Une contre-société islamisée… qui défie les lois

Posté le avril 29, 2010, 12:00
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« Etant moi-même né à Nantes et y ayant habité plus de trente ans, j’avoue ne rien reconnaître de familier
chez mon compatriote et pays, Lies Hebbadj. « Je ne passerais pas mes vacances avec lui », a répêté
deux fois Julien Dray, mardi matin sur Europe 1, avant de défendre néanmoins la prudence du PS sur cette affaire de polygamie comme sur la
burqa. Pour ma part, je me sens même totalement étranger à ce Français, installé dans la cité des Ducs de Bretagne et du Muscadet avec ses femmes voilées (ses « maîtresses »,
assure-t-il) et vivant selon les règles sexistes et violentes de la charia. Hebbadj a beau avoir une carte d’identité
nationale, il n’est pas intégré et ne cherche d’évidence pas à l’être. Il est l’illustration extrême de la fracture identitaire souvent décrite ici mais que les politiques
et les médias ont du mal à admettre. Oui, il existe en France une contre-société islamisée qui, bien qu’elle soit encore très minoritaire, défie dès à présent la République
et ses lois.


 Je rappelle que si cette affaire locale a pris une envergure nationale, c’est parce que l’épouse de
Hebbadj, verbalisée pour avoir conduit avec un niqab, a choisi vendredi de tenir une conférence de presse pour dénoncer la contravention : un activisme qui s’est retourné contre
la plaignante et son mari. Les médias ont alors décrit la vie de cet homme, boucher de profession et habitant une coquette habitation jouxtant celles de ses autres femmes, avec qui il serait lié
par des mariages religieux mais non civils. Une pratique courante, que j’évoquais dans La fracture identitaire (Fayard, 2007, page 120):  » De plus en plus de jeunes musulmans,
désireux de réfuter les lois d’une République de kouffar (non-musulmans) s’affranchissent du mariage civil pour lui préférer l’illégalité du seul mariage religieux ». Nombre d’imams
se prêtent à cette pratique interdite, la loi subordonnant le mariage religieux au préalable du mariage civil.


Le politiquement correct, qui continue de réciter: « C »est l’accès à la nationalité, l’emploi et
le logement qui intègrent », voit-il dans cet exemple les limites de sa litanie? Hebbadj-le-Nantais gagne sa vie (y compris grâce aux allocations familiales de ses femmes) et habite un
endroit décrit comme agréable, ce qui ne l’empêche pas de refuser le « vivre-ensemble », en affichant ostensiblement son désir de se démarquer du pays qui l’a accueilli. Il se comporte
avec l’arrogance et le mépris d’un nouveau colonisateur, soucieux de préserver son isolat. Son cas, caricatural, n’est pas celui de la majorité des musulmans, évidemment. Mais ce
devrait être à eux de se désolidariser de ces islamistes qui attisent les ruptures. Or, je n’entends que des plaintes qui estiment que le gouvernement cherche, à travers cette
affaire, à « stigmatiser  » l’islam. Je trouve que la courageuse Fadela Amara, qui se bat contre la burqa, la polygamie et le détournement des lois, est bien seule dans
son juste combat de musulmane républicaine. » Yvan Rioufol