Les islamistes "modérés" mettent en oeuvre le rêve des talibans

Posté le décembre 05, 2011, 5:47
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Le  printemps arabe est une image qui fausse la signification des changements politiques en Tunisie,  en Egypte, au Maroc. C’est une source de désinformation qui fait doublement barrage à la vérité  des faits.

1)      On  s’interdit d’entendre les paroles des personnalités islamiques dites   modérées dont le discours  renoue avec le fondamentalisme historique.

Le nouveau  premier ministre tunisien El-Jebali a dévoilé ses convictions  de stricte obédience intégriste,  lors d’une réunion à Sousse : « Mes frères, vous êtes les témoins d’un événement divin, historique : une nouvelle ère de civilisation selon la volonté d’Allah s’annonce,  c’ est la naissance du sixième califat » . Retour aux principes théocratiques du Moyen-âge.

En Europe, cette déclaration n’ a eu aucun écho.  On fait silence   parce que la prédiction d’El Jelabi  contredit  la théorie angélique du « soft islam » version tunisienne.  Pourtant les formules  du premier ministre  font craindre que la Tunisie gouvernée par les dirigeants du parti Ennahda rétrograde  idéologiquement  bien en deçà de l’ère Bourguiba.

2)      On s’empêche de voir les similitudes doctrinales  entre modérés et terroristes.

Le  pouvoir à Tunis veut séduire les Occidentaux en les rassurant. Cependant il espère  l’avènement du califat: les Talibans armés d’Afghanistan aussi.

Sur le site internet jihadiste  «Shumouk Al-islam», un commandant Taliban   a diffusé récemment une vidéo titrée « Caravane de la victoire » contenant  ce  message : « au nom de l’émirat d’Afghanistan, j’adresse mes  félicitations  à  l’ensemble du monde musulman  ;  par la volonté d’Allah, nous sommes au seuil d’un temps  qui verra l’instauration du califat islamique et libérera le sol afghan de la présence des forces américaines. En Afghanistan, en Palestine, au Liban,  en Somalie, en Tchétchénie et partout dans le monde de l’islam, le califat va triompher».

Ni le terrorisme ni le  militarisme n’appartiennent à la  logique d’action des partisans d’ Ennahda. En cela ils se distinguent  des extrémistes d’Al Qaïda . Cependant tous  appartiennent  à la même famille de valeurs. Sur les moyens , ils diffèrent mais se retrouvent sur les fins de la politique. Ils partagent l’idéal de la société politique nourrie de théocratie musulmane. Collectivement ils rêvent  du califat comme retour à la pure légitimité  islamique.

Aucun doute que des  convergences existent. C’est une réalité que beaucoup en  France et en Europe   ont peur d’admettre  car elle nous tire à l’opposé  du printemps arabe.

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