Unité nationale et libertés provinciales

Posté le 05 décembre , 2017, 4:27
5 mins

Les autonomistes et indépendantistes corses, alliés pour la circonstance (quand leurs adversaires, et spécialement la droite, avançaient en ordre dispersé), ont largement remporté le premier tour de l’élection territoriale, qui avait lieu le 3 décembre, avec plus de 45 % des suffrages exprimés.

Naturellement, le résultat reste à confirmer, lors du 2e tour, le 10 décembre.

Précisons aussi que certaines spécificités de la vie politique corse rendent difficile la lecture du scrutin : les différentes tendances de droite et de gauche sont très différentes en Corse et ailleurs.

Ainsi la liste officielle LR s’est-elle alliée, pour ce scrutin, avec les bonapartistes, mais d’autres LR figuraient sur d’autres listes, notamment régionalistes.

Je dois avouer aussi que c’est la première fois que je vois une liste (celle de Jean-François Baccarelli) ne comptabiliser exactement aucun bulletin de vote, pas même donc celui de son dirigeant !

Cependant, abstraction faite de ces « curiosités », les résultats sont particulièrement intéressants.

Tout d’abord, il faut noter que le « raz-de-marée » salué par les médias est partiellement en trompe-l’œil. La liste autonomiste a obtenu 54 211 voix, soit un peu plus de 23 % des électeurs inscrits. Son poids relatif est donc très largement lié à l’abstention et à la division de ses adversaires. Par ailleurs, si l’on additionne les scores réalisés par les indépendantistes et les autonomistes, lors des dernières élections de 2015, on obtient près de 35 000 voix, soit, à l’époque, 14,8 % des inscrits. S’il y a une nette progression, on ne peut pas dire, non plus, que le score de dimanche soit un coup de tonnerre dans un ciel bleu : les signes avant-coureurs étaient assez clairs.

Cela aggrave la responsabilité des élus de droite, incapables de s’unir pour porter un discours audible, malgré cette situation explosive. Cela explique, hélas, que toutes les droites (LR et FN) prennent une claque.

Selon toute vraisemblance, donc, les indépendantistes et les autonomistes vont avoir les mains libres pour réaliser leur programme et, en particulier, la fusion des diverses collectivités territoriales dans une unique collectivité corse.

Je suis opposé à la dislocation du pays, mais il est clair qu’en Corse, comme naguère en Alsace (où l’opération avait raté par la faute d’une sorte de coalition aussi tacite qu’absurde entre certains élus FN anti-régionalistes et les pouvoirs publics parisiens), cette collectivité unique est une exigence de bon sens.

Oui, quoi qu’en dise la constitution et malgré les grandes envolées lyriques de certains sur la « république une et indivisible », il existe un peuple corse, comme il existe un peuple alsacien ou un peuple breton.

Il est normal que ces peuples veuillent s’auto-administrer le plus largement possible.

C’est le jacobinisme qui nourrit les revendications indépendantistes les plus anti-françaises.

Le royaliste indécrottable que je reste ne peut s’empêcher de songer que deux cents ans d’histoire révolutionnaire ont, à la fois, foulé aux pieds les libertés provinciales et ruiné l’unité nationale (comment ne pas songer aux départements français d’Algérie, scandaleusement abandonnés aux assassins, au mépris du droit des habitants, pieds-noirs comme musulmans fidèles à la France ?).

Il se murmure qu’Emmanuel Macron est favorable à la constitution d’une entité alsacienne. Si ce n’est pas une usine à gaz administrative, ce serait une bonne nouvelle. Si l’État pouvait se débarrasser des oripeaux archaïques du jacobinisme, la France charnelle s’en porterait mieux. Et il serait alors possible de se battre vraiment pour l’unité nationale !

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8 Commentaires sur : Unité nationale et libertés provinciales

  1. Jehan MorelL

    8 décembre 2017

    A l’école militaire de Cherchell , j’avais un ami corse qui m’avait fait adopter par leur bande.
    C’était la fraternité et l’antre-aide… bien autres chose que les “metros! En “Indo” , c’était pareil!
    Quand je contemple la Francarabiya d’aujourd’hui et la passivité de notre peuple de lâches
    face aux agressions des terros, je comprends pourquoi les Corses veulent s’enfuir de ce
    ” Radeau de la Méduse”, dirigé par des psychopathes suicidaires! J’en ferais autant à leur place!

