Petite histoire des Frères Musulmans

Posté le novembre 28, 2011, 9:36
5 mins

En Egypte,  le parti des Frères Musulmans est grand favori  pour les  élections parlementaires. En Europe, dans l’inattention  à peu près générale,  l’ordre  des Frère Musulmans est devenu le fer de lance de la doctrine islamique.

  • 1973 : Munich  s’affirme  comme un  des centres de l’islamisme européen . Avec le chef religieux   Galeb Himmat à sa tête,  la mosquée de la capitale bavaroise est  rebaptisée « Communauté islamique d’Allemagne » pour mieux se positionner a niveau national.

Avant l’inauguration de la mosquée, G. Himmat  avait  pris part à une conférence en Angleterre des « centres culturels islamiques en Europe ». L’objectif de la rencontre  consistait à bâtir   «un réseau des groupes organisés liés par une identité d’esprit».

  • Années 1980 : Galeb Himmat est l’un des initiateurs  d’une réunion, en Suisse, de hauts dirigeants des Frères Musulmans en vue « d’étendre l’islam en Occident ». Avec l’appui de  la « Communauté islamique d’Allemagne »

de Munich, les Frères décident de créer des mosquées  dans les principales  villes allemandes.

  • Années 1990 : dans une vingtaine de pays européens, les  Frères Musulmans ont  implanté   des antennes de leur mouvement,  reliées  au sein d’une « Fédération des organisations  d’Europe » .

La structure fédérale dispose d’un appareil  de financements  « EuropeTrust » basé à Londres,  recevant les fonds en  provenance des pays du Golfe.   Europe Trust a servi à construire des mosquées et permis le fonctionnement d’instituts de  formation des imams en France en particulier et en Grande Bretagne.

  • Selon le journaliste allemand Ian Johnson, spécialiste des questions d’ islam en Europe, les Frères l’ont emporté sur les autres forces islamiques dans l’espace européen ,   grâce à  la solidité de leur organisation et leurs  ressources

financières.  Ils se comportent comme une   avant-garde musulmane  en pays adverses,   « une minorité, écrit I. Johnson ,  de pionniers investissant la chrétienté ».

Les Frères  ont privilégié,  depuis l’origine (1928) de leur action ,  une stratégie orientée vers les pouvoirs de l’idéologie, du  dogme.   Ils visent  la suprématie dans le domaine de l’éducation ,  non la puissance des armes. Ils cherchent à conquérir  les esprits. Leur  schéma d’extension en Europe  s’est imposé avec l’aide et le conseil  de Youssouf Al Qaradawi, le  plus prestigieux des « maîtres  de la spiritualité islamique » ( Ian Johnson ).

  • Les Frères pratiquent l’expansionnisme dans la légalité. Leurs plans  de développement restent   dans le cadre des lois et réglementations des Etats européens.

Ils  ne sont ni  promoteurs, ni  instigateurs du terrorisme. Cependant  le climat politico-religieux qui règne dans leurs rangs nourrit le fanatisme des terroristes.

Deux exemples :

Mahmoud Salim, responsable des finances de Al-Qaïda, est arrêté en 1998, dans la région munichoise. Régulièrement  il rencontrait son guide spirituel Ahmed Al-Khalifa à la mosquée de Munich.

Mohamed Atta, le responsable des attentats contre les tours de New York , fréquenta assidûment la mosquée en 1999.

Les Frères Musulmans n’entrent pas dans la logique  militaire. Il n’empêche que   l’apologie de la violence    est  au coeur  de leur propagande. Al Qaradawi dit son admiration pour les kamikazes islamistes. La guerre des religions et des civilisations lui paraît inéluctable et même souhaitable. A l’écouter,  Hitler  a accompli un acte « d’inspiration divine »  en programmant l’anéantissement des Juifs. Il va jusqu’à exprimer publiquement son désir  de « mourir  en martyr, des mains d’un non musulman ».

  • Toutes ces réalités ont de quoi nous alerter. Or elles comptent à peine pour les responsables politiques occidentaux qui veulent se persuader   (en oubliant le rôle et l‘autorité majeurs de l’extrémiste Al Qaradawi)    que les Frères Musulmans

sont dans le camp des modérés.

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