Aveuglement tragique des politiciens sur l’islam

Aveuglement tragique des politiciens sur l’islam

A travers les violences de nos banlieues, c’est la guerre d’Algérie qui se rappelle à notre souvenir, avec les prodromes d’une nouvelle guerre civile.

Et nous ne savons pas tirer les leçons de la première pour conjurer le spectre lancinant de la deuxième – qui, cette fois-ci, menace notre existence comme nation.

L’aveuglement de nos politiques sur les raisons du séparatisme des quartiers n’a d’égal que celui des gouvernants de 1954-55, qui, eux aussi, à part quelques exceptions, se sont largement mépris sur les ressorts profonds de l’insurrection.

Bien que les premiers fellaghas se soient ouvertement appelés «moujahidines» (combattants de la guerre sainte), la dimension ethno-islamique de leur combat n’a pas été perçue comme essentielle – pas plus qu’aujourd’hui, dans un pays déchristianisé, on ne veut voir le poids de l’islamisme dans l’embrasement des banlieues.

Prisonniers d’une culture marxiste, nous persistons à mettre en avant des facteurs socio-économiques de discrimination, secondaires par rapport aux motifs religieux et identitaires.

Le séparatisme algérien était déjà en germe dans le «mantra» des nationalistes entre les deux guerres: «L’Algérie est ma patrie, l’arabe ma langue, l’islam ma religion», tandis que les indigènes ployaient l’échine sous la domination politique et culturelle française, mais n’en conservaient pas moins l’espoir secret d’une revanche sur les « Roumis ».

Dès le début de la conquête, les militaires comme les politiques clairvoyants (colonel Daumas, Alexis de Tocqueville) voyaient bien que l’islam était un obstacle majeur à la francisation, mais la sagesse leur commandaient de respecter la religion et les coutumes des autochtones, ce qui a abouti à une dualité de citoyenneté, intenable à terme et germe des futures révoltes.

Sous le régime colonial de la IIIe République, on eut donc deux catégories de citoyens: d’un côté, des citoyens de droit français avec tous les droits civils et électoraux attachés à ce statut (Européens de souche et une petite minorité d’Algériens assimilés) et, de l’autre, des citoyens de droit coutumier (l’écrasante majorité des indigènes) ressortissant du droit coranique avec des droits de vote très inégalitaires.

Certes, la nationalité française de plein droit était accessible aux plus instruits ou méritants, mais à condition qu’ils renoncent au droit coranique, ce que la plupart des éligibles refusèrent. D’où la faible proportion d’Algériens français de plein droit jusqu’en 1954.

Dans le grand mouvement de fraternisation provoqué par le retour du général de Gaulle en 1958, la nationalité française de plein droit fut accordée à tous les Algériens, sans restriction.

Depuis 1975, la nationalité a été accordée très généreusement aux immigrés, sans la moindre exigence sérieuse en matière d’usage de notre langue, de connaissances minimales de nos coutumes, comme c’est requis dans la plupart des grands pays démocratiques.

Résultat de cette politique du chien crevé au fil de l’eau couplée à l’effondrement de notre système éducatif: le mantra séparatiste des nationalistes algériens s’impose dans les quartiers perdus de la république.

À l’égard des musulmans briguant la nationalité française, nous avons donc laissé se perpétuer de fait le séparatisme de l’Algérie de papa.

Ils ont désormais la pleine nationalité, mais prétendent conserver les droits de l’indigénat d’antan, avec le bénéfice de la législation islamique – alors que la nationalité française impliquerait une adhésion par écrit au pacte républicain, c’est-à-dire l’interdiction absolue de la polygamie, l’égalité musulman-non musulman, homme ou femme, liberté absolue de conscience, y compris celle d’abjurer l’islam.

Notre incapacité à retenir les leçons de l’histoire, le défaut de contrôle de l’immigration et les progrès d’un salafisme libre de prospérer sont les raisons majeures de cette situation désastreuse et presque irréversible, sauf miracle. Et qui est encore aggravée par des repentances indignes et totalement contre-productives tant qu’elles ne seront pas réciproques

On reste dans le flou et le non-dit, par manque de courage politique, par peur de stigmatiser des électeurs, qui désormais pèsent lourd dans les scrutins. Voulons-nous, oui ou non, avoir bientôt en France, comme autrefois en Algérie, deux catégories de citoyens qui se côtoient sans se mélanger, avec les risques d’une nouvelle guerre fratricide? La question est vitale et sera déterminante en 202

Partager cette publication

(3) Commentaires

  • Gérard Pierre Répondre

    L’officier que l’on voit, tenant une carte de la main gauche, levant le bras droit pour montrer quelque chose à ses hommes sur la photographie qui illustre cet article, … prise en 1957 pendant la « bataille d’Alger », … est le lieutenant Georges Grillot, celui-là même qui, deux ans plus tard créa le fameux Commando Georges et en devint le mythique patron !

    J’ai eu l’insigne honneur de faire mes classes sous son commandement, en 1963, à Calvi, au 2ème Commando du 1er Bataillon Parachutiste de Choc ; il en était le capitaine.

    Ce chef exceptionnel a laissé sur chacun d’entre nous une empreinte positive et définitive. Ce que je suis, … aujourd’hui encore, … ce que je fais, ce que je pense, … doit encore quelque chose à cette empreinte, et je lui en suis reconnaissant.

    14/06/2021 à 17 h 46 min
  • DANIEL74 Répondre

    Je suis né en 1942 donc à l’époque le maintient de l’ordre dans un pays devenu Français avant mon pays de Savoie et non par des policiers qui ne sont pas des militaires mais des gardiens de la Paix. quelle était belle l’Algérie Française, qu’en reste t’il après que nous ayons été obligé de fuir sous la menace de l’URSS. Je n’ai pas de repentance mais des souvenirs

    08/06/2021 à 18 h 09 min
  • ELEVENTH Répondre

    Il n’y a jamais de fatalité dans une situation donnée. La volonté, même avec des conséquences peut changer les choses.
    Si les musulmans s’obstinent dans leur grande majorité a refuser les lois françaises et prétendent y substituer la « charia » : qu’ils se tirent et, au besoin que l’on les y aide avec l’obligation d’un choix.
    Le barratin de « l’islam religion » est totalement faux : l’islam est d’abord un systeme politique dont le contenu est à l’exact opposé aux valeurs européennes. La croyance en Dieu n’a pas de patrie.
    Après la victoire au 15 siècle en Espagne, des chrétiens sur les musulmans – à la suite d’une longue « reconquista », la plupart des musulmans restés sur le sol espagnol, ont tenté à plusieurs reporises de relancer leurs guerre, bien qu’admis en sujets du roi d’espagne, comme les autres. Philippe 2 a du se résoudre à les virer tous pour avoir enfin la paix.
    A méditer. C’est historique et incontestable.

    08/06/2021 à 15 h 53 min

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Vous venez d'ajouter ce produit au panier: