La démocratie musulmane

La démocratie musulmane

Analyse d’Annie Laurent des révolutions arabes :

A

Depuis le début des révoltes qui secouent le monde arabe, la plupart des commentateurs européens expriment un optimisme qui manifeste parfois une vraie méconnaissance des données fondamentales caractérisant les sociétés concernées par ces ébranlements. Un mot revient constamment sur les ondes et dans les journaux : démocratie. Et nos élites se réjouissent d’une perspective qu’elles attendaient et prédisaient depuis longtemps. Elles affirment tenir enfin la preuve que l’islam est compatible avec la démocratie, sans pour autant convaincre une large part de l’opinion publique inquiète des agissements islamistes. Or, ces deux types de postulats reposent sur une ambiguïté qu’il convient de clarifier. Au risque de surprendre certains lecteurs, il faut dire que l’islam et la démocratie peuvent très bien se conjuguer. Sur le principe, il y a donc accord. Mais subsiste un malentendu qui réside dans la manière dont on comprend cette compatibilité dans l’Occident sécularisé et dans l’Orient islamisé.

En effet, alors que la démocratie est chez nous synonyme de neutralité religieuse, il n’en est pas ainsi dans les pays où les populations sont à majorité musulmanes. Là, les notions de majorité et de minorité, inhérentes à tout système démocratique, se comprennent selon des modalités confessionnelles et non pas laïques. Dès lors, des élections législatives organisées selon les critères démocratiques peuvent très bien amener au pouvoir des majorités islamistes qui risquent de surcroît de n’en plus bouger. […]”

(source lesalonbeige.com)

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