Tunis : retour vers le VIIe siècle !

Posté le novembre 20, 2011, 10:09
3 mins

Secrétaire général du parti Ennahda largement vainqueur des élections tunisiennes, Hamadi Jebali vient d’être nommé premier ministre. Lors d’une réunion à  Sousse (13 novembre), il   a  publiquement exprimé  ses convictions   fondamentalistes  (diffusé sur internet):

« la révolution arabe a commencé ici,  de même que  la victoire du peuple tunisien. Et c’est ici que se dessine la conquête de Jérusalem, selon la volonté d’Allah (…) Mes frères, vous êtes les témoins d’un événement divin, historique ;  une  nouvelle ère  de civilisation,  selon la volonté d’Allah  s’annonce  :  la naissance du sixième califat ».

Le printemps de la libération arabe aboutit  à ce sombre éloge de la théocratie islamique du septième siècle. L’histoire balaye les jugements politiquement corrects des  Occidentaux puisque   le retour aux sources de l’islamisme se produit en Tunisie, dans la société dont les médias nous assuraient qu’elle était  immunisée contre le dogme intégriste.  La réalité idéologique nous ramène à la vérité: le régime souhaité par Jebali renoue avec  l’autoritarisme politico-religieux incarné,  au pré Moyen-âge,  par la figure du calife , successeur du Prophète.

On est loin des  déclarations du président d’ Ennahda Rachid Gannouchi retrouvant la Tunisie après l’exil.  Son discours a   propagé  une idée moderniste du  parti, de la religion. Image apaisante d’un islam adapté  au 21ème siècle qui a conforté l’optimisme des Européens. Le résultat des élections a modifié la donne.  Fort de son succès, Ennahda occupe une position dominante. Par la voix de son secrétaire général premier ministre,   le parti  dévoile maintenant son identité complète.

En prophétisant  « un événement divin , historique , une nouvelle ère de civilisation » émanant de   la volonté d’Allah, Hamadi Jebali  crée lui-même un  événement politique au sein du monde arabe. Lors de  la visite à Sousse, il  était accompagné d’ une représentante du Hamas Houda Naïm, membre du Conseil législatif de Palestine. C’est la première fois qu’une personnalité appartenant  aux milieux dirigeants  intégristes  de Gaza a pu s’adresser   à l’opinion  tunisienne,  aux côtés d’un homme d’Etat tunisien.        

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