages du Coran relus à la mosquée ; la force de ce moment où ensemble, tous les fidèles crient “Amin” ; la nuit du destin où ils prient toute la nuit, et la grande fête qui s’annonce pour l’Aïd, ce jeudi ou vendredi soir (la date est précisée au dernier moment par la mosquée de Paris).

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