Rokhaya Diallo: «Le racisme n’est ni bien ni mal, ce n’est pas une question morale»

Posté le mars 09, 2011, 8:00
3 mins

Rokhaya Diallo sort son premier essai “Racisme, mode d’emploi”, ce 8 mars, aux éditions Larousse,. Elle croise son expérience militante avec l’histoire et la sociologie entres autres, pour analyser le racisme dans notre société. Dans un style vif et percutant, la fondatrice de l’association Les Indivisibles dénonce sa banalisation. Dans sa réflexion, Rokhaya Diallo interroge aussi le combat antiraciste dans sa perspective. Entretien.

Tu dis: “On commet souvent l’erreur de diaboliser les personnes notoirement racistes comme s’ils incarnaient le Mal absolu”. Pourquoi?

Parce que le racisme n’est pas une question morale. Le racisme n’est ni bien ni mal, c’est faux, scientifiquement faux.

Dans les années 1980 on a décidé que Jean-Marie Le Pen était le Grand Méchant Loup, le raciste officiel, le moindre de ses propos faisant l’objet de la condamnation générale (à raison), mais de ce fait, des propos de même nature prononcés par d’autres n’occasionnaient pas les mêmes réactions.
Quand un journaliste “dérape” à répétition, tous ses amis s’offusquent des accusations de racisme “mais non il n’est pas raciste, je le connais bien”. Comme si “raciste” signifiait “méchant”. Or, on peut tenir des propos racistes et être un ami loyal ou une personne sympathique, c’est d’ailleurs ce qui rend le racisme si difficile à appréhender. Nous pouvons tous et toutes tenir des propos racistes, ou agir sous l’influence du racisme, ce qui importe c’est d’en être conscient pour le prévenir. Nier et réserver le terme de “racisme” aux “méchants” nous fait passer à côté de l’essentiel des manifestations du racisme.

Tu n’épargnes pas la dérive des combats féministes dont tu dénonces le racisme compassionnel? Explique-nous ?

[…] Comment peut-on raisonnablement croire qu’un voile porté en Afghanistan par une femme forcée, est comparable à celui d’une Parisienne libre de ne pas le porter, dans un pays où son choix est largement minoritaire? Certaines femmes ont même été écartées des manifestations féministes en raison de leur voile! Dans ce cas pourquoi ne pas invectiver les femmes qui portent atteinte à leur corps en le torturant dans des talons aiguilles ou en le charcutant sous le bistouri d’un chirurgien? Le combat féministe doit se faire avec les femmes, pas contre elles.

(via )

2 réponses à l'article : Rokhaya Diallo: «Le racisme n’est ni bien ni mal, ce n’est pas une question morale»

  1. MOI !

    10/03/2011

    Cette femme arrange la sauce à son goût.
    C’est être racistes que de rejeter tous ceux qui veulent « niquer » la France ? C’est être racistes que de rejeter tous ceux qui nous veulent du mal ?
    Non, les racistes ne peuvent pas être gentils avec ceux qui leurs veulent du mal !

    Répondre
  2. miane

    09/03/2011

    le racisme existe. Le racisme ce n’est pas dire de quelqu’un il est noir, jaune, juif, chrétien , le racisme c’est de dire « je le méprise parce qu’il est, de telle couleur on de telle origine, le racisme n’est pas à confondre avec le nationalisme ou le patriotisme,…le racisme c’est lorsque l’on se prétend supérieur à l’autre non par ses qualités propres mais par se origines ethniques.Le racisme c’est dire je ne veux pas de ce voisin parce qu’il est différend de moi, n’est pas raciste celui qui refuse un voisinage parce que ce voisinage le choque ou le gêne…les gens qui en ont assez de voir égorger des moutons au bord du trottoir pour l’Aïd ne sont pas anti-musulmans, ils sont contre un spectacle et une pratique interdite par la loi et qui est choquante pour les adultes et pour les enfants….à suivre

    Répondre

Laisser un commentaire

  • (ne sera pas visible)