Victoire des extrémistes islamistes en Egypte

Posté le décembre 09, 2011, 11:15
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Jugés trop extrémistes,  les salafistes n’eurent pas l’autorisation de se présenter aux élections sous Moubarak . Dans la nouvelle Egypte libérée par la révolution, ils viennent d’obtenir d’après les premiers résultats environ 20 % des suffrages.

Le parti Al-Nour soutenu par l’organisation Al Dawa Al-Salafiyya ,  née vers 1970,  est arrivé en tête du courant salafiste  lors de la première phase du scrutin national. Son président Yasser Bourhami, dans un entretien sur la chaîne télévisée Al-Khalijiyaya, a défini sa stratégie électorale.

  • Les  ultras salafistes

Selon  leur doctrine,  la  politique n’ a d’autre but  que  le rétablissement  de l’autorité originelle de l’islam. Tout acte de gouvernement, toute législation relève du seul pouvoir d’Allah. L’idée de participer à une élection  est une offense au prophète,  «un crime politique ».

  • Le parti Al-Nour

La décision qu’ a prise  Al-Nour d’entrer en campagne  électorale est,  pour les purs et durs ,  une trahison de  la foi. Afin de désamorcer la critique des ultras,  Yasser Bourhami  rappelle la vérité du  dogme musulman : « les lois découlent du Coran, vouloir s’écarter de cette vérité représente  un geste  de rébellion, une hérésie ». Nous musulmans, dit-il,  sommes convaincus que « l‘islam est source d’autorité dans tous les domaines de l’existence ».

Bourhami  réclame un certain  droit à l’opportunisme :  « la révolution nous permet de tirer avantage de la démocratisation   tout en  restant fidèles  à  la ligne de l’islam. » En dernière instance,  c’est le respect des valeurs islamiques qui guide  l’action : « la jour où nous serons forcés de renoncer aux impératifs de notre religion,  nous cesserons de participer au processus de changement politique ». Les salafistes d’Al-Nour  annoncent la couleur: comme les Frères Musulmans, ils font  de la démocratie un instrument au service de l’islamisation.

Le  pseudo printemps arabe aura permis aux  intégristes obscurantistes   de  s’installer   en  force dans le paysage politique. La veille de quitter le Caire,   Moubarak adressa un  ultime message à un ministre israélien: « maintenant on va découvrir le visage de l’intégrisme».  Le vieil autocrate avait vu juste.

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