La Turquie échappe au contrôle américain

La Turquie échappe au contrôle américain

 

Une nouvelle fois, la diplomatie américaine se retrouve face aux conséquences involontaires de
ses coups de poker :

 

Depuis longtemps les Etats-Unis misent sur la Turquie, à la fois pour contenir la Russie sur le
flanc sud et pour veiller au Proche-Orient. Quitte à offrir sur un plateau le nord de l’île de Chypre grâce à une opportune panne des radars grecs au moment de l’invasion
turque ; ou même à forcer les Européens, pourtant récalcitrant, à intégrer la Turquie dans l’Union européenne.

 

Malheureusement pour les Etats-Unis, la Turquie réislamisée choisit aujourd’hui de jouer son
propre jeu et de s’éloigner d’Israël et des Etats-Unis afin d’assumer son rôle de pays meneur du Proche-Orient.

 

Cela fait des années que l’islamisme progresse en Turquie main dans la main avec la nostalgie de l’Empire
Ottoman
. D’une certaine façon, la paranthèse kémaliste est donc en train de se refermer. Ce n’est pas surprenant si l’on veut bien regarder lucidement la position
géopololitique de la Turquie :

 

Pays musulman entouré de pays musulman, la Turquie ne peut que perdre en influence en faisant le
jeu d’Israël en période de tension. Route naturelle des échanges avec l’Orient, la Turquie sait qu’elle peut faire monter les enchères. Enfin, pays musulman jamais colonisé ni
occupé, la Turquie sait qu’elle peut lever l’étendard de l’Islam avec une plus grande crédibilité que ses voisins iraniens, car la Turquie, elle, a déjà envahi une partie
de l’Europe et a conquis l’une de ses capitales historiques, Constantinople.

 

La très turcophile administration Obama se retrouve donc avec un nouveau défi à
relever.

 

Dans cette partie du monde, le dernier allié qui a échappé de la même façon aux Américains furent les
Talibans…

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