Portrait d'un citoyen ordinaire…

Posté le avril 26, 2010, 12:00
4 mins

 

« Lorsqu’Anne, la
jeune automobiliste nantaise verbalisée pour avoir conduit avec son niqab
dans les rues de Nantes au début du mois, a tenu une conférence de presse, vendredi après-midi,
il était à ses côtés, sûr de lui et la dominant de toute sa stature.


Portant la barbe, vêtu à la pakistanaise d’un khamiss, la tête recouverte d’une calotte et d’un turban, Liès Hebbadj,
le compagnon de cette Française convertie à l’islam
, ne passe pas inaperçu à Rezé-les-Nantes, une commune de la banlieue nantaise. Né à Alger il y a 34 ans mais arrivé
tout jeune enfant dans la grande ville de l’ouest de la France, Liès Hebbadj est connu pour ses prises de position religieuses et son action à la tête de l’association
culturelle
qu’il a fondée afin d’obtenir des élus locaux l’autorisation de créer une grande mosquée dans la ville où il vit et travaille depuis une dizaine
d’années.

Liès Hebbadj est, en effet, un commerçant ayant pignon sur rue et il s’occupe de la boucherie-alimentation El
Kaouthar,
un magasin flambant neuf et fort bien tenu. Mais il est aussi un membre très actif du mouvement Tabligh, ce mouvement prosélyte et ostentatoire dont l’épicentre est le
Pakistan
où il s’est déjà rendu à plusieurs reprises par le passé. Ses déplacements à l’étranger, notamment à Londres, ont d’ailleurs fait l’objet d’une surveillance suivie de la part
des services de renseignement.


Mais ce que lui reproche Brice Hortefeux tient surtout à sa vie privée. Liès Hebbadj, qui a
obtenu la nationalité française par un mariage contracté en 1999 avec une Nantaise, est suspecté de polygamie. Il aurait quatre épouses officieuses, mariées
religieusement dont des Françaises converties à l’islam. Des femmes qui lui auraient donné douze enfants.


Pour l’instant, les autorités restent muettes sur l’éventuelle escroquerie aux prestations sociales versées au titre
de l’allocation de parent isolé à ses compagnes qui portent toutes le niqab et vivent dans une sorte de gynécée réparti entre trois maisons contiguës situées dans un agréable quartier
pavillonnaire de Rezé-les-Nantes.
Liès Hebbadj a fait dresser autour d’elles une grande palissade pour soustraire la communauté au regard des voisins.


Désormais sur la défensive après la menace du ministre de l’Intérieur de le faire déchoir de sa nationalité française, Liès Hebbadj s’est entretenu
très brièvement avec la presse, samedi devant son magasin. Entouré de deux amis à la carrure imposante, il a simplement déclaré qu’il ne parlerait qu’après s’être entretenu avec
son avocat dans les jours qui viennent, laissant au trésorier de son association, Abdel Chauborou, le soin de dire que l’islam était attaqué à travers lui : «En fait, c’est l’islam
qui dérange.»

Une réaction similaire à celles des associations représentantes des cinq mosquées nantaises qui «regrettent que
l’islam soit encore stigmatisé »
à travers la verbalisation de l’automobiliste voilée avant d’affirmer que cette «stigmatisation systématique va à l’encontre des valeurs de
la République». Le Figaro