ARS : Morano à contresens

Posté le août 16, 2010, 12:00
3 mins

 

Alors que le député UMP Edouard Courtial fait preuve de bon sens en souhaitant verser l’Allocation de Rentrée
Scolaire  (ARS) en bons d’achat, Nadine Morano s’y oppose pour des raisons discutables. Une fois de plus, la Secrétaire d’Etat se positionne en dépit du bon sens !

 

Le député UMP Édouard Courtial veut s’attaquer à l’allocation
de rentrée scolaire
afin de parvenir, dit-il, à «une forme de moralisation de l’aide sociale ». Secrétaire national de l’UMP aux fédérations, ce proche de Brice Hortefeux souhaite
que cette allocation soit versée sous forme de «bons d’achat », et non en argent comme actuellement. «Cette aide est manifestement dévoyée par certaines familles. J’ai recueilli de nombreux
témoignages : certains bénéficiaires attendent son versement pour s’acheter un téléviseur ou effectuer d’autres dépenses qui n’ont rien à voir avec l’école », estime-t-il dans le JDD.
Il assure que sa proposition de loi «a reçu 115 signatures de députés UMP ».

Dans l’esprit de Courtial, l’objectif est de « seconder les familles qui ne sont pas assez attentives à la réussite
scolaire, en les contraignant à équiper leurs enfants pour le travail en classe ».
Bref il s’agirait de «contrôler les devoirs » des bénéficiaires et non de faire des économies
en cette période de disette budgétaire.

L’ARS est une dépense importante : un milliard et demi d’euros. Elle est versée, sous condition de ressources, à
2,9 millions de familles modestes pour contribuer aux frais de scolarité et d’habillement de 10 millions d’enfants.
À la dernière rentrée, l’aide était de 280,76 euros
pour un enfant de 6 à 10 ans, de 296,22 euros pour les 11-14  ans et de 306,51 euros pour les 15-18 ans. Cette année, l’ARS sera versée le 19 août. Les montants de
l’allocation ne bougeront pas. En revanche, davantage de familles pourront y prétendre puisque les plafonds de ressources ont été augmentés de 2,8% par rapport à l’an dernier. Édouard Courtial,
aussi signataire de la proposition de loi de son collègue Éric Ciotti, se défend de vouloir stigmatiser les parents. «Ce projet, je l’avais déjà proposé il y a deux ans », dit-il ajoutant
avoir reçu à l’époque «près de 400 courriels de soutien y compris de gens de gauche ».