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    • BRENUS

      9 décembre 2017

      Que les corses veuillent “s’enfuir” de la France, parfait. Mais qu’ils le fassent une fois pour toutes et sans réclamer la dime au passage. Chacun a dans sa besace une belle histoire du genre de celle ci-dessus, avec ou sans Corses, d’ailleurs. Mais comme on dit dans la pub actuelle “ça, c’était avant”. Maintenant, que tous ceux qui ne nous supportent plus se tirent, et vite. Et sans emporter la caisse au passage, de préférence.
      Signé Brenus et non Brenuschi……

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    • quinctius cincinnatus

      10 décembre 2017

      @Jehan Morell je partage entièrement votre point de vue : ce sont nos ” jacobins ” bornés, démagogues et de surcroît je m’ en-foutistes qui sont la cause première de l’indépendantisme en Corse … le malheur pour l’ avenir c’ est que la droite ( et la gauche ) patriote(s) ne fasse(nt) pas leur l’ examen de leur propre responsabilité

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  2. BRENUS

    6 décembre 2017

    Un “Peuple Corse” qui ne représente que 0.5% de la population totale de la France (et moins si l’on prend en compte les étrangers officiels, les illégaux et autres bienvenue chez nous) et nous emmerde depuis la nuit des temps, il faudrait arrêter de céder à toutes ses exigences. L’abstention de près de 50% des inscrits pour une question de cette importance montre bien qu’une fois de plus ces gens veulent rester un pied dedans un pied dehors. Mais avec les avantages – augmentés avec le chantage – de recevoir la forme d’impot supplémentaire payé par les pinzutti du continent (ceux résidant en Corse peuvent encore s’arranger avec les édiles locaux ou les mafias). Qu’ils prennent exemple sur l’Angleterre de Churchill qui disait “nous préfèrerons toujours le grand large” Et dans ce cas BON VENT mais pas gratuit. Et dans quelques années le tiers monde aura gagné un territoire supplémentaire.

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  3. quinctius cincinnatus

    5 décembre 2017

    il y a davantage de gens de droite chez es autonomistes et les indépendantistes que dans les partis ” nationaux ” qui s’ auto- proclament de droite en Corse !

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  4. BRENUS

    5 décembre 2017

    Une fois de plus les charlots arnaqueurs corses dits autonomistes ou indépendantistes se garderont bien de larguer les voiles de la mère nouricière en exigeant toujours plus à recevoir et toujours moins à offrir. Ils veulent le beurre et l’argent du beurre. Qu’ils dégagent une bonne fois pour toutes et fassent vivre lou Corsou avec l’impot révolutionnaire, mais pas avec les notres. S’ils veulent instaurer la langue corse obligatoire (laquelle, il y en a plusieurs) , alors retirons nos enseignants “pinzutti” et laissons les payer leurs rigolots. C”est sûr qu’un agrégé de langue corse aura un grand avenir dans le monde moderne…. Déjà que certaines grandes écoles exigent, en “métropole” que le français soit banii des cours et remplacé par l’anglais – à la rigueur le globish -. La Corse c’est bon pour les Séguéla et autres occupants illégaux des zones littorales. Les peignes-culs que nous sommes n’ont rien à y faire, même pour des vacances. Mais appliquons leur les mêmes mesures de réciprocité quand ils viennent squatter ici.

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    • quinctius cincinnatus

      6 décembre 2017

      pendant une année j’ ai vécu, très loin de chez moi, dans un internat ” occupé ” par des Corses ( insulaires et … ultra-marins ) … je n’ en ai gardé que de bons souvenirs ( y compris les bagarres ! ) : nous n’ étions que quatre ” métros “, deux Ivoiriens et deux Tunisiens … au milieu de 40 Corses … un pays et des gens accueillants pour les hommes , enfin les vrais !

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      • BRENUS

        6 décembre 2017

        @ QC / Tant mieux pour vous, mais une hirondelle ne fait pas le printemps. Je ne discute pas du droit des corses à l’indépoendance complète, au contraire, je les y engagent. Mais qu’ils cessent une bonne fois leur chantage habituel. Comme d’autre “iliens” d’ailleurs. Et que tous se prennent en charge car’ les baudets que nous sommes sont fatigués de trainer ces parasites.

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