alliance avec le FN : du rififi à l'UMP

Posté le octobre 27, 2010, 11:08
7 mins

Les propos de Christian Vanneste sur une alliance entre l’UMP et le FN ont provoqué une levée de boucliers :

  • V Rama Yade a estimé qu’il devait être exclu de l’UMP :

« Christian Vanneste a fait son coming out en prônant l’idée d’une alliance honteuse et contre nature entre le centre, l’UMP et le Front national. Son positionnement, sans ambiguïté, est inacceptable et l’UMP ne peut tolérer de compter dans ses rangs un homme qui ne partage pas ses valeurs. Elle doit donc engager sans tarder à son encontre une procédure d’exclusion qui permettra à M. Vanneste de rejoindre ses amis d’extrême droite. L’UMP s’est créée sur l’idée d’un large rassemblement autour de valeurs partagées que sont la liberté, la fraternité, la solidarité et l’égalité. Le débat qu’il essaie de provoquer trahit ce pacte fondateur. Son initiative déshonorante le met au ban de l’UMP » et « il doit en tirer toutes les conséquences ».

  • La direction nationale de l’UMP a annoncé qu’elle examinerait en bureau politique ces déclarations.
  • Le porte-parole adjoint de l’UMP Dominique Paillé se sent choqué :

« Christian Vanneste n’engage que lui-même, et ses déclarations qui ont choqué tout à fait légitimement un certain nombre de nos responsables seront examinées par un prochain bureau politique qui en tirera les conclusions nécessaires. Notre secrétaire général est clair et a toujours dit que ça n’est pas parce qu’on changeait le prénom du chef que le Front national changeait de valeurs et de références. Et donc, il n’est ni de près ni de loin question pour l’UMP d’imaginer ce qui serait une mésalliance« .

  • Le député Yves Jego a demandé au patron du parti présidentiel « d’engager sans délai une procédure d’exclusion« , jugeant « indispensable que l’UMP mette très rapidement un terme, sans ambiguïté, à la tentative de résurgence de ce débat nauséabond« .
  • Marc-Philippe Daubresse, ministre de la Jeunesse et des Solidarités actives, s’avoue aussi choqué :

« Nous avons depuis très longtemps condamné sans ambiguïté ce type d’alliance. Ce débat est tranché chez nous. Je rappelle que Christian Vanneste s’est fait élire député sous le label du CNI. Il est clair que le bureau politique est saisi. La procédure va suivre son cours. Il y a plusieurs types de sanctions possibles… Ces idées restent ultra-minoritaires au sein de l’UMP. On voit ce que sont devenus ceux qui ont fait alliance avec le FN. Cela ne va pas reposer le débat chez nous… ».

  • Le patron des députés UMP, Jean-François Copé, s’est déclaré « en désaccord total » :

« Je l’ai toujours été. Je pense qu’en réalité l’extrême droite monte toujours dans l’opinion lorsque la droite n’est pas au rendez-vous. Donc c’est à nous d’occuper l’espace et certainement pas d’aller nous allier avec des gens dont nous ne partageons pas, c’est le moins qu’on puisse dire, la totalité des idées« .

  • Le collectif de la « Droite Populaire« , dont M. Vanneste est membre, s’était lui aussi désolidarisé dans un communiqué cosigné par les députés UMP Philippe Meunier, Lionnel Luca et Jean-Paul Garraud.
  • Gérald Darmanin, jeune conseiller régional UMP (qui doit une bonne part de sa carrière à sa proximité avec Christian Vanneste), refuse de condamner les propos de son mentor. Pour autant, il marque ses distances :

« La situation n’est pas comparable avec l’Italie. L’extrême-droite française est plus xénophobe. Il ne peut y avoir d’accords entre elle et la droite parlementaire. Christian Vanneste reste, quelle que soit la situation politique, le meilleur candidat sur sa circonscription. Ce qu’il dit n’est pas idiot, Je n’ai aucune raison de condamner ses propos ».

  • Bernard Gérard, député UMP, est plus catégorique :

« Je pense que M. Vanneste n’est pas mandaté pour être le porte-parole de l’UMP sur un sujet aussi contesté. Son opinion n’est en rien le reflet de l’UMP. Je ne suis pas d’accord avec ses propos et j’ai d’ailleurs des réactions de militants qui s’avouent choqués… ».

Christian Vanneste a affirmé trouver cette réaction « très drôle, très pavlovienne » :

« Ceux qui veulent exclure alors qu’ils sont ministres, ils feraient bien de se taire. Manifestement elle (Rama Yade) n’a pas du tout lu mes déclarations ». « Y avait vraiment pas de quoi fouetter un chat ». « Je n’ai reçu que des marques de sympathie, des félicitations, des soutiens pendant tout le week-end dans ma circonscription ». « Moi je revendique le droit de tout dire au sein de l’UMP. (…) Parce que ça suscite le débat, la discussion ». « Ne pas nous allier au Front National est un tabou qui nous a été imposé par la gauche. Ce n’est d’ailleurs pas un tabou, quand on y réfléchit, mais un complexe de culpabilité que l’on veut nous faire porter… ». « Je ne crains aucune sanction… Je n’imagine pas être membre d’un parti stalinien si je venais à être sanctionné pour mes propos…  Si cela peut me permettre une franche explication avec le bureau politique, je suis preneur« . (lu dans le Salon Beige)

Une réponse à l'article : alliance avec le FN : du rififi à l'UMP

  1. Suzanne

    28/10/2010

    Je ne vois pas pourquoi le P.S. aurait le droit de s’allier avec l’extrême gauche, ultra-violente, et que l’UMP ne pourrait pas s’allier avec le FN.
    On ne peut pas dire que le PS partage toutes les idées de l’extrême gauche et personne ne lui en fait grief. Je voudrais savoir pourquoi l’UMP devrait partager tous les valeurs du FN pour pouvoir s’allier avec lui.
    Il faut arrêter de se positionner comme des coupables. Marine LE PEN n’est pas le copié-collé de son Père. Elle a fait évoluer le FN, et comme l’UMP n’est pas à la hauteur de la tâche qu’on attend d’elle si on veut véritablement battre la gauche et l’extrême gauche, il faut s’allier avec le FN. A défaut de cela, beaucoup des membres de l’UMP voteront FN (tout comme moi).

    Répondre

Laisser un commentaire

  • (ne sera pas visible)