Saccage du langage

Saccage du langage

Le « Petit Robert », dictionnaire bien connu, a décidé d’intégrer dans sa nouvelle édition le pronom neutre « iel » – contraction de il et de elle –, supposé désigner une personne, quel que soit son « genre ».

Cette entrée a suscité une petite polémique. Le député LREM François Jolivet, bientôt suivi par le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer, l’ont dénoncée.

Pour une fois, je suis d’accord avec ces ténors de la majorité.

Cette « neutralité » pose de sérieux problèmes.

D’abord des problèmes linguistiques, bien sûr. Comme l’écriture inclusive, l’emploi de ce pronom va susciter d’énormes difficultés grammaticales.

À l’heure où tout le monde s’accorde à dire que nous avons un gros problème de maîtrise de la langue dans les écoles (du fait notamment de l’invasion migratoire, mais aussi du fait du saccage de la langue par les « élites » politico-médiatiques), il n’était vraiment pas nécessaire d’en rajouter.

En parcourant les forums estudiantins, on ne peut d’ailleurs manquer d’être saisi par un fou rire : on ne compte plus le nombre de demandes sur le genre qui doit suivre le pronom « iel ».

Car, on aura beau faire, l’humanité continuera à être constituée d’hommes et de femmes et on ne sait imaginer autre chose.

Mais, plus profondément, ce pronom, comme l’écriture inclusive, pose le même genre de questions que l’ensemble de l’idéologie « woke » que les universités occidentales subissent de plein fouet.

Sous prétexte de lutter contre les discriminations sexuelles, on efface la différence sexuelle. Comme, sous prétexte de lutte contre les discriminations raciales, on a supprimé le mot race dans la constitution.

Mais c’est tout simplement idiot.

On le voit bien aux États-Unis qui ont, sur le sujet, dix ans « d’avance » sur nous : plus on tente de gommer les sexes et les races, plus le débat devient vif – souvent même violent.

De toute évidence, le wokisme a pour conséquence d’aviver les tensions.

Mais c’est peut-être l’objectif recherché. Comme dans le chef-d’œuvre d’Orwell « 1984 », le pouvoir totalitaire a besoin d’un récurrent « quart d’heure de la haine », pour refaire l’unité sociale contre un ennemi imaginaire – puisqu’il passe tout le reste du temps à détruire la société, afin de pouvoir méthodiquement piétiner la personne humaine. Et la destruction de la société passe notamment par la destruction du langage.

Décidément, nos modernes oligarques ont d’étranges modèles !

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(2) Commentaires

  • Jojo Répondre

    >Sous prétexte de lutter contre les discriminations sexuelles, on efface la différence sexuelle. Comme, sous prétexte de lutte contre les discriminations raciales, on a supprimé le mot race dans la constitution.
    >On le voit bien aux États-Unis qui ont, sur le sujet, dix ans « d’avance » sur nous : plus on tente de gommer les sexes et les races, plus le débat devient vif – souvent même violent.

    C’est précisément le contraire qui est en train de se passer. Les races sont plus que jamais mises en avant, les « racisés » étant les victimes et les « blancs » les coupables. Vous confondez avec l’universalisme qui est rejeté par la nouvelle idéologie.
    La différence avec le racisme traditionnel étant qu’ici chacun est plus ou moins invité à choisir sa « race » selon ses propres critères (tant qu’il n’est pas blanc bien sûr).

    30 novembre 2021 à 15 h 12 min
    • quinctius cincinnatus Répondre

      Jojo,
      tout était déjà dans le livre d’ Allan Bloom paru en 1987 aux Etats Unis sous le titre :
       » The Closing of the American Mind  »
      et dont la traduction française date de 2018 aux éditions  » Les Belles Lettres  » sous le titre
       » L’ Âme désarmée  »
      Essais sur le déclin de la culture générale
      19 €
      bonne lecture

      2 décembre 2021 à 9 h 51 min

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